Hirvonen peut-il le faire ?

Hirvonen peut-il le faire ?
Par Eurosport

Le 10/11/2011 à 17:44Mis à jour Le 10/11/2011 à 20:02

Régulier et même volontiers attentiste cette saison, Mikko Hirvonen (Ford WRT) a promis de se déchaîner vendredi matin sur la boue galloise. Avec l'intention de pousser Sébastien Loeb (Citroën WRT) à la faute pour le détrôner enfin.

Le jour de la 50e victoire de Sébastien Loeb en Mondial, à l'issue d'un duel "norvégien" phénoménal, en 2009, Mikko Hirvonen avait confié craindre finir sa carrière avec cinquante deuxièmes places. Pour la 11e fois en WRC, il venait de perdre une bagarre pour la victoire ; pour la 6e fois contre l'as français. Il redoutait que la boutade n'en soit pas une. Vérification faite, elle annonçait bien une tendance, lourde... En effet, le ratio s'est depuis considérablement aggravé : le pilote Ford WRT affiche aujourd'hui 19 places de dauphin, dont 13 contre son rival de Citroën WRT... A l'inverse, il n'a obtenu que trois de ses 14 succès contre l'as alsacien.

"Prendre des risques"

Aujourd'hui, le beautiful loser nordique de 31 ans, qui a mis six ou sept ans pour apparaître comme un pilote de tout premier plan, se déclare encore prêt à défier Loeb. Avant le départ, il s'est même amusé de l'attitude faussement décontracté du Frenchie. "S'il n'est pas nerveux, il faut qu'il consulte un spécialiste, car ce n'est pas normal", a-t-il rigolé. "Moi, je me sens bien, plutôt décontracté. Je serai peut-être un peu nerveux quand le rallye va commencer, mais surtout parce que la première spéciale est plutôt piégeuse. Je suis très confiant et peut-être que ça ne suffira pas si je remporte le rallye et la power stage, donc on verra bien. Cette power stage (ES23, 36 km), si elle est décisive pour le titre, sera peut-être l'une des spéciales les plus importantes de toute l'histoire du rallye. C'est seulement si quelque chose d'inattendu arrive à Loeb que je n'aurai pas besoin de gagner. En attendant, la seule chose que je peux faire, c'est rouler à fond. C'est maintenant, je n'ai plus le choix". L'allusion aux reproches venus de son camp est à peine voilée : c'est vrai qu'il n'a pris aucun risque en cette fin de championnat, jusqu'à rouler franchement en épicier. En assurant en Australie (victoire) après les fracas des deux Français, en roulant "au milieu de la route" en France (3e après la disqualification de P. Solberg). Et presque le coude à la portière en Espagne (2e avec le sacrifice de Latvala), dans un seul but : conserver une chance d'être champion en Grande Bretagne, un de ses rallyes fétiches. Le tout avec deux victoires au compteur avant la 13e et dernière levée, contre cinq chacun à Loeb et Ogier...

Comme l'accident de Sébastien Ogier (Citroën WRT), qui a privé Sébastien Loeb d'un sérieux atout dès l'ES1. Le Gapençais avait carte blanche. En gagnant, il aurait pu empêcher Hirvonen de créer un différentiel de 7 points par rapport Loeb. Sur les 8 séparant les deux hommes avant le départ. Avec l'espoir d'en reprendre deux dans la Power stage pour réaliser son rêve "depuis près de 15 ans". Ogier victorieux, Hirvo ne pouvait prendre plus de trois points à Loeb s'il terminait juste devant lui. Le scenario a tourné court. Hirvonen a tous atouts pour créer la surprise de l'année : se couronner à la régularité (13 rallyes dans le top 4), en ayant profité du seul souci de fiabilité de Loeb de la saison, une casse moteur pour son épreuve à domicile, en Alsace.

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