Nibali, le poil à gratter

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Face aux machines Cadel Evans et Bradley Wiggins, Vincenzo Nibali est condamné à enflammer la course en montagne. Cela tombe plutôt bien, le Sicilien a pris l'habitude de prendre le taureau par les cornes.

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Crédit: Eurosport

Il est le troisième homme, l'alternative. Celui qui peut permettre à ce Tour de France d'échapper au duel de rouleurs Bradley Wiggins/Cadel Evans. En l'absence d'Alberto Contador et Andy Schleck, Vincenzo Nibali se présentera à Liège samedi dans le rôle du dynamiteur, avec, pour la première fois sur les routes du Tour, le maillot jaune comme seul objectif. Lui, l'audacieux Squale, chantre du panache et de l'offensive, n'aura d'autres recours que celui de faire exploser la course quand la route s'élève. Les 100 kilomètres de chrono et les qualités de rouleur de ses deux principaux adversaires ne lui laisseront pas le choix. Il devra "improviser, jeter le désordre", selon les mots de son directeur sportif, Stefano Zenatta, cité dans l'Equipe.
"Vous me connaissez, si je suis en condition, j'attaquerais", promet l'Italien sur VeloNews. "Je sais que je peux dynamiter la course." C'est qu'en matière de course décantée, le leader de Liquigas en connait un rayon. Petit flash back : l'an dernier sur le Tour de Lombardie, il lâche Philippe Gilbert dans le Madonna del Ghisallo à 45 kilomètres du but avant de craquer dans le final. En avril dernier, sur Liège-Bastogne-Liège, rebelote. Raid solitaire dans la Roche aux Faucons à 20 kilomètres de l’arrivée, avant de coincer de nouveau. "J'aime suivre mon instinct et n'en faire qu'à ma tête", admet-il. "Mais c'est comme ça, c'est mon côté sicilien." Zenatta lui répond en écho : "Il sait prendre des risques, dont celui de se tromper mais parfois avec de grands résultats à la clé."
"Défendre le plus possible en contre-la-montre"
Quid sur ce Tour de France ? Nibali sait qu'il ne grignotera rien sur Wiggins et Evans sur les chronos. Bien au contraire. Sur le chrono de 53 kilomètres du Critérium du Dauphiné, le lauréat de la Vuelta 2010 a lâché 3'30" à Wiggins et 1'42" à Evans. Même si son pic de forme est prévu pour juillet, l’écart est significatif. "Je vais devoir défendre le plus possible dans les contre-la-montre", reconnait-il lucide dans l'entretien exclusif qu'il nous a accordés. Il sera donc contraint d'attaquer dans les Alpes et les Pyrénées. "Entre les montagnes, je dois chercher à gagner les secondes les plus importantes sur les coureurs comme Wiggins, Evans ou Menchov. Ce sera bien entendu difficile puisque je devrais évoluer en fonction des conditions de course qui se présenteront."
S'il n'est pas un pur grimpeur, Nibali sait soutenir la comparaison avec les meilleurs dans les cols. Son plus gros point fort reste ses qualités de descendeur. Il est un des meilleurs spécialistes du peloton. C'est dans cet exercice sur les routes du Giro 2010 qu'il distance Basso, Scarponi et... Evans dans la descente du Monte Grappa avant de s'imposer en solitaire. "L'attaque en descente se fait pour différentes raisons", nous a-t-il confié. "Si on voit un coureur en difficulté, ou si on cherche à gagner quelques secondes. Toutes les descentes ne sont pas bonnes pour attaquer." Tête brûlée oui, inconscient non.
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