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"Il peut gagner le Tour"
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Publié 01/01/2012 à 20:38 GMT+1
Grande révélation du dernier Tour de France, consacré "rockstar" de la Grande Boucle par Lance Armstrong, ange gardien de Thomas Voeckler et brillant vainqueur à l'Alpe d'Huez, Pierre Rolland a changé de dimension. Mais pour Jean-René Bernaudeau, manager de l'équipe Europcar, il peut voir plus haut.
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Il a suffi d'une course et d'une victoire pour que Pierre Rolland change de dimension. Pour lui, il y aura incontestablement un avant et un après Tour de France 2011. Transfiguré par son rôle de lieutenant auprès de son leader Thomas Voeckler, il est définitivement entré en pleine lumière en s'imposant dans l'étape reine de l'Alpe d'Huez. Evidemment, le plus dur commence aujourd'hui pour lui. Avec 2012 vient le temps de la confirmation attendue. Un sacré défi. Mais pour Jean-René Bernaudeau, il est largement dans les cordes de son poulain, pour lequel il voit un avenir radieux.
Interrogé par nos confrères de Cyclingnews, le manager de l'équipe Europcar n'a pas hésité à annoncer la couleur pour Rolland, enfin prêt selon lui à sortir de son rôle d'éternel espoir. "Pendant longtemps, explique-t-il, mes gars ont été soumis, mais maintenant ils parviennent à s'exprimer pleinement." Le talent de Rolland n'a effectivement jamais été remis en question. Mais après les promesses affichées au Crédit Agricole à ses débuts, le natif de Gien ne parvenait plus à s'exprimer. Jusqu'au mois de juillet dernier. "Le Tour de France a beaucoup aidé Pierre, reprend Bernaudeau. Le maillot jaune de Thomas l'a transcendé. Une partie de la force de Pierre en montagne provient d'un coup de boost au moral quand il a vu que des très bons coureurs sortaient des groupes où il se trouvait."
"Il aime la pression"
Pour Rolland, si l'on s'en tient au strict potentiel, le ciel est la limite. D'autant qu'il est encore très jeune. "Le cyclisme n'est pas une science exacte, mais c'est un sport d'athlètes mature et Pierre a la chance de n'avoir que 25 ans", estime JRB. Jusqu'où peut-il aller sur le Tour de France? Jusqu'au bout? Un jour, oui, pourquoi pas, répond Bernaudeau. "Si les Schleck ont le potentiel pour gagner le Tour de France, Pierre Rolland peut le gagner lui aussi. Il peut suivre les deux frères en montagne. Cette année, je n'ai aucun doute sur le fait qu'il aurait pu suivre Andy Schleck dans l'étape du Galibier mais il a décidé de rester avec Thomas", rappelle-t-il. Comme les deux Luxembourgeois, sa principale faiblesse reste le contre-la-montre. Mais il a travaillé spécifiquement ce secteur lors du stage d'avant-saison en Guadeloupe. Rolland a aussi testé du nouveau matériel. Toute l'équipe Europcar compte beaucoup dessus. "On espère gagner environ 30 secondes par tranche de 20 kilomètres", confie Bernaudeau.
Mais le patron de l'équipe Europcar sait aussi que le maillot blanc du Tour 2011 doit répondre à certaines interrogations. Notamment dans sa façon de courir. Pour prétendre jouer un rôle majeur sur un grand Tour, il faut éviter de commettre la moindre faute. Sur les étapes de plaine par exemple. Lors de l'étape de Chateauroux, Rolland avait perdu plus de trois minutes l'an dernier, parce qu'il s'était fait piéger dans une cassure consécutive à une chute collective. S'il veut prétendre jouer le podium à l'avenir, il ne pourra se permettre de telles erreurs. Bernaudeau en est conscient. "En 2012, il fera partie des coureurs que toutes les équipes seront heureuses de piéger dans les premières étapes. Peut-il courir aussi intelligemment que Thomas (Voeckler)?", s'interroge-t-il, estimant que le Grand départ du Tour 2013, en Corse, lui conviendra peut-être mieux que celui de 2012, en Belgique et dans le Nord de la France.
Autre interrogation majeure, sa capacité à assumer les attentes autour de lui. C'est une chose de courir sans pression pour défendre un leader, comme il l'a fait en 2011. C'en est une autre que d'avoir des responsabilités du premier au dernier jour. Mais sur ce point, Jean-René Bernaudeau se monter confiant. "Il est beaucoup plus fort dans sa tête et il aime la pression, juge-t-il. Le Tour de France 2011 a été son déclencheur. Maintenant, il aura la grande carrière qu'il mérite." C'est tout le mal qu'on lui souhaite.
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