Les résurrections Valverde

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Quatre ans après, Alejandro Valverde a renoué avec le succès à Peyragudes. Un retour au premier plan plein d'émotion pour l'ancien banni de l'affaire Puerto.

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Crédit: Eurosport

Les yeux plein de larmes, Alejandro Valverde peine à réaliser qu'il vient de renouer avec le Tour de France. Il s'apprête pourtant bel et bien à monter sur le podium dressé à Peyragudes pour fêter sa belle victoire. Au terme d'un numéro de virtuose dans les 35 derniers kilomètres, il a résisté aux Sky, bien aidé il est vrai par l'attentisme (imposé ?) de Christopher Froome qui revenait sur ses talons dans les derniers hectomètres de l'étape.
"Alejandro est un champion et un champion ne meurt pas. Quand on a la classe, on l'a à tout jamais". L'hommage est rendu par le directeur sportif de Movistar, Yvon Ledanois, à son coureur qui signe la plus belle de ses victoires après deux ans de suspension pour son implication dans l'affaire Puerto. "Je suis très ému par cette victoire. Elle efface tout le passé, confie Valverde. C'est une victoire très spéciale pour moi : je suis de retour dans ce peloton et je gagne à  nouveau, comme je le faisais avant". Quatre ans qu'il rêvait d'un nouveau podium sur le Tour, depuis sa victoire à Plumelec en 2008 - la victoire à Super-Besse lui ayant été attribuée à retardement après la suspension de Riccardo Ricco. Celle-ci a peut-être un goût encore plus fort que ses trois précédentes.
Trois chutes en deux jours
Valverde et le Tour de France, c'est un peu 'je t'aime moi non plus'. Longtemps, la Grande Boucle eut sa préférence, mais elle s'est toujours refusée à lui, lui faisant les pires misères comme cette stupide blessure au genou en 2005 qui le contraint à l'abandon alors qu'il venait de signer un succès convainquant à Courchevel devant Lance Armstrong. Jadis surnommé El Imbatido, Valverde n'avait qu'une ambition dans la vie: remporter le Tour de France. De blessures en chutes (fracture de la clavicule en 2006), de joies (deux jours en jaune en 2008) en désillusions (privé du Tour 2009 qui passait en Italie), son meilleur résultat reste une sixième place en 2007. Longtemps il refusa l'évidence : il n'était pas fait pour cette exigeante course estivale de trois semaines.
Pour fêter son retour sur la grande scène, le Tour 2012 lui a rejoué la même sérénade : trois chutes en deux jours en début d'épreuve et deux semaines traversées en fantôme. "Ce Tour a été très difficile, pour moi et pour l'équipe, reconnaît le Murcien. Je suis tombé trois fois en deux jours. Je m'en suis ressenti sur tout le corps." Une blessure physique et morale qui auront mis du temps à se résorber. "J'ai beaucoup essayé, jusque-là ça n'avait pas marché. Mais il fallait continuer à combattre la malchance," avance-t-il. Et c'est dans ces Pyrénées qu'il affectionne peu, lui qui redouta longtemps la pression des supporters ibériques le long des routes, qu'il a retrouvé de sa superbe. Aux côtés des favoris, l'ancien double vainqueur de Liège-Bastogne-Liège avait déjà paru bien en jambes mercredi. Jeudi, il a joué son va-tout sur un tracé à sa mesure.
"Je n'ai jamais arrêté de travailler"
"C'était une étape difficile. On a beaucoup tenté sans réussir à creuser un écart, explique le coureur Movistar au micro d'Eurosport après une chevauchée en solitaire dans le Port de Balès et vers Peyragudes. "Dans le final, j'ai pensé à donner tout ce que je pouvais donner, à puiser dans mes réserves. Je me suis dit que j'allais me faire rattraper. Mais quand j'ai vu que j'étais tout seul... c'était une sensation indescriptible !" Pourchassé par les Liquigas et les Sky, le super-combatif du jour a réussi à conserver 18 secondes sur la ligne. "Je dédie cette victoire à ma famille et à toute mon équipe", a ajouté l'Espagnol avant de remercier ses supporters sur Twitter : "Votre soutien a énormément compté dans les moments difficiles. Je partage cette victoire avec vous aujourd'hui".
Valverde avait déclaré, lors de sa victoire sur le Tour Down Under, sa première après son retour de suspension en janvier, que c'était un moment "très émouvant" et "important". Jeudi, ses émotions ont franchi un nouveau palier, tout comme son retour en grâce. "Pendant deux ans, j'ai arrêté la compétition, mais je n'ai jamais arrêté de travailler. C'est ma cinquième victoire de la saison. Elles sont toutes émouvantes. C'est pour cela que, sur le podium, j'étais sur un nuage et que je n'ai pas pu retenir mes larmes", admet-il.
"J'ai purgé ma sanction. Maintenant, je veux regarder vers l'avenir", confiait-il en début d'année, lui qui n'a jamais cessé de s'entraîner et a même parfois rejoint ses coéquipiers en stage dans la plus grande discrétion. Pour repartir de zéro, Valverde renaît donc sur une arrivée inédite, au terme d'un numéro dont on le sut longtemps capable. Et à 32 ans, l'ancien champion d'Espagne montre qu'il n'a rien perdu de son panache. Ses ambitions, elles, sont toujours intactes: les Jeux olympiques, la Vuelta, les Mondiaux, il ne sait que choisir. Tant de choses à rattraper...
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