Citroën Communication

Ogier : la victoire sans la manière

Ogier : la victoire sans la manière
Par Eurosport

Le 21/08/2011 à 15:29Mis à jour Le 22/08/2011 à 23:54

Sébastien Ogier (Citroën WRT) a mis fin dimanche à l'invincibilité de Sébastien Loeb (Citroën WRT) à Trèves. Mais ce résultat, qui lui permet de rester dans la course au titre, a été accompagné d'une agressivité verbale à l'encontre de l'Alsacien qui a renforcé son impopularité.

Ce week-end, Ogier voulait bouffer du Loeb. Question résultat, c'est fait : il a mis fin dimanche à Trèves à la série de huit victoires de l'Alsacien depuis 2002. Pour la manière, c'est à revoir car le Gapençais a fait du "rentre dedans". Son attitude a été aux antipodes des valeurs du sport chères à Citroën, incarnées depuis dix ans par son icone Loeb. Vendredi et samedi, Ogier n'a pas raté un trait d'ironie ni une provocation à l'endroit du septuple champion du monde et n°1 mondial, qu'il espérait faire sortir de ses gonds. Ça s'est vu, ça s'est entendu.

Mécontent de la consigne passée par la direction de Citroën de geler les positions vendredi soir, Sébastien Ogier avait lancé un cinglant : "Comme d'habitude, Seb va pleurer et dire qu'il faut des consignes." * C'est vrai, Loeb savait ce qui se tramait. A l'arrivée de l'ES6, clôture de l'étape 1, il avait lâché : "Il va falloir voir ce soir... C'est très bon pour le championnat Constructeurs." Ford à la rue dès l'ES2, la haute direction de la firme au Double chevron ne concevait pas un replay de l'épisode mexicain, à savoir l'escalade et la perte d'un doublé évident. Loeb devant Ogier, donc. Ou, comme on les appelle en interne, "Seb 1" devant "Seb 2"... La consigne, d'un réalisme total, était certes prématurée, marquée du sceau du marketing, mais un pilote doit savoir redevenir un employé, se rappeler qui le paie, pour satisfaire quels intérêts. Ceux de son patron avant les siens. Ogier garde les mauvais souvenirs d'un n°2 contractuel en 2010. Fin 2003, Loeb s'était sacrifié sur l'autel du titre Constructeurs.

Ogier : "Je trouve ça petit"

Recadré massivement par son directeur, Olivier Quesnel, Sébastien Ogier avait présenté ses excuses pour son outrance. C'était pour se faire plus caustique le lendemain matin. Un sec et péremptoire "no comment" à l'évocation de la fameuse consigne à l'issue de la première spéciale du jour (ES7). Puis, obligé de calquer son rythme, un provocateur "Tu te bouges parce que je commence à m'endormir en suivant ton rythme" ** entre deux spéciales, adressé à Loeb. Ogier avait de l'irrespect à revendre. Après un scratch dans l'ES11 à 1.3 sec d'un Loeb en mode "safe", il fallut un "target time" de l'équipe dans l'ES12 pour le cadrer.

Mais un retournement de situation allait bientôt libérer le jeune loup. Dans l'ES14, dernier chrono de la journée, Loeb offrait le leadership après une crevaison. Propulsé en tête avec plus d'une minute d'avance, Ogier tentait un commentaire pudique avant de se montrer encore ingrat : "Je ne vais pas faire la fête. Je ne suis pas heureux que mon coéquipier ait eu un problème. Mais il y a une justice." Ce mot "justice" a été très mal interprété par les fans de rallye et le grand public en général. Et la question de revenir sur cet esprit arrogant qui ne sied pas Citroën.

Dimanche, Ogier a fait ses comptes. Avec les 25 points de sa 6e victoire en Mondial, la 4e de la saison, et les 2 points de bonus glanés dans la power stage, il a repris la 2e place du Mondial, à 25 points de Loeb, et déclaré : "Le titre reste mathématiquement possible." Loeb avait rappelé avant de venir que toutes les séries s'arrêtent un jour. Il a pris sa 2e place comme une étape sur le chemin de sa 8e consécration : "Ça nous convient, nous ferons mieux la prochaine fois." Mais le dernier mot, c'est Ogier qui l'a eu, en parlant du nouveau contrat 2012-2013 signé par Loeb : "Je trouve ça petit que de signer un contrat en demandant d'être absolument le N.1 pour ne pas être attaqué."

* Parmi plusieurs déclarations exclusives à Auto-Moto (TF1), dimanche 21 août 2011
**L'Equipe du dimanche 21 août 2011

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