Où en est Asloum ?

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Dans une interview accordée à L'Equipe, mercredi, Brahim Asloum avoue se poser des questions après sa défaite face au Colombien Lorenzo Parra, le champion du monde en titre WBA des mouche. Son entraîneur depuis cinq ans, Louis Acariès, envisagerait de l'e

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L'homme est égratigné. A première vue, d'abord physiquement. En attestent les trois points de suture posés par le docteur Alain Mazaud au front de Brahim Asloum. Ce même médecin a ausculté le boxeur français après sa défaite face au Colombien Lorenzo Parra, et lui a conseillé de "respecter un délai de trois mois minimum avant de remonter sur un ring".
"Je me pose des questions"
Mais le champion olympique de Sydney a également été touché moralement. Et n'est-ce pas cela le plus douloureux ? La première défaite en vingt combats d'Asloum a laissé des traces. Abattu à la sortie du ring, le protégé de Louis Acariès a depuis repris le dessus et avoue avoir appris énormément de choses grâce à ce combat, grâce à cette défaite : "Ce combat me servira beaucoup plus que mes dix-neuf précédents. Après une défaite, on se pose des questions. Mais il faut surtout se poser les bonnes."
Une de celle-ci pourrait concerner sa collaboration avec son coach depuis cinq ans, Louis Acariès. Après le combat de lundi, le boxeur retraité, reconverti entraîneur, avait caché sa déception pour protéger son "petit", mais avait, à demi-mot, expliqué que ce combat venait trop vite dans la carrière de son boxeur : "Il a manqué dix combats de plus à Brahim". Et quand certaines mauvaises langues avancent que les deux hommes ont touché les limites de leur relation, Acariès est direct, comme la droite qui a mis Asloum à terre lors du 2e round : "Quand je l'ai récupéré (après son titre de Sydney), il avait vingt et un ans, et ne savait pas donner un coup de poing. Sans moi, Brahim ne ferait plus carrière depuis longtemps." Acariès connaît bien Asloum. C'est un fait. Leur relation est comparable à celle d'un père avec son fils.
Partir à l'étranger ?
Un fils qu'il est prêt à laisser partir, sans l'abandonner néanmoins : "Sans cesser notre collaboration, je continue de penser que Brahim a besoin de quelque chose d'autre et de s'émanciper (...), comme je l'avais fait moi-même après ma défaite en Championnat d'Europe contre Luigi Minchillo (1981), en m'exilant aux Etats-Unis."
Asloum doit se poser également cette question : combat-il dans la bonne catégorie ? La différence de morphologie entre le Français et le Colombien a interpellé lundi. Explication de Louis Acariès : "Entre la pesée, dimanche, et le combat, Brahim a pris un kilo et Parra, cinq ou six." Celui-ci y va même de son conseil : "Asloum n'est pas un vrai poids mouche. Il aurait tout intérêt à descendre à 108 livres (soit 48,988 kg, la limite des mi-mouche)." Avis d'un pro, champion du monde.
Le Français, admirable de fair-play juste après l'annonce du résultat, a reconnu la supériorité de son vainqueur : "Il était le meilleur. Mais peut-être que dans l'avenir, je pourrai gagner ce combat. Un combat qui aurait dû se passer différemment. Je n'ai pas pu donner le maximum, car j'étais dans le brouillard." A Brahim Asloum de retrouver désormais la lumière en répondant correctement aux questions qu'il se pose.
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