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"C'est différent"
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Publié 28/06/2006 à 12:00 GMT+2
Changement de statut pour la Discovery Channel. L'ère post-Armstrong a commencé et l'équipe de Johan Bruyneel se présente avec plusieurs coureurs capables selon lui de venir bousculer Jan Ullrich et Ivan Basso. Le directeur sportif n'éprouve par ailleurs
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Johan Bruyneel, ça doit être excitant de revenir sur le Tour dans la position du chasseur et non plus du gibier?
J.B: Oui, c'est vrai. Tout autant que nous sommes dans la même position qu'en 1999. Même si je suis conscient que cette édition sera beaucoup plus difficile. Cette année-là, il n'y avait pas de réel favori. Jan Ullrich et Marco Pantani n'étaient pas là. C'était vraiment un Tour très ouvert. Cette fois, c'est différent Jan Ullrich et Ivan Basso s'alignent chacun avec une équipe très forte pour les épauler. Mais j'ai confiance. On a déjà vu par le passé des leaders se faire surprendre et être battus. On peut gagner, c'est clair. Beaucoup de coureurs ont l'ambition d'attaquer sur cette Grande Boucle et c'est aussi à notre avantage.
Avez-vous déjà des idées pour bousculer la hiérarchie et les favoris?
J.B: Oui, bien sûr. J'ai établi quelques scenarii dans ma tête mais pour l'instant, ils sont juste dans ma tête. Sur la route, cela n'a rien à voir et parfois vous vous rendez compte que vous ne pouvez rien contre les favoris. Durant les sept dernières années, les prétendants étaient nombreux à prendre le départ motivés et plein d'ambitions. Mais ils étaient aussi nombreux à se rendre compte que le favori était trop fort et qu'il pouvait à peine le suivre...
Pensez-vous que vos coureurs vont se retrouver dans cette situation?
J.B: Il faut être prêt à ça. Il faut faire plus que les années précédentes car je pense sincèrement que les favoris peuvent être battus. Mais il ne faut pas non plus que l'on soit obsédé par ça. Nous avons une équipe très forte mais sans notre leader du passé. Tout le monde dans l'équipe est prêt, en cas de défaillance des meilleurs, pour jouer la victoire.
Justement, vous avez plusieurs coureurs capables de la briguer...
J.B: Il faut être clair. Mon objectif, c'est qu'il n'y ait pas de rivalité au sein de l'équipe. Je ne dirais pas que nous avons plusieurs leaders, mais plutôt quatre coureurs "protégés", qui, sur le papier, sont capable de viser le top 10 du général: Yaroslav Popovych, George Hincapie, José Azevedo et Paolo Savoldelli qui a déjà remporté deux Giro. Ces quatre hommes sont à la base de l'équipe.
Est-ce la course qui décidera lequel sera le vrai leader?
J.B: Selon ce qui se passera on décidera s'il faut protéger l'un d'entre eux ou s'il faut tout faire pour que les quatre aient la possibilité de bien figurer au général. On ne se présente pas avec le tenant du titre et nous n'aurons pas à défendre quoi que ce soit, ne serait-ce que la première semaine. Si on joue la carte d'un coureur en particulier, ce sera la dernière semaine et c'est effectivement la course qui décidera.
Ivan Basso peut-il selon vous réaliser le doublé?
J.B: Oui, je pense qu'il en est capable, surtout quand on voit sa domination sur le Giro. Même s'il ne sera pas forcément au même niveau sur le Tour, il reste l'un des favoris grâce à ses progrès sur les chronos.
Et comparé à Jan Ullrich?
J.B: Ullrich, c'est le rouleur et Basso l'un des meilleurs grimpeurs. Mais le coureur de la CSC se rapproche désormais de l'Allemand sur les contre-la-montre et il m'a vraiment impressionné sur les étapes de montagne du Giro. Je ne jamais vu Ullrich aller aussi vite. S'ils sont dans une forme égale, je reste persuadé que Basso est le meilleur car Ullrich ne pourra pas le suivre en montagne. Mais des questions se posent. Ullrich est-il prêt? Basso aura-t-il récupéré du Tour d'Italie?
Nourrissez-vous un sentiment de revanche par rapport aux organisateurs du Tour?
J.B: Non, vraiment pas. Pour moi et pour l'équipe, le Tour a été la compétition la plus importante pendant sept ans et c'est encore le cas cette année. C'est la course pour laquelle nous avons tout sacrifié. C'est la plus belle du monde. Une fois que l'on prendra le départ, on fera de notre mieux pour remporter la course. Nous avons toujours eu du succès sur le Tour, nous savons ce que cette course nous a apporté mais aussi ce que nous lui avons apporté. Ce qui a pu se passer ou ce qui s'est dit est secondaire. Au départ à Strasbourg, on sera concentré et on fera de notre mieux. Le reste n'est pas important.
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