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"Profiter de la vie"
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Publié 24/09/2004 à 19:45 GMT+2
Richard Virenque, l'un des coureurs les plus populaires du cyclisme français, a annoncé vendredi qu'il mettait un terme à sa carrière. Le Varois est revenu sur les grands moments de ses 14 années de professionnalisme, de l'affaire Festina à sa victoire à
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Pourquoi arrêtez-vous ?
Cela fait vingt ans que je suis dans le vélo, quatorze ans professionnel. J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir le faire. Le vélo m'a énormément apporté, beaucoup de joie et beaucoup de tristesse. J'ai surtout eu peur de faire l'année de trop. Partir sur une bonne note, c'était l'un de mes rêves. Cette année, j'ai été comblé sportivement dans le Tour par rapport à ce que je pouvais donner.
Vous parlez de chance...
J'ai toujours eu une étoile au-dessus de moi. Des personnes m'ont aidé, Marc Braillon, le patron de RMO qui m'a lancé dans le professionnalisme, Miguel Rodriguez, le PDG de Festina, M. Polti et enfin Patrick Lefevere qui a mis la dernière pierre. Je voudrais aussi associer plusieurs coureurs, Laurent Jalabert, Pascal Hervé, Stéphane Goubert et Laurent Dufaux.
Quelle sera votre dernière apparition sur le vélo ?
Le dernier adieu, je le ferai le 3 octobre. J'ai commencé à faire des courses avec le VS Hyérois. La dernière, ce sera à Hyères pour ma cyclo-sportive. Ce sera un adieu plus facile que si je l'avais fait dans le Tour l'an prochain avec les supporteurs qui m'auraient demandé de continuer.
Aviez-vous pris votre décision avant le départ du Tour ?
Non. Je sentais que ce pouvait être mon dernier Tour et j'en avais parlé à mon père. Mais ce n'était pas décidé. Ce Tour a été génial pour moi. En gagnant le 14 juillet, en devenant le recordman du maillot à pois. Qu'est-ce que le Tour 2005 aurait pu m'apporter ?
Avez-vous été tenté de devenir directeur sportif d'une équipe ?
Je ne crois pas que j'ai l'esprit pour. J'ai un tempérament de feu, d'attaque, d''offensivité' et si les coureurs ne le respectaient pas, je le vivrais mal. Et puis, si j'arrête le vélo, c'est pour profiter de la vie, pour être avec les miens. Une nouvelle vie commence. J'ai simplement envie de vivre comme tout un chacun.
Avez-vous des regrets dans votre carrière ?
J'aurais aimé être champion de France ou champion du monde. Cela ne s'est pas fait même si j'ai flirté avec le podium. C'est comme cela. Mais j'ai fait de belles choses. Je ne suis pas frustré. Je n'ai pas gagné le Tour, il y avait une possibilité en 98, mais ce n'est pas arrivé. Ma plus grande fierté, c'est d'avoir animé tout un public.
Comment expliquez-vous votre popularité ?
Ma ponctualité, chaque saison, m'a fait remarquer. J'ai fait plaisir au public et c'est monté en puissance. C'est encore monté après 98. Tout ce que je pouvais donner, je l'ai donné sur le vélo. Les gens l'ont ressenti, je ne peux pas l'expliquer.
Quel moment fort de votre carrière reste le plus fort ?
Le jour où j'ai été le plus fier de moi, c'est dans l'étape de Morzine en 2000 quand j'avais pu lâcher le grand Armstrong et Ullrich. Mais il y a eu beaucoup de bons moments. Quand je me retourne, je vois beaucoup de supporteurs. J'ai eu la chance de réussir dans le Tour, de gagner Paris-Tours de cette façon (une échappée de 242 km). Je ne retiens que le bon. Le temps est passé et on rigole des mauvais souvenirs. C'est ce que je retiens de ma carrière.
Vous reste-t-il des cicatrices de l'affaire Festina ?
Je m'en suis servi pour rebondir. Cela m'a permis dans la vie de tous les jours de m'améliorer, de me grandir. Le challenge était très dur mais c'était un beau challenge. Aujourd'hui, je suis fier de l'avoir relevé. C'est l'histoire de la vie. Cela a été un passage très compliqué mais enrichissant. Je ne serais pas tel que je suis aujourd'hui sans cela.
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