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Rendez-vous au Poggio?

Rendez-vous au Poggio?

Par Eurosport
Dernière mise à jour Le 16/03/2012 à 16:52 -
Par Eurosport - Le 16/03/2012 à 16:52
Milan-Sanremo, c'est une course à part dans le calendrier des grandes classiques. D'abord par sa distance (298 km). Les difficultés ne manquent pas, avec le Poggio en point d'orgue. Pourtant, les sprinters ont appris à la dompter. Décryptage des points chauds du parcours.

1. LE TURCHINO

Première véritable difficulté du parcours, le Turchino est également le point culminant de la course et, de très loin, l'ascension la plus longue, avec sa pente de près de 20 kilomètres et son fameux tunnel à la sortie. Cette année, son sommet est situé à 156 kilomètres de l'arrivée, soit juste avant la mi-course (km 142 sur 298). De par son positionnement, il ne joue donc évidemment pas un rôle décisif pour la victoire, mais il n'en a pas toujours été ainsi. Entre 1908 et 1946, il faut ainsi savoir que le coureur qui passait en tête au sommet du Turchino remportait l'épreuve une fois sur trois.

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C'était l'époque des longues échappées solitaires victorieuses. Ce fut notamment le cas d'Henri Pelissier en 1912, d'Alfredo Binda à deux reprises ou encore du grand Fausto Coppi, lauréat en 1946. Le Campionissimo est le dernier coureur à avoir franchi le Turchino en leader avant de lever les bras à Sanremo. Depuis, l'aspect sélectif de l'ascension a très largement disparu. Les temps ont donc bien changé en un demi-siècle, mais l'endroit reste un point important de la course, là où le rythme change pour de bon. Les choses sérieuses commencent.

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2. LE MANIE

Située à peu près à mi-chemin entre le Turchino et les Capi, cette nouvelle difficulté est apparue il y a quatre ans au menu de Milan-Sanremo. Elle a été ajoutée au parcours en raison de la fermeture d'un tunnel, augmentant très légèrement la longueur de la course. Elle la rend surtout encore plus éprouvante. Le Manie offre une pente ardue de près de cinq kilomètres, et son sommet se situe à 94 kilomètres de l'arrivée. "Même si nous sommes encore loin de Sanremo, ça reste dans les jambes. Si ça monte vite, on peut le payer un peu plus tard", explique le champion du monde 2008, Alessandro Ballan. C'est donc la cinquième fois que cette ascension est au programme de la Primavera.

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3. LES CAPI

Les Capi sont une succession de petites montées brèves et sèches qui s'enchainent en une trentaine de kilomètres le long du littoral. La plus fameuse et la plus importante est la Cipressa, avant-dernier obstacle de Milan-Sanremo.

- Capo Mele: Situé à 52 kilomètres de l'arrivée, il culmine à 65m d'altitude.

- Capo Cervo: Situé à 47 kilomètres de l'arrivée.

- Capo Berta: Situé à 40 kilomètres de l'arrivée. Jusqu'à l'introduction du Poggio en 1960, le Capo Berta était l'ultime difficulté de la course. C'est souvent là que prend fin la longue échappée fleuve qui s'est déclenchée le matin...

- Cipressa: Situé à 22,1 kilomètres de l'arrivée. La course à la victoire débute souvent vraiment ici pour les favoris. On gagne rarement Milan-Milan-Sanremo à la Cipressa, mais on peut le perdre sans problème. Première nécessité, éviter les chutes, souvent nombreuses à cet endroit. Double vainqueur de la Classicissima et consultant sur British Eurosport, Sean Kelly livre son analyse: "Dans la montée, il faut être dans les 15-20 premières positions, en cas de chute. Après, une fois dans la descente, il ne faut plus quitter les 15 premières places", estime l'Irlandais.

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4. LE POGGIO

L'ascension la plus fameuse de Milan-Milan-Sanremo, où s'est décidée tant de fois la victoire, ne fut pourtant ajoutée au parcours que tardivement, au début des années 60, afin d'éviter que la course ne s'achève systématiquement par un sprint massif! Ironie de l'histoire, 50 ans plus tard, on cherche à nouveau à durcir le final, car les sprinters font presque tous les ans la loi depuis une décennie, à l'image de Zabel, Cipollini, Freire, Petacchi ou Cavendish. C'est donc un vieux débat que celui de la difficulté suffisante ou insuffisante du tracé...

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Une chose est sûre, tous les sprinters doivent serrer les dents pour franchir le Poggio indemnes et espérer encore la victoire. La montée, étroite et sinueuse, débute au pied de la petite descente du Capo Verde. Elle est longue de 3,7 kilomètres et sa portion la plus pentue (à 8%) se situe dans le deuxième kilomètre, jusqu'à Sant NS della Guardia. Méfiance aussi dans la descente, d'une longueur assez similaire (3,3 km). C'est là que Sean Kelly avala Moreno Argentin en 1992 avant de signer sa deuxième victoire.

Par sa brièveté, le Poggio fait exploser tous les schémas tactiques. "Ici, c'est chacun pour soi, note Eddy Merckx, recordman des victoires sur la Primavera. Ça va tellement vite qu'il n'y a plus de tactique possible. Il faut juste être très fort et avoir de l'endurance, car c'est la classique la plus longue. Tout est une question de condition physique". "Lors de mes deux victoires, j'ai passé 250 kilomètres en queue de peloton. Il faut tout garder pour le Poggio", aimait à rappeler le regretté Laurent Fignon, unique double vainqueur français de Milan-San Remo.

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