Gadou : "Irrémédiable"

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Défait mardi à Cholet (88-95), Pau-Orthez a été relégué en Pro B au terme d'une saison où "on a été dans la difficulté en permanence", selon son président Didier Gadou, qui avait osé cette saison "le pari de la jeunesse et de la défense du basket français".

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Crédit: Eurosport

DIDIER GADOU, peut-on parler d'année de toutes les galères pour l'Elan ?
D.G. : Oui. Rien que la première journée, cela a été compliqué. On reprenait un club avec Claude Bergeaud qui était sur une dimension Euroligue mais qui pour la première fois depuis longtemps n'avait plus de Coupe d'Europe. On a pris le pari de la survie du club et on est heureux que le club vive. Derrière, on a joué de malchance avec des mauvais choix de joueurs étrangers qui nous étaient recommandés. Autant on a ensuite pu piocher Dylan Page, autant sur Fuller et Curry on s'est trompé. Par la suite, on a eu des blessures qui nous ont lestés et des joueurs qui ne sont pas revenus (Emmett). Puis, il y a les séries de défaites. On a été dans la difficulté en permanence. Et puis on a fait le pari de la jeunesse.
En résumé, vous avez préféré mourir avec vos idées ?
D.G. : Quand je vois que la Ligue est capable d'accepter un cinq majeur de joueurs américains d'ici l'année prochaine ou dans deux ans. Nous, on donne la chance à des jeunes formés dans le club. On leur met le pied à l'étrier. Les présidents des autres clubs n'ont pas ce courage car ils sont dans la course aux résultats. On le comprend, on a été dans le même cas. Mais aujourd'hui, le contingent de joueurs français est très faible et c'est l'équipe de France qui peut en pâtir. L'Elan Béarnais avait au moins cette fierté. On va descendre avec des idées différentes. Aujourd'hui, il faut engager un combat, c'est la défense du basket français.
Le plus dur va être de pouvoir garder vos jeunes ?
D.G. : Ce qui est dur, c'est de garder le centre de formation qui était parmi les meilleurs en France. Si on avait joué la carte étrangère, on allait à l'encontre de notre politique. Les Ludovic Vaty, Thomas Heurtel, Fernando Raposo sont apparus aux yeux du grand public et sont devenus des joueurs qui ont montré un certain talent. On a joué le jeu avec eux. Est-ce qu'ils vont nous le rendre ? Je ne sais pas. Les jeunes qui resteront auront la chance de jouer.
Quels moyens faut-il avoir pour remonter de suite ?
D.G. : Une enveloppe économique. Il faut se donner les moyens de réussir et cela a souvent un coût. Présenter un budget à la Ligue pour la ProB qui se situe dans le haut du panier et avoir une ossature d'équipe qui peut nous permettre de remonter. On y travaille déjà. Mais quelque part, on est en train de muter et ça, on ne sait pas combien de temps cela prend.
Quel sentiment vous laisse cette relégation ?
D.G. : Quand on est à l'intérieur, il y a des choses qui semblent irrémédiables. On aurait pu sauver la saison si on avait pris six étrangers, mais on n'avait peut-être pas les moyens. Beaucoup de gens se sont gavés sur l'Elan. Il a nourri beaucoup de bouches, d'espérances et de joie. Aujourd'hui il faut faire un peu de jeûne. Qu'on digère tout cela. Et qu'on prenne les bonnes décisions pour pérenniser le club dans les années à venir.
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