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Fischer se fait un nom
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Publié 05/10/2005 à 14:00 GMT+2
Cinquième des Mondiaux sur route à Madrid, Antonio Murilo Fischer est une des grandes révélations de la saison, au cours de laquelle il a enlevé six victoires. A 26 ans, le Brésilien de l'équipe Naturino lorgne désormais sur le Pro Tour et rêve surtout de
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Crédit: Eurosport
Un Brésilien vainqueur de Paris-Roubaix? L'hypothèse peut sembler farfelue. Elle fait pourtant saliver Antonio Murillo Fischer, totalement inconnu il y a encore quelques mois, mais qui commence à mettre la samba au goût du jour dans le peloton. " Roubaix, c'est un charme unique, a-t-il confié à la Gazzetta dello Sport. C'est mon rêve. Chez moi, au brésil, il y a aussi des routes avec des pavés."
Chez lui, c'est dans la région de Santa Catarina, où se situe sa ville natale, Brusque. Difficile d'imaginer qu'un petit brésilien puisse s'orienter vers le cyclisme, au pays du football roi, où le cyclisme est à peu près aussi populaire que le cricket dans nos contrées. "J'ai joué au football, comme tout le monde, mais je n'aimais pas trop ça, même si je soutiens le Vasco de Gama , explique-t-il. Puis à 13 ans, mes parents m'ont acheté un Mountain Bike. Alors..."
Pagliarini, le frère
Une dizaine d'années plus tard, il intégrait le monde du cyclisme professionnel. Un destin qui ne sonne pas vraiment brésilien, comme son nom d'ailleurs. "Mon père est d'origine allemande, ma mère d'origine italienne", explique Fischer. Des attaches européennes qui l'ont peut-être aidé à franchir le pas lorsqu'il lui a fallu traverser l'océan afin de faire carrière dans le cyclisme.
Il débarque en Italie en 1999, où son aîné Luciano Pagliarini, l'autre grande figure brésilienne du peloton, le prend sous son aile. "Nous nous sommes connus ici et aujourd'hui, nous sommes quasiment devenus des frères. On s'entraîne ensemble, on est voisin, nos femmes travaillent ensemble et sont amies", raconte Antonio. Ce point d'appui lui permettra de supporter les inévitables coups de blues dus à l'éloignement, mais aussi aux doutes.
Première victoire
En 2002, lorsque Pagliarini passe pro, Fischer prend sa place dans le club vénitien de Spercenigo. Deux ans plus tard, il obtient son billet chez les pros, à 25 ans, au sein de l'équipe Domina Vacanze. Au contact du manager Vicenzo Santoni, il apprend énormément. Vite, et bien. Pas de victoire lors de cette première saison chez les grands, mais des progrès, énormes. Il découvre notamment Paris-Roubaix, qu'il termine, à une très honorable 40e place.
2005 sera l'année de l'éclosion, sous les couleurs de la formation Naturino - Sapore de Mer. Il signe ses premiers succès, en Autriche, lors du International Uniqa Classic. "Cette victoire m'a débloqué. Je la sentais venir. Depuis, tout est plus facile ", confie le Carioca. Au fil des mois et des courses, il commence à se faire un nom. Mais c'est vraiment à Madrid, lors des Mondiaux, que Fischer gagne crédit et respect.
"Si Geslin a pris le bronze..."
Très actif durant la course, il prend la cinquième place sur la ligne d'arrivée. "Ça vaut beaucoup de victoire un résultat comme ça, sourit-il. Si j'ai pensé gagner? Franchement, non. Je ne pouvais pas faire mieux. J'ai réussi un sprint parfait. Mais Boonen est hors catégorie. Même Valverde était intouchable pour moi. Certes, si Geslin a pris le bronze, j'aurais pu l'avoir. Mais je ne suis pas un pur sprinter. Je n'ai donc pas de regrets."
Fatigué, il veut toutefois profiter jusqu'au bout de l'euphorie dans laquelle il baigne depuis Madrid. On le verra donc enchaîner la Coppa Sabatini, le Tour d'Emilie et surtout celui de Lombardie, le 15 octobre. Cette fois, plus question de compter sur l'effet de surprise. Désormais, Fischer a une étiquette. C'est le prix du respect. Il a trop lutté pour l'obtenir pour s'en plaindre aujourd'hui...
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