Les débats du Tour: Pogacar - Vingegaard, Grand Colombier... grand duel ? Pinot - Gaudu, qui finira mieux classé ?

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Dans les débats du Tour de France 2023, vendredi avant la 13e étape, projection sur le grand enjeu du jour et la possible nouvelle lutte entre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard pour la tête du classement général au sommet du Grand Colombier. Retour également sur la 12e étape de jeudi, avec la performance de la Cofidis et le duo de la Groupama-FDJ Thibaut Pinot – David Gaudu.

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Pogacar - Vingegaard, Grand Colombier... grand duel ?

Laurent Vergne
J’espère me tromper mais je vois davantage un final du style de celui du Puy de Dôme dimanche dernier ou du… Grand Colombier il y a trois ans, lorsque Tadej Pogacar avait coiffé Primoz Roglic au sommet. L’ascension faisait peur, mais les écarts étaient restés faibles entre les meilleurs. Sauf si l’un des deux monstres de ce Tour 2023 venait à connaître un gros coup de buis dans le Jura, il serait très étonnant que les conséquences chronométriques soient conséquentes.
Surtout avec les 17 secondes qui les séparent au classement général. Pourquoi lancer la guerre de loin, alors qu’un effort violent dans les deux derniers kilomètres, voire le dernier, peut suffire sur une telle pente à prendre des secondes précieuses ? Si Pogacar était à une minute trente ou deux minutes de Vingegaard, la donne serait différente. Puis n’oublions pas ce qui les attend samedi, dimanche, mardi, mercredi... Il y aura un duel, un vrai, mais sans doute sur une courte durée. Comme au Puy de Dôme.
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Simon Farvacque
D'instinct, je dirais non, avec en tête le scénario du Grand Colombier 2020 (11 coureurs en 25 secondes au sommet). Mais ce Tour n'a de cesse de me surprendre. Je n'aurais ni misé sur un écart aussi important entre Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar dans Marie Blanque ni sur une offensive de si grande envergure de la Jumbo-Visma, le lendemain. Quant aux deux étapes a priori "anodines" transformées en chantier cette semaine (mardi et jeudi), n'en parlons pas.
Ce n'est pas tout, heureusement. Il y a des arguments rationnels. Jonas Vingegaard a beau être maillot jaune, il peut se sentir peu ou prou à égalité avec son rival slovène, eu égard aux qualités de sprinteur de Tadej Pogacar. Le Danois pourrait ainsi déclencher les hostilités relativement tôt, d'autant plus que le pied de l'ascension le permet. Le cas échéant, le spectacle ne se cantonnera pas aux derniers hectomètres… ce qui n'empêchera peut-être pas "Pogi" de gagner au sprint, comme il y a trois ans devant Primoz Roglic.
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La Cofidis réalise-t-elle son meilleur Tour de France ?

