David, on vous a moins vu que les années précédentes en début de saison. Etait-ce volontaire?
Oui, complètement. C'est vrai que d'habitude, j'étais souvent en forme dès les premières courses, dès le mois de février. Mais j'ai changé mon programme. Je n'ai pas fait le Tour Méditerranéen, où j'ai souvent obtenu de bons résultats lors des dernières éditions, et je suis rentré sur le Tour du Haut-Var. Je voudrais être davantage présent sur la fin de saison et pour cela, il fallait que je décale mon premier pic de forme.
Du coup, comment abordez-vous ce Paris-Nice?
La forme est plutôt correcte, même si je n'ai que trois jours de course derrière moi. Je manque donc forcément un peu de repères. J'ai aussi pris un petit coup de froid cette semaine. Mais bon, ça ira. Je suis surtout là pour aider l'équipe. Dès le prologue, on a des costauds capables de se placer. Quant à moi, je vais essayer de viser une étape. Je pense trouver un terrain assez favorable à partir du Massif Central. On verra. Mais j'attends une naissance dans les prochains jours. Ma femme devait accoucher autour du 15 mars, mais ça pourrait arriver avant. Alors j'aurai un peu la tête ailleurs...
Avec le départ de Stuart O'Grady chez CSC, êtes-vous d'accord pour dire que vous êtes le leader de Cofidis pour 2006?
Un des leaders, plutôt. Nous avons une bonne équipe sur le papier. Je ne suis pas tout seul. Sur des courses d'une semaine, comme le Tour de Catalogne ou du Pays basque, je crois que je suis capable d'avoir certaines prétentions et d'être le leader de l'équipe. Sur le Tour de France, c'est beaucoup plus aléatoire. La situation sera plus ouverte. Chacun pourra jouer sa carte. Donc ça dépendra beaucoup des circonstances.
Avez-vous besoin de forcer votre nature pour assumer ce statut?
Jusqu'à présent, je n'ai jamais vraiment eu à assumer un rôle de leader, ou alors seulement très ponctuellement. Aujourd'hui, j'arrive à maturité. C'est différent. Avec l'âge, l'expérience et les victoires, on prend confiance et on se sent capable de faire davantage.
Qu'est-ce qui vous fait avancer? L'ambition? Le plaisir?
Avant tout, le plaisir. Je fais du vélo parce que j'aime profondément ça. J'ai choisi de vivre une passion, plus qu'un métier. Il se trouve que le second a rejoint la première. Tant que j'éprouverai du plaisir à sortir et à faire du vélo, je continuerai. Pour l'instant, je l'ai, même s'il m'arrive parfois d'être dégoûté par ce qu'on peut entendre sur ce milieu. Il y a des moments pénibles. Mais quand je gagne une belle course, et que je me retrouve chez moi après pour la savourer, je me dis que ça en vaut la peine.
Combien d'années vous donnez-vous encore au plus haut niveau?
Au moins deux ou trois a priori. Après, cela dépendra de mon envie. De ma condition aussi, bien sûr. Il faut être capable de suivre un minimum le rythme pour prendre du plaisir. Sinon, c'est la galère.
Avec vos victoires sur le Tour, vous sentez que le regard des gens sur vous a changé?
Oui. Pour le public, je suis devenu quelqu'un avec mes victoires d'étapes sur le Tour de France. Surtout celle de l'an dernier, le 14 juillet. Je sens qu'elle a marqué les esprits. Pour un coureur français, remporter une étape du Tour, ça change une vie. Vraiment. On sent la différence entre l'avant et l'après.
Que peut-on vous souhaiter pour 2006?
Il y a beaucoup de choses qui pourraient me faire plaisir! Toutefois, il y a une course sur laquelle je rêve vraiment de briller. C'est Liège-Bastogne-Liège. Je pense que ça pourrait me convenir. La distance ne me fait plus peur désormais. J'ai les capacités pour y jouer un rôle. Alors, pourquoi pas? Peut-être pas dès cette année, mais j'espère briller un jour sur cette course. Ce serait une véritable consécration pour moi.
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