Panoramic

Le nouveau Démare est arrivé, et il a tout d'un grand

Le nouveau Démare est arrivé, et il a tout d'un grand

Mis à jourLe 20/03/2016 à 00:27

Publiéle 19/03/2016 à 22:24

Mis à jourLe 20/03/2016 à 00:27

Publiéle 19/03/2016 à 22:24

Dans cet article

Arrivé très tôt dans le grand bain des sprinteurs, Arnaud Démare a connu une année 2015 très compliquée que ce soit dans les classiques ou au bilan des victoires. Mais le sprinteur de la FDJ revit en ce début de saison 2016 avec un succès sur Paris-Nice mais surtout son premier Monument, ce samedi, avec sa victoire sur Milan-Sanremo. Un succès quasi impensable il y a quelques mois à peine.

Trente-et-un mois. Cela faisait plus de deux ans et demi qu'Arnaud Démare n'avait plus remporté la moindre course sur le circuit World Tour. Jusqu'il y a deux semaines, le dernier succès au plus haut niveau du sprinteur de la FDJ datait de la 1re étape de l'Eneco Tour 2013, année qui l'avait vu également remporté une victoire sur le Tour de Suisse (4e étape). Et voilà qu'en douze jours, le Français de 24 ans en a glané deux. Au départ de Milan-Sanremo, personne ou presque n'aurait osé miser sur une victoire d'Arnaud Démare. Mais, comme l'a déclaré à l'arrivée un Démare aux anges, " il y a des jours comme ça où tout réussit". Qu'importe que l'année 2015 ait été désastreuse.

Deux petites victoires, les deux sur le Tour de Belgique, vingt top 10 dont seulement deux podiums en World Tour : une misère pour un sprinteur qui plus est capable de briller sur les épreuves pavées. Décevant sur les classiques du début de saison (127e à Milan-Sanremo, 23e du Tour des Flandres et 37e de Paris-Roubaix), Arnaud Démare n'avait jamais réussi à se reprendre pour sauver son année, que ce soit sur le Tour de France (5e comme meilleur résultat) ou sur la Vatenfall Cyclassics (6e), l'unique classique World Tour jusqu'alors au palmarès du sprinteur de la FDJ, qu'il avait remportée en 2012.

Le déclic de Vendôme

A cette époque, le Tricolore apparaissait comme une future pointure du sprint, capable comme de battre au sprint Greipel, Nizzolo ou Boasson Hagen à Hambourg mais aussi Sagan, Farrar ou Kristoff au Tour du Qatar. Trois ans plus tard, cela semblait n'être qu'un ancien et beau rêve pour le coureur de la FDJ. Battu régulièrement lors de la saison par un Boonen à la pointe de vitesse vieillissante et même par Rojas, sur le Tour de Qatar, l'Espagnol ne gagnant pourtant jamais, tout le monde semblait alors pouvoir battre le Français. Mais, tout a changé en 2016.

Non pas sur l'Etoile de Bessèges, où Démare a encore été battu par des "seconds-couteaux" comme Claeys (Wanty-Groupe Gobert), ni sur la Méditarranéenne malgré une victoire d'étape et encore moins lors du week-end d'ouverture des classiques flandriennes (11e à Kuurne). Non, le sprinteur de la FDJ a sereinement attendu son premier rendez-vous du World Tour de la saison, lors de Paris-Nice. Et, à Vendôme, au terme d'une étape durcie par les chemins de pierre calcaire, le Français a renoué avec le succès au plus haut niveau. Une victoire qui a marqué les esprits, le sien comme celui de ses adversaires, impressionné par sa puissance lors du sprint où il a devancé Swift (Sky) et Bouhanni (Cofidis). Deux coureurs qu'il a encore devancé douze jours plus tard sur Milan-Sanremo…

Un nouveau programme

Démare aurait pu croire à une nouvelle série de malchance lorsqu'il a dû abandonner Paris-Nice, victime d'un souci musculaire. Mais non. Rien ne peut contrarier le nouveau Démare, changé par ses résolutions hivernales. Conscient que l'équipe FDJ mise d'abord sur le classement général avec Thibaut Pinot sur le Tour de France, il a bâti un autre programme, décidant de privilégier le Giro qu'il n'a disputé qu'une seule fois, en 2012, avec une 4e place à Horsens (3e étape) pour meilleur résultat. "J'ai couru deux fois le Tour de France, j'ai obtenu des places d'honneur mais on retient surtout que je n'ai pas gagné d'étape", regrettait-il en début d'année. Mais, après sept heures de course, de stress et de poursuite, le Beauvaisien a fini par rejeter aux oubliettes sa décevante saison 2015, sa récurrente malchance dans les classiques et son incapacité à gagner sur le Tour de France.

En retrouvant sa pointe de vitesse, Démare s'est surtout rappelé au souvenir de ceux qui en faisaient il y a 3 ans un futur vainqueur de Milan-Sanremo. Lui disait préférer les pavés et Paris-Roubaix mais, s'il n'est jamais rentré dans le top 10 de "l'Enfer du Nord", le voilà avec au palmarès la "Primavera", la classique la plus prisée par les sprinteurs, le seul Monument qui leur est dédié.

Rien ne semblait tourner en sa faveur pourtant. Une chute avant la Cipressa, un placement assez lointain sous la flamme rouge, la présence de Gaviria ou Bouhanni dans la dernière ligne droite, cela faisait beaucoup. Mais Gaviria est tombé, a gêné Sagan et Kristoff et Bouhanni a connu un souci mécanique. Et Démare est allé chercher le plus grand succès de sa carrière, sans que cela ne souffre d'aucune contestation. Une victoire qui change définitivement son statut. Le voilà, pour toujours, parmi les plus grands.

Arnaud Démare félicité par Kevin Reza (FDJ) après Milan-Sanremo 2016
Arnaud Démare félicité par Kevin Reza (FDJ) après Milan-Sanremo 2016 - AFP
0 commentaire
Vous lisez :