Le nouveau défi de Diaw

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En passant de Charlotte à San Antonio, Boris Diaw s'est offert une chance de jouer le titre en NBA. Epanoui, il raconte ce nouveau défi et celui qui l'attendra ensuite aux JO avec l'équipe de France.

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Crédit: Eurosport

BORIS DIAW, comment avez-vous vécu votre passage de Charlotte à San Antonio ?
B.D. : Les choses se sont faites petit à petit. Le fait d'être balancé comme ça en milieu de saison dans une nouvelle équipe, ce n'est pas toujours facile. Il a fallu apprendre les systèmes, à jouer avec ses nouveaux coéquipiers, et qu'eux apprennent à jouer avec moi aussi. Mais c'est un processus qui s'est fait assez naturellement. De match en match, ça se passe de mieux en mieux. Le challenge ici est différent. A Charlotte, on se battait pour décrocher quelques victoires et à San Antonio, c'est vraiment pour avoir le moins de défaites possibles. L'équipe est assez forte pour aspirer à cela.
Tu sembles épanoui dans ton rôle de finisseur chez les Spurs. Gregg Popovich découvre même que tu sais défendre...
B.D. : Je suis content de voir que Popovich voit que je peux défendre. Visiblement, il n'était pas au courant... Je pense que c'est parce qu'il m'avait beaucoup vu avec Phoenix et qu'on n'avait pas la réputation d'être une équipe défensive. Pour le reste, dans ce schéma d'équipe, on a déjà beaucoup de finisseurs avec Duncan, Tony (Parker) ou Ginobili. Donc il n'y a pas forcément besoin de scoring. Ça permet de rester dans un rôle de facilitateur. Je prends du plaisir avec cette équipe. Elle joue très bien au basket et c'est vraiment en adéquation avec ma philosophie. C'est aussi pour ça que j'ai choisi San Antonio. J'avais plusieurs options, des clubs qui faisaient aussi les playoffs. Mais Popovich partage la même conception du basket que moi.
Avez-vous été surpris de débuter face à Utah pour le premier match des playoffs (victoire 91-106) ?
B.D. : Depuis que je suis arrivé, le cinq majeur a pas mal bougé donc je ne savais pas trop. Mais j'étais agréablement surpris d'être aligné pour ce match-là. Mais les choses peuvent changer. Popovich est un coach qui s'adapte beaucoup à l'équipe adverse. Par exemple, face aux Los Angeles Lakers, c'est Tiago Splitter qui avait commencé pour contenir les deux très grands joueurs qui jouent à l'intérieur (Andrew Bynum et Pau Gasol, ndlr). Tout dépend du match up. Donc je ne m'installe pas vraiment dans ce rôle. De toute façon, ça n'est pas le plus important. Le plus important, c'est de jouer.
Selon vous, quel sera la clé de ce premier tour face au Jazz ?
B.D. : C'est une équipe qu'il faut surtout qu'on arrive à battre à l'intérieur. Ils possèdent deux gros joueurs dans ce secteur avec Al Jefferson et Paul Millsap. Donc il faut déjà que l'on arrive à gagner la bataille du rebond et ensuite conclure les contre-attaques. Si on arrive à faire, on devrait passer ce premier tour.
Voter équipe est composée de nombreux trentenaires (Ginobili, Duncan, Parker...) que l'on disait en fin de cycle...
B.D. : Il y a un bon équilibre dans cette équipe entre l'expérience des anciens et les nouveaux qui arrivent. Dans le cinq majeur, il y a un rookie, Kawhi Leonard, qui a 19 ans, Danny Green qui est aussi assez jeune (24 ans). Depuis que je suis arrivé et qu'on a commencé les playoffs, le premier tour la saison dernière (perdu face à Memphis, ndlr) est encore dans les têtes. On ne se dit pas que parce qu'on est premier à l'Ouest et qu'on affronte les huitièmes (Utah, ndlr), cela sera une série facile. Il y a vraiment une concentration accrue par rapport à l'expérience de l'année dernière. Et on ressent encore une certaine rancune vis-a-vis de Memphis qui avait crée la surprise. Si San Antonio devait retrouver les Grizzlies, les anciens se souviendraient bien de cela.
A l'Ouest, qui peut empêcher San Antonio d'atteindre la finale de conférence ?
B.D. : Je dirais Oklahoma City parce que c'est l'équipe qui a fini deuxième de la saison régulière, c'est sûrement l'équipe la plus aboutie. Mais il faut faire attention à l'équipe des Lakers qui a aussi beaucoup d'expérience et qui sait comment aller loin dans les playoffs. De toute façon, ces playoffs vont être très difficiles à l'ouest.
A 29 ans, Tony Parker (18,3 points et 7.7 passes par match) vous semble-t-il au sommet de son art ?
B.D. : Oui, je pense. On arrive à l'âge où la courbe de l'expérience croise celle des qualités athlétiques. A ce moment de sa carrière, Tony est au sommet des deux et ça se voit sur le terrain. On voit qu'il a gagné en maturité. C'est pour ça qu'il fait une aussi belle saison.
Pour vous, il doit être porte-drapeau aux JO de Londres ?
B.D. : C'est clair ! Ce serait bien pour le basket français, pour lui et aussi pour la délégation olympique française parce que je pense qu'il est devenu un symbole par rapport à ce qu'il a fait toutes ses années.
La France affrontera les Etats-Unis au premier tour des JO. Est-ce une bonne chose ?
B.D. : C'est un point positif. Ce match va nous permettre de rentrer directement la compétition. Parfois, on rentre un peu mollement dans la compétition. Le fait d'attaquer les Etats-Unis directement, on sera tout de suite concentrés. On aura tout de suite la motivation et on sera chargés d'adrénaline. Il vaut mieux les jouer le plus tôt possible.
Le dernier match des Finals NBA peut avoir lieu le 26 juin, un mois avant le début des JO. Cela pourrait-il contrarier votre préparation ?
B.D. : Les préparations à rallonge sont de moins en moins fréquentes. On l'a vu par le passé. Il y a la préparation physique et la préparation technique. Pour cette dernière, au bout d'un mois, les joueurs qui ne se connaissent pas auront le temps d'apprendre à se connaître. En plus, on a la chance d'avoir une grosse ossature de joueurs qui a joué ensemble l'année dernière. Concernant la préparation physique, pour ceux qui vont arriver fin juin, ils seront prêts physiquement. Donc, à mon avis, il n'y aura pas de problème à ce niveau là.
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