A quoi joue Ullrich?

Abandon, forfaits de dernière minute, résultats décevants: Jan Ullrich est encore loin du compte à deux mois et demi du départ du Tour de France, son unique objectif de la saison 2003. L'Allemand souffre également de la comparaison avec son rival Lance Ar

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Rien n'a vraiment changé dans la galaxie Ullrich. En revenant au bercail cet hiver, au sein de l'équipe T-Mobile, on croyait pourtant l'Allemand reparti sur des bases plus saine,s plus sérieuses. Il avait d'ailleurs repris l'entraînement beaucoup plus tôt que les années précédentes, semblait plus affûté, comme s'il avait enfin gommé ses habituels excès hivernaux. "Quand Jan comprendra que le Tour se gagne en décembre et pas en juillet, il sera imbattable" avait dit un jour Walter Godefroot, lassé de voir le prodige accumulé les deuxièmes places.
Le directeur sportif de T-Mobile a-t-il enfin convaincu son protégé? Pas si sûr. Le début de saison de Jan Ullrich n'incite pas à répondre par l'affirmative. L'Allemand se fait rare dans les pelotons. Et quand il court, c'est dans l'anonymat le plus complet. En février, personne ne s'inquiétait de son manque de compétitivité, bien légitime à ce stade de l'année. Mais deux mois plus tard, alors que l'échéance du Tour se rapproche dangereusement, l'inquiétude se dévoile au grand jour.
Kummer: "Je m'attendais à le voir en meilleure condition"
Mercredi, sur la Flèche Wallonne, il a renoncé à mi-parcours, incapable de suivre. Pourtant, Ullrich reste convaincu que les souffrances du printemps portent les germes de son triomphe de juillet. "Je sens que je roule de mieux en mieux, affirme-t-il. Je suis en harmonie complète avec mes objectifs ." Il admet néanmoins avoir énormément souffert mercredi, preuve qu'il ne s'imaginait pas aussi mal en point. "Chacun des 100 km a été très très dur", confie-t-il. Conséquence, il a renoncé à s'aligner sur Liège-Bastogne-Liège.
Son entourage, si confiant jusqu'à- présent, affiche désormais ses craintes. "Je m'attendais à le voir en meilleure condition ", a admis son directeur sportif Mario Kummer au lendemain de la Flèche. "Il va s'entraîner. Liège et le Tour de Francfort sont des courses qui ne lui conviennent pas en ce moment". "Jan a certainement quatre kilos de trop" estime pour sa part l'ancien coéquipier d'Ullrich, Jens Heppner. Un simple coup d'oeil suffit d'ailleurs à confirmer ces propos.
Les dirigeants de T-Mobile ne s'expliquent pas la petite forme de leur protégé dans la mesure où il a repris son entraînement en novembre dernier, plus tôt que jamais auparavant. Même si le temps commence à presser, même si Ullrich donne le sentiment de ne pas avancer, même si Armstrong flambe en Géorgie, l'heure n'est pas encore à la panique. "Il y a assez de temps pour rattraper le retard", juge Mario Kummer.
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