Fédrigo en mode sniper

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Privé de Tour de France l'an dernier après avoir contracté la maladie de Lyne, Pierrick Fédrigo a confirmé sa réputation de chasseur d'étape en signant lundi à Pau son 4e succès sur la Grande Boucle. Comme à son habitude, il a su faire parler sa science de la course et sa pointe de vitesse.

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Crédit: Eurosport

Pierrick Fédrigo est un passionné de chasse. Chaque hiver, il arpente les sous-bois de son Sud-ouest natal, carabine en main. Quand vient l'été, ce coureur pétri de qualités, n'oublie pas ses habitudes et se mue alors en redoutable sniper capable, à l'image d'un Luis Leon Sanchez ou d'un Thomas Voeckler, de faire mouche presque chaque année sur le Tour de France. Intelligent et opportuniste, doté d'une belle pointe de vitesse et surtout très costaud, le Marmandais s'est ainsi progressivement bâti l'un des palmarès les plus denses du peloton français: quatre victoires d'étape sur le Tour de France, un championnat de France, un GP de Plouay, un Critérium International ou encore deux Tours du Limousin.. "C'est un winner ! Il n'a pas besoin de 50 occasions pour mettre la balle au fond. Presque à chaque fois qu'il est dans une échappée et en condition, il peut gagner", témoigne son manager Marc Madiot qui l'a débauché fin 2010 à Jean-René Bernaudeau. En signant à Pau le 22e succès d'une riche carrière, Fédrigo a démontré qu'il avait enfin retrouvé son niveau après avoir vécu une saison 2011 difficile, contrariée par la maladie de Lyme, une infection persistante causée par des piqures de tiques, qui ne lui a pas permis de s'exprimer pleinement pendant une longue période. Privé de Tour l'an dernier, il s'est depuis échiné à se reconstruire une condition pour briller à nouveau au plus haut niveau. "Chaque victoire dans le Tour a un symbole. La première (en 2006), parce que c'était la première fois. La deuxième (2009), on arrivait à Tarbes, pratiquement chez moi. La troisième (2010), c'était l'étape mythique des Pyrénées, avec les plus grands cols. Aujourd'hui, c'est le retour après une année difficile", explique ainsi avec son détachement habituel celui qui s'était déjà partiellement rassuré au printemps dernier en s'imposant au sommet du col de l'Ospedale lors du dernier Critérium International."J'ai pris l'initiative"Tenace et déterminé, Fédrigo est de son propre avis revenu à son niveau grâce "au travail, à l'envie." Ces souffrances et frustrations passées lui permettent aujourd'hui de relativiser ses difficultés de coureur et lui confèrent peut-être le petit supplément d'âme qui peut permettre de faire la différence dans les moments décisifs. "J'ai été handicapé pendant six mois. Ca m'a servi à prendre conscience que le Tour de France est moins dur que ce que j'ai connu l'an dernier. Dans le Tour, il y a des moments difficiles, mais ce n'est pas comparable", analyse-t-il. Fédrigo a la lucidité et la sagesse de ceux qui savent tirer parti des mauvaises passes et apprécier les bons moments. "Parfois, j'attends, j'attends, et... je me fais avoir. Aujourd'hui, je n'ai pas calculé. J'ai pris l'initiative. Après tout ce qui m'est arrivé l'an dernier...", reprend-il pour expliquer l'autorité avec laquelle il a disposé en deux temps à Pau de cinq compagnons d'échappée.
Après deux escarmouches de Nicki Sorensen et de Dries Devenyns, c'est en effet lui qui a placé la première attaque franche au sein du groupe de tête que seul Christian Vande Velde est parvenu à accompagner. L'objectif pour lui était alors de s'isoler à l'avant et surtout de se débarrasser de Samuel Dumoulin, de loin le plus rapide des six échappés. "On y croyait énormément. Après, il faut que tout se déroule bien. Il a bien couru et bien maîtrisé la situation. A partir du moment, où il avait fait le break, en plus à deux, ça devenait plus que bon", relève Marc Madiot qui a ainsi connu grâce à Fédrigo la joie d'une deuxième victoire d'étape sur ce Tour une grosse semaine après le succès de Thibaut Pinot à Porrentruy. "Quand on est dans une échappée et qu'on a déjà une victoire dans l'équipe, on a moins de pression", conclut le vainqueur du jour pour chercher une nouvelle justification à l'éclatante démonstration de force qu'il a achevé en disposant aisément au sprint de Vande Velde. Modeste en plus d'être brillant, Pierrick Fédrigo est un coureur attachant. mais aussi un sacré sniper d'étape. Et sur la route comme dans les bois, il y a les bons et les mauvais chasseurs...
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