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Ullrich: "Lance mérite le respect"

Ullrich: "Lance mérite le respect"
Par Eurosport

Le 23/07/2009 à 18:00Mis à jour

Dans un entretien exclusif accordé à Eurosport, Jan Ullrich a donné son sentiment sur le Tour de France 2009. L'Allemand, vainqueur de l'édition 1997, estime que Lance Armstrong accomplit cette année une performance exceptionnelle après une si longue absence.

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Avez-vous envisagé, à l'instar de Lance Armstrong, de reprendre la compétition?

Jan ULLRICH : Non. Je ne redeviendrai pas un cycliste professionnel. Je ne regrette absolument pas ma décision d'avoir arrêté. Bien sûr, je regarde quelques étapes du Tour de France. Mon coeur appartient au cyclisme. C'est mon sport et je l'aime.

Qu'avez-vous pensé de ce Tour de France jusqu'ici?

J.U. : Pour moi, il était clair que tout allait tourner autour d'Astana et les faits le confirment. Quand vous voyez Contador, Armstrong et Kloeden aussi bien placés au général, ça montre la force de cette équipe. A la fin, j'attendais un duel entre Alberto Contador et Lance Armstrong. Une chose est sûre, le Tour de France ne se termine que sur les Champs-Elysées, et pas avant. Il peut toujours y avoir une chute, comme celle qu'a subie Jens Voigt. Je croise les doigts pour qu'il ne garde pas de séquelles.

Que vous inspire la performance de votre ancien rival, Lance Armstrong?

J.U. : Je dois dire que je ne comprends pas certains commentaires autour de la performance de Lance Armstrong sur ce Tour. Certains parlent de chute, de déclin. Je crois que Lance mérite du respect et notre admiration. Il revient après trois années d'absence et après deux semaines de course il était encore deuxième du Tour de France. C'est tout simplement phénoménal. Je veux dire, il n'est plus tout jeune. C'est une performance de très haut niveau qu'il accomplit. Avoir encore une petite chance de gagner le Tour si près de l'arrivée, c'est exceptionnel. Je ne vois pas de déclin là-dedans.

En quoi est-il différent, comme coureur, du Lance Armstrong que vous avez connu?

J.U. : Il est sans doute un peu moins fluide en montagne qu'il ne l'était il y a quelques années, mais c'est dû au fait qu'il ait coupé pendant toutes ces années.

Certains ont jugé le Tour ennuyeux lors des deux premières semaines, que le parcours n'était pas assez sélectif jusqu'aux Alpes. Est-ce aussi votre avis?

J.U. : Non, je ne pense pas que le parcours était plus facile cette année. Il était simplement différent. Je l'ai trouvé plutôt équilibré en ce qui me concerne, avec un premier chrono assez long pour une étape, des étapes faites pour les sprinters, les Pyrénées qui arrivaient assez vite. J'ai vraiment apprécié ce Tour en le regardant, et je le trouve assez excitant.

Pour vous, Contador est-il le plus fort?

A-t-il des points faibles?

J.U. : Non, je ne lui vois pas de réelle faiblesse à côté. Mais il a aussi la chance d'avoir une équipe capable de contrôler la course. S'il devait répondre seul à toutes les attaques, ce serait beaucoup plus compliqué pour lui. Mais c'est vrai qu'il est au-dessus. En plus, c'est devenu un très bon rouleur.

La force d'un grand leader n'est-elle pas aussi de savoir masquer ses moments de faiblesse?

J.U. : Si, dans une certaine mesure. Mais sur le Tour, il arrive toujours un moment où vous ne pouvez plus masquer vos faiblesses. Dans ce cas là, ça peut devenir terrible. Une véritable agonie.

Avez-vous connu ça?

J.U. : Oui, bien sûr. Le pire moment, c'était en 1998 quand Marco Pantani m'a pris le maillot jaune. J'avais eu une terrible fringale, comme je n'en avais jamais connue auparavant. Je ne me rendais plus compte de rien en pédalant. Après l'étape, je suis resté trois heures dans mon bain. Je n'arrivais même plus à tenir une petite cuiller tellement j'étais vidé.

Est-il possible de gagner le Tour aujourd'hui sans avoir recours au dopage?

J.U. : Mais aujourd'hui, même les vitamines C sont considérées comme du dopage, alors... Je crois sincèrement que les coureurs qui disputent le Tour de France sont propres, car les contrôles sont tellement stricts et nombreux aujourd'hui. Je pense que le cyclisme est un des sports les plus propres du monde. Mon ami Andreas Kloeden m'a expliqué qu'il avait déjà été contrôlé huit fois depuis le départ du Tour.

Mais n'est-ce pas nécessaire?

J.U. : Les coureurs sont réveillés à 6h30 du matin à leur hôtel. Les contrôleurs restent avec eux, les suivent aux toilettes, sous la douche puis vous prennent votre sang. Je crois que tout ça est un peu exagéré. On en fait trop.

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