"Des chances réelles"

Longtemps leader du championnat, Peugeot se retrouve devancé d'une courte tête, après huit épreuves disputées sur les seize du calendrier 2005. Rien d'alarmant pour Jean-Pierre Nicolas, le directeur de l'équipe des lions, à condition de mettre les bouchée

Eurosport

Crédit: Eurosport

Comment analysez-vous la première demi-saison des 307 WRC ?
Jean-Pierre Nicolas : Nous avions plutôt bien entamé le match, et de nombreux tirs groupés aux avant-postes nous ont permis de nous maintenir en tête du Championnat Constructeurs et même d'avoir une avance intéressante. Mais celle-ci a fondu, au point de nous coûter notre place de leader, juste avant la mi-temps du championnat. Outre la forme exceptionnelle de Sébastien Loeb cette saison, Citroën, en faisant de nouveau appel à Carlos Sainz, a marqué beaucoup de points lors des deux derniers rallyes. Dans le même temps, la fiabilité irréprochable de notre 307WRC depuis le début de saison a été prise en défaut à Chypre et en Grèce où des avaries mécaniques nous ont privés de points intéressants, même si la hargne tenace de Marcus Grönholm et Timo Rautiainen nous ont permis de limiter les dégâts.
Retrouver une fiabilité absolue sera donc votre priorité ?
J-P.N. : Absolument. On sait que la mécanique ne sera jamais une science exacte : le problème de distribution qui a affecté la voiture de Marcus à Chypre est arrivé au mauvais moment et nous l'avons payé au prix fort. Plus décevante encore est cette bête panne de transmission qui a privé Marcus d'un excellent résultat en Grèce. Si j'ai pour principe de ne jamais invoquer la malchance, je dois avouer qu'il est quand même râlant de voir nos efforts balayés par la défaillance d'une petite pièce à trois euros, qui présentait un défaut minime, mais qui nous coûte cher en terme de points perdus. C'est ainsi : le Championnat du monde des rallyes est aujourd'hui si âprement disputé que la moindre petite faille dans un système peut vous faire perdre la tête d'un championnat, à plus forte raison lorsque, dans le même temps, votre adversaire ne commet aucune faute.
Quid des performances de vos pilotes ?
J-P.N. : Marcus Grönholm accomplit une saison exemplaire, tout en conservant une motivation impressionnante malgré les difficultés du moment. En revanche, Markko Martin a du mal, ces derniers temps, à se placer en situation de marquer des points dans le haut du tableau. Peut-être parce que la concurrence est devenue plus fiable, mais pas seulement. Il est vrai que le comportement de la 307WRC ne correspond pas complètement à son style de pilotage et qu'il ne le vit pas très bien. Même si ce n'est pas facile, nous essayons de corriger le tir, mais Markko, de son côté, doit également faire de gros efforts de motivation, pour évoluer au niveau de performance qu'on lui connaît et qu'on est en droit d'attendre de lui.
L'équipement pneumatique a lui-aussi son importance&hellip
J-P.N. : Comme le prouvent les difficultés que rencontrent, face au nouveau leader du championnat, d'autres concurrents équipés par le même manufacturier que le nôtre, les performances de nos pneumatiques doivent être améliorées. Les gens de chez Pirelli en sont parfaitement conscients, et travaillent d'arrache-pied pour y parvenir. Bien entendu, leurs efforts ne sont pas isolés : de notre côté, nous mettons tout en &oeliguvre pour adapter les liaisons au sol de notre 307WRC aux produits qu'ils développent. En début de saison, nous avions toute la gamme des pneus Pirelli compétition à découvrir. Nous la connaissons mieux aujourd'hui et notre collaboration en est renforcée d'autant, mais le potentiel d'évolution reste important.
Autant dire que vous ne vous avouez pas vaincu ?
J-P.N. : En aucune façon ! Le fait que nous ayons annoncé notre future orientation n'entame en rien nos ambitions pour la saison en cours, ni les moyens mis en &oeliguvre pour y parvenir, encore moins et surtout pas notre motivation pour la suite de la saison. Au lendemain du rallye Acropole, lors de la réunion avec le personnel j'ai tenu le même discours positiviste qu'en 2000, alors que nous étions dans une situation encore plus difficile au championnat après la mi-saison. La suite des évènements avait alors prouvé que mes espoirs n'étaient pas seulement fondés sur mon bel optimisme méridional.
Comment évaluez-vous vos chances de revenir au score cette année ?
J-P.N. : Avec cinq points de retard, notre situation, au plan du bilan chiffré de mi-saison, apparaît moins délicate qu'elle n'était en 2000. En revanche, sur le fond, elle est un peu plus tendue, car on ne perçoit aucun signe apparent d'une possible baisse de régime de notre concurrent principal. Citroën Sport est un redoutable et respectable adversaire, et cette fin de saison sera probablement la plus dure des batailles que nous n'aurons jamais eu à livrer en Championnat du monde des rallyes. Pour autant, je crois fermement en nos possibilités. Les épreuves à venir seront plus favorables à nos Pirelli, avec un rallye d'Argentine disputé en hiver, donc plus humide et plus froid, puis celui de Finlande, où nous disposerons d'une nouvelle évolution de pneumatiques, et où nos pilotes excellent. Je ne peux pas promettre que nous allons gagner, mais nos chances sont réelles et je peux vous assurer que nous allons tout mettre en &oeliguvre pour les jouer à fond.
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité