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Le pire et le meilleur
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Publié 30/12/2005 à 22:15 GMT+1
L'année 2005 fut à l'image du cyclisme moderne, alternant exaltation et écoeurement, émotion et consternation. Deux hommes l'ont symbolisée plus que les autres: Lance Armstrong, roi du Tour et du soupçon, et Tom Boonen, dont l'avènement doit constituer un
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L'HOMME DE L'ANNEE: TOM BOONEN
Absolument incontournable. Auteur d'un triplé inédit, le Belge a remporté le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et le Championnat du monde. Le tout à seulement 25 ans. Trois victoires majeures, qui requièrent des qualités très différentes. Mais la palette du Flamand s'avère déjà colossale. Ces trois épreuves prestigieuses, Boonen rêvait de les remporter sur l'ensemble de sa carrière. Le voilà donc comblé, puisqu'il a atteint ce triple objectif en l'espace de cinq mois.
Sans une série de chutes, la vedette de l'équipe Quick Step aurait même pu prétendre au maillot vert sur le Tour de France. Présent du mois de février au mois d'octobre, il a fait souffler un vent de jeunesse sur le peloton. Véritable star en Belgique, Boonen a su conserver une simplicité et une fraîcheur qui ne sont pas étrangères à sa réussite. Il a déjà fait oublier Johan Museeuw.
LA COURSE: LE CHAMPIONNAT DE ZURICH
Ce n'est certes pas l'épreuve la plus prestigieuse du Pro Tour, mais l'édition 2005 du Championnat de Zurich valait vraiment le détour. Disputée dans des conditions proches de l'Apocalypse, la course suisse a vu la consécration d'un immense Paolo Bettini. L'envolée solitaire du Toscan, à 35 kilomètres de l'arrivée, a marqué les esprits comme aucune autre cette année. Vainqueur avec plus de trois minutes d'avance sur Frank Schleck, le champion olympique d'Athènes estime avoir remporté à cette occasion la plus belle victoire de sa carrière. Difficile de ne pas abonder dans son sens après un tel chef d'oeuvre.
LE SCANDALE: LANCE ARMSTRONG
Franchement, on avait le choix. Roberto Heras, contrôlé positif lors du Tour d'Espagne, aurait mérité le premier prix. Dario Frigo, pris lui aussi par la patrouille, pour la deuxième fois de sa carrière, vaut bien un accessit, et quelques autres avec eux. Mais tous s'inclinent finalement devant Lance Armstrong. Contrairement à Heras, l'Américain n'a pas été contrôlé positif en 2005. Mais les révélations du journal L'Equipe, démontrant par A + B que le Texan avait consommé de l'EPO lors du Tour 1999, celui de sa première victoire, a fait l'effet d'une bombe.
Au plan juridique, Armstrong ne risque absolument rien. L'échantillon B a en effet été utilisé et il n'y en a plus d'autre. Le septuple maillot jaune ne peut donc se défendre. D'un point de vue éthique, on peut même poser la question de la légitimité de ces analyses. Drapé dans son orgueil, L.A. s'assoit sur les accusations de L'Equipe. Plus gênant, il a répondu sur la forme, mais pas sur le fond. Son règne fut enveloppé dans un épais brouillard, celui du soupçon. Avec ces révélations, le brouillard s'est partiellement déchiré, mais ce qu'il révèle n'est pas beau à voir...
LE FIASCO: L'ITALIE DE PETACCHI
Petacchi était le grand favori des Mondiaux à Madrid, où il avait remporté l'ultime étape du Tour d'Espagne une semaine avant la course. Ballerini avait même construit son équipe autour de son sprinter, se passant ainsi des services de Di Luca, Cunego et Basso. Même Bettini, pourtant au sommet de sa forme, a été contraint de travailler pour le Spezian. Treizième et meilleur coureur transalpin, le Grillon regrette encore les choix de son sélectionneur. Car Petacchi n'a jamais été en mesure de jouer la gagne, et l'Italie est rentrée des Mondiaux la tête basse, avec son plus mauvais résultat depuis 1983
LE FRANÇAIS: DAVID MONCOUTIE
Au milieu du marasme tricolore, David Moncoutié a eu le mérite de tenir son rang. Après sa victoire d'étape sur le Critérium du Dauphiné Libéré, le grimpeur de la Cofidis a sauvé l'honneur des Bleus sur le Tour en signant l'unique succès français de l'édition 2005, le 14 juillet à Digne-les-Bains. Déjà vainqueur sur la Grande Boucle à Figeac, en 2004, le Lotois restera également le coureur tricolore le mieux classé de la première édition de l'ère Pro Tour avec une honorable 30e place. Régulier sur l'ensemble de la saison, il fait figure d'exemple à suivre pour ses compatriotes dans le doute.
LA REVELATION: JOSE RUJANO
Pour un coup d'essai, c'était un coup de maître. Sur le premier grand Tour de sa carrière, Jose Rujano Guillen a éclaboussé le Giro de tout son talent au sein de la surprenante équipe Selle-Italia Colombia. Vainqueur de l'étape reine à Sestrières et du maillot vert de meilleur grimpeur, troisième du classement général à seulement 45 secondes du vainqueur, Paolo Savoldelli, le Vénézuélien a réussi la meilleure performance sud-américaine de l'histoire du Giro. A seulement 23 ans, Rujano pourrait bien voir l'avenir en rose...
L'EXPLOIT: VINO SUR LES CHAMPS
Onze ans que les sprinters faisaient la loi sur les Champs-Elysées, depuis la fabuleuse victoire en solitaire d'Eddy Seigneur, en 1994. Il n'y avait qu'Alexandre Vinokourov pour lui succéder. Lui seul possède cet alliage si rare et si précieux de talent, de courage et d'audace. Déjà vainqueur d'une étape dans les Alpes et cinquième du général final, il a tenté sa chance sous la flamme rouge, car Vino ne conçoit pas la course autrement qu'en attaquant. Son sens tactique et son finish ont fait le reste
LE CHIFFRE: 58
Danilo Di Luca n'aura donc trouvé personne pour contester sa domination au classement de la première édition de l'UCI Pro Tour. Après avoir creusé l'écart au cours d'un très beau printemps, qui l'a vu remporter la Flèche wallonne, l'Amstel Gold Race et le Tour du Pays Basque, le coureur de Liquigas-Bianchi a géré son avance avant de sceller définitivement sa victoire en prenant la 4e place des Championnats de Zurich. Au classement final, il devance Tom Boonen de 58 points, un vrai gouffre quand on sait que la victoire sur une épreuve du Pro Tour est de 50 points.
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