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Armstrong dans un fauteuil
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Publié 02/07/2005 à 20:44 GMT+2
S'il a cédé la victoire d'étape pour deux secondes à son compatriote David Zabriskie (CSC) samedi à Noirmoutier lors de la 1e étape du Tour de France, Lance Armstrong peut s'estimer satisfait. L'Américain a déjà pris une avance confortable sur ses princip
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Crédit: Eurosport
Le Tour de France 2005 est-il déjà fini? Au soir de la première étape, à trois semaines de Paris, la question peut sembler incongrue. Ridicule, presque. Pourtant, ce soir, chacun se la pose. Lance Armstrong a assommé ses adversaires, et le Tour avec lui. Au terme du contre-la-montre le plus rapide de toute l'histoire de la Grande Boucle, l'Américain a relégué tous ses rivaux à une distance que personne n'avait envisagée.
Difficile pourtant de considérer qu'Armstrong a évolué sur une autre planète sur la presqu'île de Noirmoutier, puisqu'il a été battu. David Zabriskie, 19e coureur à s'élancer, dans l'anonymat le plus complet, a réussi l'exploit de dompter le maître, pour deux minuscules secondes. L'Américain de l'équipe CSC n'en est pas à son coup d'essai cette année. On l'avait déjà vu triompher dans cet exercice sur le Giro, du côté de Florence.
Des écarts considérables
Cette fois, la portée de la victoire du coéquipier d'Ivan Basso est sans commune mesure. D'abord en raison de la qualité du plateau, nettement supérieure. Ensuite, parce que son succès est synonyme de maillot jaune. Un évènement qui n'arrive pas tous les jours. Enfin, parce que Zabriskie pourra se targuer d'avoir été le seul homme capable de rivaliser avec un Armstrong déjà au sommet de son art.
Ces deux secondes, Armstrong les a peut-être perdues dès le départ, en déchaussant brièvement. A mi-parcours, il devançait toutefois son compatriote, avant de "coincer", de manière bien relative, dans le final. Qu'importe. Pour un peu, ça l'arrangerait. Voilà le sextuple vainqueur de l'épreuve installé dans un fauteuil. Sa deuxième place lui accorde plus d'avantages que d'inconvénients, puisque son équipe n'aura pas à assumer le poids de la course trop précocement.
Derrière les duettistes américains, c'est un véritable gouffre qui s'est creusé. Alexandre Vinokourov, troisième, est repoussé à 53 secondes, soit à 51 secondes d'Armstrong. C'est dire la marge de manoeuvre que possède déjà le champion d'Austin sur les autres prétendants au maillot jaune. Il a déjà pris 1'24" à Basso, 1'28"à Botero, 1'51" à Rogers 1'53" à Menchov, 1'59" à Kloeden, 2'18" à Heras, 2'29" à Mancebo et plus de trois minutes à Mayo. Sur 19 kilomètres, ces écarts apparaissent considérables.
Le Tour à l'heure américaine
Et Ullrich dans tout ça? Sans doute encore marqué par sa chute de la veille à l'entraînement, l'Allemand a vécu une journée très difficile, concédant 1'08" au vainqueur du jour. Au-delà de l'aspect comptable, déjà fort préjudiciable, Ullrich a subi une véritable humiliation en se faisant doubler par Armstrong, pourtant parti une minute après lui. Il n'aura donc pas fallu attendre longtemps pour voir la première image forte de cette 92e édition. Elle marquera les esprits, surtout celui d'Ullrich. Pourra-t-il s'en relever?
Outre le fort ascendant pris par le leader de Discovery Channel, on retiendra de ce premier acte la densité du cyclisme américain, déjà ressentie sur le Dauphiné. Les Yankees sont quatre dans les six premiers: Zabriskie et Armstrong donc, mais aussi George Hincapie, quatrième, et Floyd Landis, sixième.
Le bilan du cyclisme français est nettement moins reluisant, malheureusement. Sylvain Chavanel, champion de France de la spécialité, a achevé ce chrono à une 73e place décevante. Le meilleur Tricolore fut Walter Bénéteau, remarquable 24e sur ses terres vendéennes. L'air du pays a décuplé ses forces. Ce sera sans doute encore le cas dimanche: le Tour arrive dans sa ville natale, aux Essarts.
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