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Baugé, la tête haute
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Publié 04/05/2012 à 14:42 GMT+2
A trois mois des Jeux de Londres, Grégory Baugé évoque pour nous son rêve olympique et revient sur sa suspension l'an dernier. La star de la piste française a tourné la page. Plus dominateur que jamais lors des Mondiaux, il aborde la dernière ligne droite avant les JO avec confiance.
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Dans trois mois, jour pour jour, débutera le tournoi de vitesse individuelle. Vous allez disputer les Jeux pour la troisième et dernière fois. Votre regard a-t-il changé depuis Athènes en 2004?
G.B. : Bien sûr, ça n'a rien à voir. Athènes, c'était la première fois, j'avais 19 ans. Un grand souvenir. Je regardais toutes les stars du sport mondial. J'étais comme un gamin. J'étais plus spectateur qu'aujourd'hui, heureux d'être là pendant deux semaines.
Depuis Pékin, vous avez remporté sur la piste les quatre titres de champion du monde, même si vous en avez ensuite perdu un sur tapis vert. Qu'est-ce qui pourrait vous empêcher de gagner à Londres?
G.B. : Un souci de santé, une blessure, quelque chose comme ça. Ça pourrait me perturber. Mais je ne pense pas à ça. Moi ce que je souhaite, c'est m'entrainer sereinement, comme je sais le faire. Je ne pense pas à l'échec, même si je n'ai pas peur de perdre. Je reste positif. Même après ce qui a pu se passer il y a quelques mois, j'e n'ai jamais baissé les bras, j'ai toujours gardé la tête haute. J'avance toujours.
Ça, ce sont des éléments extérieurs. Mais sportivement, vous paraissez au-dessus de la concurrence...
G.B. : Je ne suis pas imbattable non plus. Un adversaire peut se révéler, pourquoi pas un Anglais qui est vraiment au top du top.
Mais aux Mondiaux de Melbourne, l'écart entre vous et vos concurrents n'a jamais semblé aussi fort. Par exemple, l'attitude de Jason Kenny lors de la seconde manche en finale ne traduit-elle pas un sentiment d'impuissance?
G.B. : Si. Je pense qu'il n'avait que ça comme solution. Il ne pouvait pas faire autrement pour essayer de me battre. Mais on ne sait pas, peut-être que, sportivement, il sera encore meilleur aux Jeux. Moi je me souviens, à Pékin, les Anglais, ils marchaient sur l'eau. Ils nous ont mis la tête sous l'eau et eux ils marchaient dessus. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Ils savent préparer les Jeux, ils seront chez eux. Mais je pense que j'ai les moyens de rectifier ce qui s'est passé lors des derniers Jeux. C'est ce que je veux et j'ai les moyens d'inverser la tendance.
Avez-vous tourné la page de votre suspension (1)?
G.B. : Oui. Quoi qu'il se passe, quoi qu'il arrive, dans ma tête, c'est les Jeux. J'ai vraiment ça en tête et rien ne doit me détourner de cet objectif. Quoi qu'il arrive. J'ai toujours essayé de positiver même si, je l'admets, ça n'a vraiment pas toujours été facile surtout en fin d'année dernière. Mais je suis quelqu'un de nature optimiste. Je sais pourquoi je travaille, je sais pourquoi je me lève tous les matins. J'ai un objectif en tête et il faut essayer de passer ces évènements là du mieux possible. J'ai réussi à le faire, grâce à dieu et à tous ceux qui m'entourent. Je n'aurais jamais réussi tout seul.
L'or olympique, ce serait une façon de boucler la boucle pour vous?
G.B. : C'est ça. Il ne me manque que ça. Je ne connais pas encore le goût de la médaille d'or aux Jeux olympiques. J'ai envie de connaitre ça. Après, j'aurais fait le tour de ma discipline.
La perspective de marquer l'histoire de votre sport constitue-t-elle une motivation supplémentaire?
G.B. : Non, je ne cours pas après des records je ne fais pas attention à ça. Je ne me dis pas 'il faut que je rentre dans l'histoire. Je ne me dis surtout pas ça. Je fais mon truc comme je sais le faire. Après, on voit ce que ça donne.
A Londres, vous ne viserez pas un mais deux titres avec la vitesse par équipes. Placez-vous ces deux objectifs sur le même plan?
G.B. : C'est aussi un très gros objectif en tout cas. On a été champions du monde plusieurs fois, là, à Melbourne, on a raté l'or pour un millième. C'est rien du tout. On a les capacités d'aller chercher cette médaille d'or par équipes. Nous, les Français, avons été les premiers à être sacrés champions olympiques dans la discipline. Depuis, l'or nous file sous le nez. Je peux vous dire que tout le monde en a envie. Même ceux qui ne vont faire que la vitesse par équipes sont vraiment motivés pour aller chercher la plus belle des médailles.
Il y a eu des différends dans l'équipe, entre vous et Kevin Sireau par exemple. Est-ce que tout ça est oublié désormais?
G.B. : En tout cas, de mon côté, c'est derrière moi. Je pense que pour mes collègues de la vitesse par équipes, c'est aussi le cas. Il y a un objectif au bout. On est assez grand pour laisser de côté toutes les mauvaises choses et être conscients qu'il y a quelque chose de grand à faire.
(1) Suite à trois "no-shows", il a été suspendu pour non respect des règles de localisation dans le cadre de la lutte contre le dopage. Baugé a écopé d'un an de suspension avec effet rétroactif, perdant ses titres mondiaux (vitesse individuelle et par équipes) 2011.
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