"Ça fait du bien"

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Superbe vainqueur à Saltara samedi, Rik Verbrugghe a redonné le sourire à une équipe Cofidis pas épargnée par la poisse ces derniers temps. Le Belge, arrivé cet hiver au sein de la formation nordiste, confirme au passage ses formidables qualités de punche

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Crédit: Eurosport

En cyclisme, on souffre trop pour voler une victoire. Mais certaines sont plus méritoires et plus méritées que d'autres. Celle de Rik Verbrugghe, samedi, à Saltara, apparait justifiée à plus d'un titre. Sur la forme, d'abord, le Belge a mené une course pleine d'audace, de courage et d'intelligence, notamment dans le final. Faussant compagnie au reste du groupe des échappés, il a ensuite résisté au retour des gros bras dans la dernière montée. " J'ai démarré aux 5 kilomètres en misant sur l'effet de surprise , explique-t-il. Je savais que si je prenais quelques mètres, ce serait dur pour les autres de revenir."
Ce fut le cas, mais ce fut également dur pour lui. Il ne s'en cache pas: "J'ai été surpris par la montée d'arrivée. Les 600 derniers mètres étaient très raides. Ils faisaient très mal aux jambes, je peux vous l'assurer. Je n'avais aucune idée des écarts et j'entendais que Savoldelli revenait très fort. Je n'osais pas regarder derrière moi." Sur la ligne, il restait encore 14 secondes de marge au Liégeois sur le tenant du titre. 14 secondes pour un grand bonheur, une semaine pile après une énorme déception.
"Moins marquant qu'à Pescara"
Lorsque le parcours du Giro 2006 avait été dévoilé, Verbrugghe avait en effet coché le prologue de Seraing, tout près de son domicile de Chaudfontaine, parmi ses priorités de la saison. Malheureusement, il était passé à côté. "Après le prologue, j'avais dit qu'il y aurait d'autres occasions, souligne-t-il. Je pensais à cette étape car les parcours de moyenne montagne me conviennent." Il s'est offert son troisième succès sur le Giro. Le plus beau? Pas sûr. "C'est une belle victoire, mais peut-être un peu moins marquante que celle de Pescara, juge le Wallon. Cette année-là, j'avais porté ensuite le maillot rose pendant quatre jours."
Au-delà de sa légitime satisfaction individuelle, Rik Verbrugghe a ravi toute une équipe marquée par la poisse et le doute ces derniers temps. La formation Cofidis avait en effet perdu trois coureurs (Bertagnolli, Moreni, Marichal) au cours de la première semaine de course, soit un tiers de son effectif. Pour Eric Boyer, ça commençait à faire beaucoup. "Je rappelle quand même qu'au mois d'avril nous avions dix coureurs sur 30 à l'infirmerie, confiait le manager nordiste au micro d'Eurosport samedi. Nous n'étions pas récompensés ces derniers temps. Des blessures, aucune victoire depuis le Grand Prix de Denain, trois abandons pour commencer le Giro, c'était mal barré pour nous. Mais sous avons su gérer, être patients".
Boyer: "Cofidis doit gagner des grandes courses"
Autant dire que la victoire de Verbrugghe panse bien des plaies, en même temps qu'elle justifie le choix du staff de Cofidis, puisque le Belge, arrivé cet hiver en provenance de Quick Step, constituait la priorité du recrutement depuis plusieurs mois. "On s'est rencontrés avant même la Vuelta, précise Boyer. Le courant était bien passé et on a tenu bon. Bien sûr, aujourd'hui, je ne regrette pas mon choix. Mais c'était déjà le cas avant, car Rik est un grand coureur avec de belles qualités humaines. Il a beaucoup bossé pour préparer les classiques mais ça n'avait pas payé. Il mérite bien cette victoire."
Avec un effectif taillé pour le Pro Tour, Cofidis se doit de briller sur des épreuves majeures comme le Giro. Samedi, l'oeuvre fut pleinement collective. Avant que Verbrugghe n'entre en scène, Staf Scheirlinckx avait pris les devants pour une longue échappée, histoire de préparer le terrain. "Je l'ai dit et je le répète, l'équipe doit gagner des courses et des grandes courses, poursuit Boyer. Aujourd'hui, Rik s'est fait mal. Il n'y a qu'à voir son visage à l'arrivée. Ce n'était pas du baratin!" A peine descendu du podium, Verbrugghe voit déjà plus loin: "Je voulais gagner une étape, c'est fait. Maintenant, si je peux en gagner une autre..." L'ambition n'est pas qu'une parole en l'air chez Cofidis...
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