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Wiggins est partout
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Publié 14/07/2012 à 18:58 GMT+2
Bradley Wiggins s'est mué en... poisson-pilote pour son coéquipier Edvald Boasson Hagen dans le dernier kilomètre de la 13e étape du Tour de France samedi. Une séquence étonnante de la part d'un maillot jaune.
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Bradley Wiggins a inventé samedi le concept de poisson-pilote maillot jaune. Image rare que celle d'un leader du Tour de France roulant à bloc pour tenter d'emmener un de ses équipiers au sprint sur une étape de plaine, à la veille de l'entrée dans les Pyrénées. Soudain, dans les rues du Cap d'Agde, on a retrouvé le pistard.
C'est en effet un formidable numéro de poursuiteur que le Britannique a réalisé dans les deux derniers kilomètres de cette 13e étape. Dans sa roue, non pas Mark Cavendish, distancé depuis le Mont Saint-Clair à plus de vingt kilomètres de l'arrivée, mais Edvald Boasson Hagen. Le coup n'a pas fonctionné, le Norvégien ayant fini troisième du sprint derrière Greipel et Sagan, mais le travail de Wiggins restera comme une des images de la journée.
"J'ai juste essayé d'aider Edvald"
Cet altruisme du leader de l'équipe Sky n'est pas passé inaperçu. "C'est effectivement extraordinaire de voir ça mais il ne faut pas oublier que Boasson Hagen est une des perles du peloton. Il est en train de se transformer en équipier sur ce Tour et c'était l'occasion aujourd'hui pour Wiggins de le remercier d'une certaine façon", juge le patron du Tour de France, Christian Prudhomme. "J'ai juste essayé d'aider Edvald. Il a été super pour moi cette semaine, et c'était pour lui rendre un peu tout le travail qu'il a accompli pour moi", confirme Wiggins.
Mais le maillot jaune l'admet, s'il a agi de la sorte, c'est, aussi, par intérêt personnel. En roulant à bloc en tête du peloton, il évite de frotter. D'une certaine façon, c'est l'endroit idéal pour se protéger, comme il l'a expliqué: "Je voulais rester en dehors des problèmes qu'il peut y avoir dans les deux-trois derniers kilomètres. Il valait mieux être devant. C'est mieux, parfois, de faire un effort en première position que d'être loin, en vingtième ou trentième position, et d'être exposé à une cassure. Là, c'étaient juste 500 mètres..." Quand on peut allier l'utile à l'agréable, se protéger tout en rendant service, pourquoi se priver?
Comme en Romandie
Reste qu'à force de tout régenter, Bradley Wiggins n'est pas forcément en train de se faire des amis dans le peloton. Vendredi, dans le Granier, on l'a vu revenir en personne sur Jérôme Coppel, pas nécessairement une menace directe pour lui au classement général. Samedi, son travail a condamné les deux derniers coureurs en tête dans le dernier kilomètre, dont Luis Leon Sanchez (Rabobank), qui n'a pas franchement eu l'air d'apprécier de voir le maillot jaune himself se charger d'une telle mission. Quelques minutes après, l'Espagnol s'est néanmoins fendu d'un tweet pour... demander pardon au Britannique pour son geste. "Il est le leader de la course alors son équipe et lui ont le droit de faire ce qu'ils veulent", a-t-il écrit.
"Je suis désolé pour lui car c'est un coureur que j'apprécie, mais je me dois d'abord à mon équipe, a confié pour sa part Wiggins à ce sujet. Je devais bien ça à Boasson Hagen pour tout ce qu'il a fait pour moi". Quoi qu'il en soit, Bradley Wiggins, lui, a pris du plaisir dans ce final. "C'était comme me retrouver sur la piste, s'est-il amusé, et ça m'a rappelé un peu mon sprint victorieux lors du Tour de Romandie cette année". Il roulait, on savait qu'il s'était mis à grimper, mais s'il commence à se mêler des sprints, que va-t-il bien pouvoir laisser aux autres? Pour autant, il réfute cette étiquette de patron: "Je ne pense pas que ce soit important pour le peloton d'avoir un 'boss', mais plutôt d'avoir des voix qui portent. Il y a eu des patrons dans le passé, ils n'inspiraient pas forcément du respect, il pouvait y avoir de la crainte. Le premier coureur comme le dernier sont importants. On fait tous le même travail, au même niveau."
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