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Cancellara n'avait pas le choix

Cancellara n'avait pas le choix
Par Eurosport

Le 17/03/2012 à 21:19Mis à jour Le 17/03/2012 à 21:28

Fabian Cancellara (RadioShack) a encore sorti un énorme numéro dans le final de Milan-Sanremo. Malheureusement pour lui, le Suisse n'a pas pu se débarrasser de Nibali et surtout Gerrans, qui l'a devancé au sprint. Il se contente encore de la deuxième place. Comme l'an dernier.

Pour la quatrième fois en un an, Fabian Cancellara se retrouve donc sur le podium d'un des cinq grands monuments des classiques. Une performance remarquable. Seul problème, mais de taille, le Suisse n'a jamais posé le pied sur la plus haute marche. Deuxième de Milan-Sanremo et de Paris-Roubaix l'an dernier, il avait également terminé troisième du Tour des Flandres. Samedi, à Sanremo, il a encore pris la deuxième place. Et une fois de plus, il était sans doute le plus fort de tous. Mais le cyclisme est un sport subtil, où la loi du plus fort ne prévaut pas toujours.

Cancellara a encore signé un numéro dont il a le secret dans le final de la Primavera. Après avoir suivi Vincenzo Nibali et Simon Gerrans lorsque l'Italien a attaqué dans le Poggio, il a basculé en tête avec eux au sommet. Ce trio ne comptait qu'une poignée de secondes d'avance sur le gros du peloton. Si celui-ci n'a jamais pu opérer la jonction, c'est uniquement grâce, ou à cause, du tour de force de Cancellara. L'homme fort de RadioShack n'a pas laissé le moindre relais jusqu'à l'entrée de Sanremo. Une véritable démonstration. Malheureusement pour lui, s'il a assuré sa place sur le podium en œuvrant de la sorte, il s'est aussi condamné. Gerrans, plus rapide que lui au sprint, l'a logiquement réglé, profitant de son énorme travail.

Gerrans: "Fabian était le plus fort"

Alors, connaissant la pointe de vitesse, Cancellara a-t-il commis une erreur en roulant à bloc sans jamais demander de relais? En réalité, le Bernois n'avait pas d'autre solution. S'il se relevait, le peloton rentrait. Du coup, il ne nourrit aucun regret. "Dans le final, je sentais Gerrans derrière moi mais je ne pouvais pas courir autrement, explique-t-il. Je savais que Nibali ne pouvait pas mener, il avait Sagan derrière. J'ai pris le risque, je ne pouvais pas faire plus, j'avais l'acide lactique qui me sortait des oreilles. Je me suis dit qu'il valait mieux quoi qu'il en soit prendre la deuxième place dans une grande course. Je cours toujours pour gagner. Mon objectif, c'était la victoire, je voulais m'offrir ce cadeau à la veille de mon anniversaire."

D'une certaine manière, Cancellara s'est donc retrouvé pris au piège. "Il aurait sans doute bien aimé jouer autrement dans le dernier kilomètre, amis le peloton était juste derrière eux", rappelle Jacky Durand, le consultant d'Eurosport. Si la victoire était attribué au mérité, sans doute Cancellara aurait-il gagné samedi. Personne n'a d'ailleurs contesté sa supériorité. "J'ai essayé de suivre Cancellara mais il était trop fort. Je ne pouvais pas relancer", a avoué Nibali. "Fabian était le plus fort, une vraie moto." "Je n'ai rien à me reprocher, j'ai fait exactement ce qui était prévu quand c'était prévu", juge Cancellara. S'il était un peu plus rapide au sprint, il présenterait aujourd'hui un palmarès absolument terrifiant. Mais personne n'est parfait. Pas même Spartacus.

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