Championnats du monde 2026 | Thomas Voeckler aime les paris, celui autour de Paul Seixas est-il trop risqué ?

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Quand l'évidence est là, Thomas Voeckler s'embarrasse rarement. Du temps où Julian Alaphilippe était au sommet de son art, ce dernier était son leader. Sept ans après son arrivée, l'ancien maillot jaune du Tour de France est face à un autre cas incontestable en la personne de Paul Seixas. Le coureur de tout juste 20 ans sera son leader unique dimanche. Voeckler le revendique et assume le risque.

Tout pour Seixas : "La France doit courir à la UAE de Pogacar"

Video credit: Eurosport

Avant même d'annoncer sa sélection, Thomas Voeckler, le sélectionneur de l'équipe de France, avait déjà fait de Paul Seixas son leader. Pour dissiper les doutes et mettre le très jeune coureur dans les meilleures dispositions mentales, pour annoncer la couleur aux autres équipes aussi, pour être en phase enfin avec ce que la route a montré toute la saison. Le coureur de Decathlon CMA CGM est le seul Français de la sélection à pouvoir être champion du monde alors pourquoi faire autrement ? Annoncer un leader unique est un pari, Thomas Voeckler le sait mais il a aussi toujours une idée derrière la tête.
La France se trouve dans une situation quasi unique pour la course en ligne ce dimanche. En Belgique, le double leadership de Remco Evenepoel et Wout van Aert fait assez parler mais le plat pays n'est pas le seul à avoir à sa tête une hydre. Prenez l'Australie (Matthews, Storer, Hindley), l'Allemagne (Lipowitz, Brenner), la Grande Bretagne (Pidcock, Onley ou Yates), l'Espagne (Ayuso et Mas), les Etats-Unis (Simmons, McNulty, Jorgenson) ou l'Italie (Bettiol, Ciccone, Pellizzari, Scaroni) et vous n'avez que des sélections qui peuvent profiter de multiples situations de course.

Les Bleus comme le Mexique ou les Pays-Bas

Il n'y a que le Mexique d'Isaac Del Toro et les Pays-Bas de Mathieu Van der Poel qui ressemblent vraiment à la France. Les premiers parce que le réservoir de talent n'est pas aussi plein qu'ailleurs, les seconds parce qu'un Thymen Arensman par exemple n'a pas été autorisé par son équipe INEOS Grenadiers à participer. En France, Thomas Voeckler a décidé de se passer d'un Romain Grégoire, qui eut été un formidable plan B, mais aussi de Kevin Vauquelin ou Benoît Cosnefroy. Rien que ça.
"Je veux que Paul soit dans les meilleures dispositions. Je veux surtout que les autres coureurs sachent ce qu'ils ont à faire pour que chacun soit utile", a-t-il dit à la presse. Plus tôt dans le mois de septembre, il avait confié sur le plateau des Rois de la Pédale savoir qu'il laissait des hommes forts à la maison : "Il y a des coureurs qui sont absents qui auraient mérité par leur niveau d'être présent." La France n'aura dimanche qu'un moyen de gagner, ce qui ne veut pas dire qu'elle n'aura qu'une manière de peser sur la course.
S'il y a une équipe qui doit avoir le poids de la course, c'est la Belgique
Au jeu de la pression, Voeckler l'avait très tôt rejetée sur la Belgique, son effectif solide et ses deux leaders XXL. "Ce n'est pas le mot craindre mais s'il y a une équipe qui doit avoir le poids de la course, c'est la Belgique", disait-il sur notre plateau pendant la Vuelta. Une manière de se dédouaner totalement ? Possible mais après quelques années, on a surtout appris à ne pas prendre tout ce qu'il dit pour des vérités absolues.
Son mandat à la tête de l'équipe de France masculine a deux axes forts. D'abord un palmarès grand comme ça avec notamment deux titres de champion du monde autour de Julian Alaphilippe. Ensuite des stratégies toujours au millimètre et souvent gagnantes. Voeckler est sélectionneur comme il était coureur, adepte du bluff. On est en droit d'imaginer qu'il rejette le poids de la course sur la Belgique pour semer un peu de zizanie dans un collectif que l'on sait parfois moins soudé que le sien. Un groupe qu'il a fait cohabiter en appartement la semaine dernière pour resserrer un peu plus les liens.
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"Van Aert et Van der Poel ne vont pas faire une course d'attente... Ils vont anticiper"

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"On est un peu perdu sans Pogacar, on espère que la course sera intéressante, confiait-il encore à Eurosport. Le circuit est difficile si ça ne débranche pas mais si ça se regarde un peu pendant quelques tours, ça peut ouvrir le champ des vainqueurs possibles." Perdu le sélectionneur national ? On n'est pas obligé de le croire, tout comme on peut se demander s'il se permettrait vraiment de laisser la Belgique tout faire alors qu'il sait que son leader a besoin d'une course épuisante pour faire la différence à la fin.

Voeckler a-t-il pensé à tout ?

Ce n'est que pour ça qu'il a façonné un collectif à plusieurs étages. Pour envoyer Paul Seixas sur la Lune. Le joyau est son buteur, celui qui doit conclure le travail de toute une équipe. Est-ce trop de pression à 20 ans ? Le Lyonnais a montré cet été en terminant 4e du Tour de France qu'il n'avait pas de souci avec les très grosses attentes. Lui offrir une course où il n'aura qu'à, de manière caricaturale, penser à mettre la balle au fond au moment idoine plutôt qu'à se demander quel coéquipier est devant et pourquoi, est peut-être la meilleure des choses.
Nul ne doute que le coureur de 20 ans soit l'unique chance française mais avec le discours de Voeckler, la France ne se retrouvera-t-elle pas coincée si un groupe de seconds couteaux part, y compris avec un Tricolore dedans ? C'est toute la complexité d'affirmer si fermement que les Bleus n'ont qu'un leader et donc qu'une chance. A moins que Thomas Voeckler ait aussi anticipé cette éventualité et que l'arbre Seixas cache une forêt bien plus complexe qu'il n'y paraît.
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"Seixas champion du monde du chrono un jour, c'est presque une évidence"

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