Les occasions ne sont plus légion. Celle-ci est sans doute la plus belle. Ce mercredi entre Pau et Bagnères-de-Luchon, les rivaux de Bradley Wiggins se verront offrir un terrain parfait pour tenter de déstabiliser le Team Sky. Quatre cols XXL, plus de 5000 mètres de dénivelés, une chaleur torride, cinquante derniers kilomètres sans une borne de plat et une descente finale de 16 kilomètres : l'étape reine des Pyrénées offre un terrain propice à l'audace et au panache.
Aubisque, Tourmalet, Aspin, Peyresourde : quatre mythes qui filent la chair de poule. Bien sûr, les deux montées les plus sévères (les deux cols hors catégorie) seront servies en entrée. Mais l'Aubisque et le Tourmalet vont user les jambes et écrémer le peloton. En entamant l'ascension du Tourmalet (19 km à 7,4% de moyenne), le peloton n'aura plus beaucoup de plat à se mettre sous la dent. Et Nibali ou Evans pourraient être tentés de profiter de ses pourcentages diaboliques (près de 10% de moyenne lors des trois derniers kilomètres) pour lancer l'offensive très tôt et mettre à mal un Wiggins qui a peiné sur les pentes de La Toussuire.
Wiggins ne craint pas la chaleur
"C'est une ascension aussi difficile que les autres", tente de dédramatiser Wiggins. "Le Tourmalet, c'est une montée, il y a du goudron, peu importe le nom que ça a. Il faut la monter en vélo, peu importe où l'on est." Le col d'Aspin et le col de Peyresourde sont certes plus courts mais leurs caractéristiques générales cachent une réalité. Après 8 kilomètres de faux plat, le col d'Aspin se conclut par près de 4 kilomètres à 8% de moyenne. Les deux premiers kilomètres de Peyresourde sont trompeurs et sans eux, le col final propose un pourcentage moyen de 8% avec des passages à plus de 10%.
L'arrivée à Bagnères-de-Luchon au terme d'une descente de 16 kilomètres favorise forcément Vincenzo Nibali, l'un des tous meilleurs spécialistes du genre. Autant dire que cette 16e étape est celle de tous les dangers pour Sky et Wiggins. D'autant que la chaleur pourrait bien jouer un rôle crucial. Des températures de 30° à 32° sont annoncées ce mercredi et les organismes seront mis à rude épreuve. Pas de quoi effrayer Wiggins a priori : "On y est préparé. On s'est entraîné à Tenerife cette année et il faisait bien plus chaud que ça. On n'a pas laissé ça au hasard." "Il y aura sûrement des défaillances", prévient de son côté Pierre Rolland. "Ça fait longtemps qu'il n'a pas fait aussi chaud." Des défaillances qui pourraient dessiner le classement général de contours beaucoup plus nets.



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