"Il y a un malaise"

Le président de la Fédération française de cyclisme, Jean Pitallier, s'est rangé derrière les coureurs français qui ont parfois exprimé à mots couverts leur mal-être lors du Tour. Les Tricolores ont bouclé l'épreuve dans une relative morosité, soupçonnant certaines équipes étrangères de dopage.

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Crédit: Eurosport

Comment réagit la Fédération française au mal-être de certains coureurs français ?
J.P. : "Elle est derrière eux, je leur apporte mon soutien. Les coureurs français ont l'air d'être désemparés. On leur a reproché sur le Tour de ne pas avoir eu de résultats. Moi, j'ai vu Brochard, Casar, Chavanel, Da Cruz, Pineau, d'autres encore, partir dans des échappées. Ils n'ont pas concrétisé, c'est là le problème."
Pour quelles raisons ?
J.P. : "Ils n'arrivent pas à tenir le choc jusqu'au bout. C'est Hinault qui attaque dans la dernière côte de l'étape de Revel et qui explose dans la ligne droite d'arrivée. Je ne veux pas parler de cyclisme à deux vitesses mais je m'interroge indirectement."
Sur le dopage ?
J.P. : "Oui. Je me demande si les autres pays appliquent des mesures aussi strictes que nous. Je suis d'ailleurs partisan de sanctionner les responsables d'équipes. Il faut sensibiliser les dirigeants des équipes et les suspendre si besoin. Le climat de suspicion qui règne est très désagréable alors que le cyclisme est sans doute le sport le plus contrôlé."
Les contrôles sont-ils assez performants ?
J.P. : "On connaît les limites des contrôles classiques. Il faut davantage de contrôles inopinés, c'est ce que je demande aux instances. Pour que tout le monde soit sur un pied d'égalité. Il y a un malaise. Les coureurs français ne sont pas aussi mauvais que ce qu'on veut bien dire."
Est-ce uniquement le problème du dopage qui peut expliquer les résultats moyens ?
J.P. : "On parle d'entraînement insuffisant. Je ne suis pas assez bien placé pour savoir mais il me semble que c'est un argument qui est peut-être valable pour des jeunes. Des coureurs comme Brochard ou Rous ont l'expérience, ils savent s'entraîner. Quant aux jeunes, s'il y a un problème d'entraînement, c'est peut-être d'abord la faute à l'encadrement."
Vous mettez en cause les dirigeants d'équipes...
J.P. : "Je ne mets en cause personne en particulier. Je dis seulement qu'au niveau des juniors ou des espoirs, ça marche plutôt bien. Mais, quand les jeunes passent pros, ils ne sont pas au niveau la plupart du temps. On peut s'interroger: est-ce l'encadrement qui est défaillant ? Je connais des jeunes coureurs qui, dans des équipes pros, n'ont pas de programme d'entraînement. J'ai l'impression que dans certains cas, les coureurs sont livrés à eux-mêmes."
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