Garmin, la roue a tourné

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Après un début de Tour cauchemardesque, Garmin a retrouvé le sourire avec la victoire de Millar à Annonay. Une vraie renaissance pour une équipe en lambeaux.

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Crédit: Eurosport

Du baume sur des plaies béantes. Après onze étapes sinistres au pire, anonymes au mieux et un début de Tour en forme de chemin de croix, Garmin a sauvé son tour. Presque contre toute attente. En onze journées de course, l'équipe américaine a laissé beaucoup de gomme sur le bitume et une grande partie de ses ambitions. Entre Saint-Quentin et Metz, elle a perdu son leader Ryder Hesjedal, lauréat du dernier Giro, son grimpeur américain Tom Danielson (8e du Tour l'an dernier) et sa deuxième arme pour les sprints massifs, Robert Hunter. Quant à Tyler Farrar, Johan Vansummeren et Daniel Martin, tous ont chuté dans l'est de la France et perdu énormément de temps. Ce vendredi encore, leurs corps portaient les stigmates d'une première moitié de course cauchemardesque. Un an après un Tour 2011 en tout point abouti avec quatre victoires d'étape et le classement par équipes, les hommes de Jonathan Vaughters ont souffert le martyre.
Rideau sur le classement général, corps endoloris, moral en berne et mine défaite, Garmin ne se faisait plus guère d'illusion sur la suite des évènements, persuadée que le mauvais oeil avait choisi sa victime. "Là, je ne vois plus ce qui pourrait faire que ce Tour soit un succès. Tout le monde a le moral dans les chaussettes", se lamentait Allan Peiper avant d'entrer dans les Alpes."On a perdu à peu près toutes nos chances. C'est définitivement une semaine à oublier. J'ai chuté à trois reprises en une semaine quand j'étais coureur, mais je n'ai jamais été dans une équipe qui a eu autant de malchance dans la première semaine d'une course."
"La rage de vaincre" de Millar
Mais David Millar en a vu d'autres. A 35 ans, le coureur britannique a plus d'une fois affronté des vents contraires. L'adversité ne lui fait pas peur. Elle semble même le nourrir : "C'était une question de détermination", a déclaré Millar, qui s'est allongé sur la chaussée pour récupérer après son sprint victorieux face à Jean-Christophe Péraud (Ag2r). Comme son équipe, Millar revient de loin. Après s'être cassé la clavicule en mars, il a souffert d'un virus à l'estomac en début de Tour. Il a, comme son équipe, su se montrer patient. Son directeur sportif a tenu à souligner sa force de caractère : "Il a montré qu'il était un vrai guerrier la rage de vaincre", témoigne Alain Peiper. "On a perdu nos leaders pour le classement général, on a dû changer nos objectifs", a continué Millar. "Je ne m'attendais pas à gagner cette étape, à cause des deux cols de première catégorie au début. Aujourd'hui, on a eu de la réussite".
Cette victoire ne redonne pas seulement le sourire à tout un effectif. Elle permet à Garmin de réussir quoiqu'il se passe désormais son Tour de France. Ce soir à Annonay, seules sept des 22 équipes engagées ont levé les bras. Un bouquet rare donc précieux : "Cela me fait du bien de gagner et c’est aussi bien pour l’équipe qui a eu beaucoup de malheurs depuis le début", a confié le vainqueur du jour. Après avoir fait une croix sur une bonne partie de ses illusions, Jonathan Vaughters a enfin connu un doux moment de répit : "Je suis ému et impressionné par la façon dont cette équipe est revenu de l'enfer", a tweeté le manager de Garmin. Une vraie force de caractère pour déjouer le mauvais oeil.
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