David Gaudu (Groupama-FDJ), requinqué mais réaliste, avant la saison 2025 : "On essaie d'aller où ils ne seront pas"
Eurosport sur GoogleDavid Gaudu (28 ans) s'est présenté souriant, mercredi près de Paris, au siège de la FDJ. Sa bonne fin de saison 2024 a conduit à "un hiver serein au possible". Résolu à se montrer offensif, le grimpeur de Groupama-FDJ prévoit de découvrir le Giro en 2025. Il se montre pragmatique dans cet entretien, estimant qu'éviter les cadors est une stratégie à envisager, au moment d'élaborer son calendrier.
Gaudu : "Avec le Giro, ça va me faire du bien de changer de programme"
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Le Giro est la nouveauté de votre programme. Qu'est-ce qui a motivé ce choix ?
David Gaudu : On m'a toujours dit du bien du Giro, que c'était top, que c'était génial. Ça va me faire beaucoup de bien d'y aller, de changer un peu de programme, de me mettre dans une zone d'inconfort.
Romain Bardet et Thibaut Pinot ont aussi mis un certain temps avant de découvrir le Tour d'Italie…
D. G. : Quand on est leader français d'une équipe française, le Tour de France reste une priorité. Ils ont fait leurs classes, leurs résultats, leur palmarès sur le Tour avant de se tourner vers le Giro. Je suis un peu dans ce cheminement-là. J'ai hâte, surtout au vu de ce qu'ils m'ont dit de cette course.
Vous êtes tout de même attendu au départ du Tour de France, avec Guillaume Martin en co-leader. Comment imaginez-vous votre duo ?
D. G. : Je vais sortir un peu émoussé du Giro. Je pense courir comme Guillaume sait le faire : aller dans des échappées en montagne avec lui, pour jouer – pourquoi pas – une victoire d'étape, puis perdre cinq minutes, en reprendre six, en perdre dix, en reprendre trois etc. J'ai déjà terminé 4e du Tour de France (en 2022, ndlr), alors je préfère décrocher une victoire d'étape et terminer 12e qu'aller chercher une 8e place en m'accrochant tous les jours à la pédale.
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Cavagna soulagé de rejoindre la Groupama-FDJ : "Mes amis et ma famille ne me reconnaissaient plus"
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"Une zone d'écart" avec Pogacar
Primoz Roglic a feint, dans une boutade rapportée par la presse slovène, d'attendre de connaître le programme de Tadej Pogacar… pour pouvoir l'éviter. Cette idée commence-t-elle à être, sérieusement, envisagée dans le peloton ?
D. G. : On y pense, forcément. Si on veut des résultats, à un moment, il faut être réaliste. Tadej (Pogacar), Jonas (Vingegaard), Primoz (Roglic) et Remco (Evenepoel) sont plus forts que nous. C'est comme ça. Il n'y a pas de honte à le dire. On essaie d'aller là où ils ne seront pas. Sur les quatre que j'ai cités, il y avait seulement Roglic (1er) lors de la dernière Vuelta. Si vous ajoutez les trois autres, je termine 9e et non 6e. Ce n'est pas la même chose. Donc oui, ça entre en jeu.
Pogacar est un cas à part, non ?
D. G. : D'un autre côté, il ne peut nous arriver que du bien quand on court face à Tadej. S'il nous bat, c'est normal. Si on le bat, c'est exceptionnel.
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Quand Pogacar double Gaudu à l'entraînement : "On a un peu discuté… puis il est parti"
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L'écart avec lui se constate même à l'entraînement…
D. G. : Oui, il (Pogacar) m'a récemment doublé. Pour revenir sur lui, j'ai dû m'employer. On a un peu discuté, puis il est parti. Il m'a dit : "Aujourd'hui, j'avais 3 heures en zone 2 haute à faire (indicateur d'intensité de l'effort, ndlr)". Je crois qu'on n'a pas la même zone 2 [rires]. Je pense qu'il y a une zone d'écart. Ce n'est pas pour rien que c'est le meilleur coureur du monde.
Lors de la Vuelta que vous avez évoquée, outre votre 6e place au général, il y a cette pénultième étape, qui a failli vous sourire. Septième, à 21 secondes du vainqueur, Eddie Dunbar, vous étiez pourtant revenu sur ses talons. Ces fameux derniers mètres, si durs à combler…
D. G. : C'était terrible. Je me suis vraiment vu gagner l'étape à un moment. J'avais enfin réussi à m'extirper du groupe des favoris. Je me suis laissé griser par l'événement, je me suis mis à fond… et j'ai complétement explosé. Mais j'ai envie de continuer sur ce chemin-là, de m'inscrire dans cette dimension offensive, y compris sur le Giro.
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Gaudu : "Je préférais tenter d'aller gagner quitte à exploser dans la dernière ascension..."
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La récompense de cet état d'esprit offensif est arrivée peu après, avec une victoire d'étape lors du Tour de Luxembourg.
D. G. : Au Luxembourg, le dernier jour, je me sentais sur coussin d'air toute la journée. Gagner a validé tout ce que j'avais fait depuis la fin du Tour de France. Cette fin de saison m'a permis de passer un hiver serein au possible.
je peux être une "tête de con"
On a l'impression que votre retour en verve est une libération pour toute votre équipe…
D. G. : Oui, c'est bien pour le staff, les autres coureurs etc. Ça fait du bien de voir un coureur pour qui on travaille avoir des résultats, retrouver son niveau. Je sais que je peux être une "tête de con" – je ne sais pas si vous allez couper ce passage [rires] –, parce que j'ai quand même un sale caractère. Au-delà des équipiers, il y a la famille. Quand ça ne va pas, ce ne sont pas des moments faciles à vivre.
Comment appréhendez-vous le fait d'être l'un des plus anciens, au sein de ce groupe ?
D. G. : Je crois qu'il n'y a que Olivier Le Gac, arrivé en 2014, qui est dans l'équipe depuis plus longtemps que moi, qui y suis depuis 2017. En raison de cette ancienneté et de mes résultats, je me dois d'être un leader, sur le vélo et en-dehors.
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La 5e étape pour Gaudu, le général pour Tiberi devant Van der Poel
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Il fut un temps où vous communiquiez de manière directe avec vos supporters, via Twitch, notamment. Cela ne vous manque pas ?
D. G. : Si, ça me manque un peu. Je n'ai juste pas le temps. J'aurais aimé faire un débrief sur Twitch de la Vuelta, mais il y a eu beaucoup de courses, je suis parti en vacances assez tôt, puis c'était déjà l'heure de la reprise. L'an passé, je crois que je suis dans le "top 10" des coureurs avec le plus de jours de course (87). J'aimerais refaire de tels contenus, mais il faut voir quand cela sera possible.
Est-ce aussi le témoin d'une méfiance accrue vis-à-vis d'Internet, deux ans après la propagation sur Twitter de certains de vos propos, formulés à l'écrit, au sujet d'Arnaud Démare ?
D. G. : Non, pas forcément. Les gens sont bienveillants quand même.
Point esthétique, pour conclure : cette coiffure, avec les cheveux tirés vers l'arrière et attachés, vous la conservez parce qu'elle coïncide avec votre regain de forme ?
D. G. : C'est parti d'un projet cheveux longs, parce que je déteste aller chez le coiffeur. Après le Tour, j'ai estimé que ça ne poussait pas assez vite : j'ai coupé sur les côtés, derrière, et j'ai pu les attacher. Cela a effectivement coïncidé (avec son rebond, ndlr). Peut-être que l'un va avec l'autre, je ne sais pas.
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David Gaudu - Tour d'Espagne 2024
Crédit: Imago
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