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Affaire FIFA : La FIFA oublie la corruption et ça l'arrange bien

La FIFA oublie la corruption et ça l'arrange bien

Mis à jourLe 21/12/2015 à 21:03

Publiéle 21/12/2015 à 21:03

Mis à jourLe 21/12/2015 à 21:03

Publiéle 21/12/2015 à 21:03

Article de Loris Belin
Dans cet article

La commission d'éthique de la FIFA a suspendu Sepp Blatter et Michel Platini pour huit ans, sans retenir le qualificatif de corruption, celui qui aurait pu justifier le bannissement à vie de Sepp Blatter et Michel Platini mais aussi exposer l'institution à d'autres affaires.

Huit ans de suspension, c'est donc la sanction retenue par la commission d'éthique de la FIFA à l'encontre de Michel Platini et de Sepp Blatter. Une sanction importante mais inférieure à celle du bannissement à vie jusqu'ici évoquée. Et pour cause… Les faits de corruption n'ont finalement pas été retenus par la commission dans son jugement final. Face aux dévoiements de l'ère Blatter, la FIFA n'est pas allée jusqu'au bout de ses possibilités, certainement pour des raisons juridiques.

"La corruption est une exception au caractère imprescriptible des faits", explique Simon Le Reste, avocat au barreau de Paris et docteur en droit du sport. Sur ce terrain, une affaire peut toujours être jugée, quelle que soit l'antériorité des faits. Au contraire, "sur le caractère de conflit d'intérêt, la FIFA ne peut sanctionner que les infractions qui remontent aux dix dernières années. Ne pas retenir le qualificatif de corruption permet indirectement à la FIFA de ne pas avoir à revenir sur des dossiers anciens mais toujours sensibles, comme l'attribution de précédentes Coupes du Monde."

Le motif de corruption aurait pu permettre d'ouvrir de vieilles affaires

"En retenant la corruption, les faits en principe prescrits auraient pu être débattus en appel, éventuellement devant le TAS ou le Tribunal fédéral suisse, poursuit Simon Le Reste. Il y avait un nouveau risque de grand déballage devant des instances internes et externes à la FIFA." Alors que des accusations de pot-de-vin pour l'attribution de la Coupe du Monde 1998 en France et de 2006 en Allemagne ont déjà été révélées, la FIFA aurait pu être ébranlée par de nouvelles instructions entraînées par le dossier Platini – Blatter.

"En retenant simplement le conflit d'intérêt, la chambre de jugement limite le débat puisque les différents recours ne traiteront en principe pas de la corruption et donc des faits prescrits", enterre Simon Le Reste. Platini et Blatter se voient plus modestement reprocher les mêmes faits : "abus de position" et "conflit d'intérêt". Ils échappent ainsi à la plus lourde sanction possible car la FIFA s'est protégée d'elle-même et de possibles dérapages. Pas certain toutefois que Michel Platini, quasiment hors course pour la tête de la fédération internationale, s'en réjouisse.

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