Jean-Baptiste Duluc
Décrocher deux victoires lors des 12 premières étapes et avoir un sprinteur luttant un temps pour le maillot vert est une performance XXL pour Cofidis. Le genre de Tour dont la formation nordiste rêve depuis des années, elle qui a passé 15 ans sans succès en juillet. Mais Cofidis est une équipe bien plus vieille que ça dans le peloton (27 participations au Tour !), et il s’agirait de ne pas l’oublier. Après tout, en 2004, Cofidis avait fait aussi bien avec des victoires de Stuart O’Grady - qui avait fini 4e du maillot vert à 28 pts seulement de Robbie McEwen - à Chartres (5e étape) et de David Moncoutié à Figeac (11e étape).
Mais le meilleur Tour de France de la Cofidis reste, à mon sens, 1998. Et assez largement. Certes, ce n’est pas le Tour le plus glorieux et ils n’avaient été "que" 96 à rallier Paris mais le bilan de la formation nordiste, lui, était exceptionnel. Bobby Julich était monté sur le podium (3e) du général, juste devant son coéquipier Christophe Rinero, maillot à pois final, le seul maillot distinctif jamais ramené à Paris par la Cofidis. Et un troisième Cofidis, le Suisse Roland Meier, avait fini dans le top 10. Alors, certes, il n’y avait pas de victoire d’étape mais accrocher le podium, le maillot à pois et mettre trois hommes dans le top 10 est encore plus rare. Surtout pour une équipe française.
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Laurent Vergne
1998 est effectivement la meilleure performance d'ensemble de l'équipe nordiste, en tout cas au classement général. Mais il y a un mais. Deux, plutôt. D'abord, aucune victoire d'étape. Or c'est l'ADN de cette formation. Puis il convient de remettre ce résultat dans le contexte de cette édition, celle de l'affaire Festina. Cette dernière avait été exclue du Tour, la ONCE l'avait ensuite quitté et à l'arrivée à Paris, il y avait moins de 100 coureurs dans le peloton. Dans un Tour normal, si tant est que cette expression convienne à l'époque en question, il est plus qu'improbable que la Cofidis aurait placé trois coureurs dans le Top 10, remporté le classement par équipes ou ramené le maillot à pois.
Trop de "bizarreries" pour moi, donc. Reste des Tours... à la Cofidis, pour ce qui est de ses meilleures années, à savoir un Tour avec des victoires d'étapes. Deux en 2004, deux autres en 2008 et deux cette année, juste après la mi-parcours. Pour l'heure, je miserais sur 2004, toujours pour une raison de contexte. Au début de l'année avait éclaté l'affaire Cofidis, avec plusieurs coureurs impliqués dont la recrue-phare du groupe, le champion du monde espagnol Igor Astarloa.
Un mois d'auto-suspension, un retour à la compétition au mois de mai, une équipe avec le moral dans les chaussettes et, pourtant, les Nordistes avaient réussi un superbe Tour en remportant deux étapes sur des terrains très différents, grâce au sprinteur Stuart O'Grady et David Moncoutié, pour le premier des deux succès du Français sur les routes de la Grande Boucle. Cette édition 2023 a toutefois un côté savoureux après 15 années de disette. Une troisième victoire, ou un Top 10 du leader Guillaume Martin (ce sera complexe mais après tout, il n'en est pas si loin) placerait définitivement cette 110e édition au-dessus de tout le reste.
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Gaudu-Pinot, qui finira le mieux classé ?

Simon Farvacque
Thibaut Pinot est peut-être plus à même de signer un bon classement général que son "leader" David Gaudu. Mais je pense que ce dernier finira devant lui ce Tour de France 2023. Pinot se désintéresse de la course à un accessit. Il veut son étape. Ce jeudi, il a vu INEOS Grenadiers se méfier de lui. Vendredi, dans le Grand Colombier, il risque de perdre du temps, plus ou moins sciemment. Objectif : être libre de ses mouvements.
Son coéquipier, 4e de la dernière Grande Boucle, va quant à lui se battre jusqu'au bout pour obtenir le meilleur classement possible. C'est ce qui compte, à cet instant de sa carrière. Gaudu pourrait craquer et ainsi terminer loin du Top 10 et d'un Pinot qui y figurerait encore, du fait de ses tentatives en échappée. Mais je ne table pas sur une telle journée sans. Je pense que son Tour sera plutôt terne et frustrant que catastrophique.
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Pinot et Alaphilippe réussissent le jump dans la bonne échappée

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Jean-Baptiste Duluc
Mardi dernier, dans nos débats du Tour de la 4e étape, j’estimais que Thibaut Pinot était le coureur français le plus à même de réussir un "bon" classement général. Pas à la pédale, mais par le biais d’échappée, soit exactement ce qu’il s’est passé ce jeudi sur la route de Belleville-en-Beaujolais. Au vu des performances des Tricolores depuis, et surtout de David Gaudu, je n’ai donc pas changé d’avis. Je doute pourtant que Pinot soit capable de réitérer son exploit du Giro (5e du général).
Mais il faut tout de même souligner qu’au soir de la 12e étape - que nous venons de vivre sur le Tour -, le Franc-Comtois était 15e du général à 3'20" du top 5. Soit 1'21" de plus qu’il n’est actuellement de la 5e place de Pello Bilbao… Malgré tout, je vois plus Pinot terminer à la 7e ou 8e place, alternant journées compliquées et échappées fleuves. De son côté, Gaudu continuera de se battre mais, étant donné sa forme, perdra du temps, sans peser, et sortira à mon sens du top 10. A cause des échappées d’autrui. Dont celles de Pinot.
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