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Froome, si fidèle
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Publié 19/07/2012 à 20:52 GMT+2
Christopher Froome a affiché au cours de la dernière étape de montagne une évidente supériorité. Mais il n'a pas trahi Bradley Wiggins. Sky aura donc maintenu l'ordre jusqu'au bout. Et ça pourrait continuer...
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Chez Sky, Alpes ou Pyrénées, même combat. Même scénario, aussi. A Peyragudes, par-delà le col de Peyresourde, on a eu le sentiment de revivre le scénario de La Toussuire. Avec un Christopher Froome une bonne jambe au-dessus de la concurrence, Wiggins compris. Mais le plus jeune des deux Britanniques n'a eu d'autre choix que de rester à sa place. Il a pris à plusieurs reprises quelques mètres d'avance sur son leader, avant d'attendre celui-ci. Curieux comme la supériorité manifeste du tandem de luxe de la Royal Sky Force peine à se départir d'une certaine confusion dans les moments clés. Que retenir? La domination des deux hommes, assez nette? Ou la drôle d'impression laissée par une complicité pour le moins hasardeuse.
Bradley Wiggins a livré sa version de l'ascension finale après l'arrivée. Sans se contredire aussi ouvertement qu'il ne l'avait fait à La Toussuire après l'accélération de Froome, qui l'avait mis un instant en difficulté. Cette fois, Wiggo a plaidé coupable. S'il a peiné à suivre par séquences le rythme de son camarade, c'est d'abord par manque de concentration. Une façon, au passage, de ne pas justifier ses difficultés à suivre son lieutenant par une supériorité de ce dernier. "Au moment où nous avons passé Peyresourde, explique-t-il, je me suis autorisé pour la première fois à penser que j'avais gagné le Tour de France. Je me suis un peu déconcentré, et je suis sorti du registre de la performance, alors que Chris m'encourageait à creuser l'écart encore. Mais j'étais juste dans un autre monde, je pensais à ma famille."
"Chris est un grimpeur incroyable"
Froome, lui, ne pensait qu'à la victoire. A défaut de pouvoir se mêler pleinement à la lutte pour le maillot jaune, perspective que sa propre équipe lui a refusée, il s'est dit que cette étape pourrait être pour lui. C'est d'ailleurs dans cette perspective que Wiggins a roulé à bloc à quatre kilomètres de l'arrivée, au pied de la dernière ascension. Mais là encore, la confusion a régné. "On a parlé de Nibali, on a vu qu'il n'était pas bien, poursuit le maillot jaune. Ce qu'on craignait jusque-là, c'était une attaque de sa part dans la dernière montée, on pensait qu'il voulait gagner l'étape. Chris aussi pensait au succès d'étape. Mais on n'était pas certain des écarts, il y a eu comme une hésitation. D'autant que j'ai été surpris qu'on soit tous les deux devant."
"On parlait de qui était là, qui n'était pas là, confirme Froome. Je lui disais: 'Continue, on y est presque. On est dans une position fantastique, on y va'". Le problème avec ces deux-là, c'est que les situations sont si curieuses qu'elles laissent forcément place à l'interprétation. Froome l'assure, il n'a jamais eu l'intention de filer en solitaire pour aller chercher l'étape. "Le plan, c'était qu'on reste ensemble.C'est mon boulot, aucun problème. Brad est plus fort dans les contre-la-montre. Il est notre leader", assure-t-il. Le Kenyan blanc s'est-il sacrifié jeudi alors que manifestement, l'étape lui tendait les bras? "Nous faisons tous des sacrifices pour le maillot jaune sur ce Tour. Mark Cavendish aussi fait des sacrifices. Je suis venu pour l'aider et c'est ce que j'ai fait. Je n'ai aucun regret." Jusqu'au bout, Froome aura donc sacrifié ses ambitions, générales et quotidiennes.
Désormais assuré, sauf très improbable catastrophe, d'aller au bout de son rêve, Bradley Wiggins peut se laisser aller à un appuyé pour son compère. Pas trop appuyé, quand même. Juste ce qu'il faut. Malgré l'évidence, il ne reconnait qu'à demi-mots la supériorité de Froome en montagne: "Peut-être est-il plus fort en montagne. Je ne suis pas un vrai grimpeur, je suis un chronoman qui grimpe. Chris est un grimpeur incroyable." Doublé, pourrait-on ajouter, d'un employé obéissant. Christopher Froome est même allé jusqu'à forger l'hypothèse d'un maintien des rôles en 2013, lui qui affirmait voilà encore quelques jours que Wiggins saurait lui rendre la pareille. "Tant que l'équipe me demandera de faire ça, je le ferai. Si c'est nécessaire, je le ferai encore l'an prochain". Chiche, Chris?
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