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Les Bleus en catimini
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Publié 24/06/2010 à 12:47 GMT+2
Arrivés peu avant 11h50 à l'aéroport du Bourget, les Bleus se sont rapidement éclipsés sans dire un mot. Protégés par un dispositif de sécurité impressionnant, certains joueurs de l'équipe de France sont partis en jet privé. Tenus à distance, les rares supporters présents sont repartis frustrés.
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Crédit: Eurosport
Après leur fiasco au Mondial, l'équipe de France était attendue de pied ferme à l'aéroport du Bourget. Mais pas vraiment par les supporters. Forcement déçus, ils étaient quelques 150 à 200 seulement à les attendre à leur retour d'Afrique du Sud peu avant 11h50. En revanche, les forces de l'ordre et les journalistes étaient s'étaient déplacés en nombre. Des véhicules de gendarmes mobiles et des cars de CRS étaient stationnés autour du terminal d'aviation d'affaires du Bourget et sur le tarmac. Une vingtaine de caméras de télévision et de télé-objectifs d'équipes de journalistes étaient alignés sur une terrasse d'un bâtiment du Musée de l'air et de l'espace du Bourget. Une scène impressionnante et surréaliste digne des pires prises d'otages.
Les joueurs, eux, sont sortis par la petite porte. A l'image d'un groupe explosé, ils sont partis chacun de leur côté. Une fois débarqués de l'avion jaune et bleu de la compagnie Europe Airpost, des joueurs et des membres de l'encadrement des Bleus ont pris deux autobus de débarquement sous escorte de véhicules de la gendarmerie vers la sortie VIP de l'aéroport. Raymond Domenech est rentré seul chez lui. Quant à Thierry Henry, il est arrivé vers 12h30 à l'Elysée pour s'entretenir avec le président Nicolas Sarkozy. Une Renault Espace sombre escortée par des motards l'avait directement emmené du Bourget au palais présidentiel. A l'Elysée, le véhicule est entré par la grille du Coq, sur l'avenue Gabriel, derrière le palais, à l'écart de toute caméra. De son côté, Franck Ribéry a pris un avion privé pour Munich où il doit être opéré de l'aine. C'est aussi le moyen choisi par Hugo Lloris, Sidney Govou et Robert Duverne pour rejoindre Lyon. Des jets sans doute affrétés par leurs clubs respectifs qui leur permettent de s'échapper sans le moindre mot.
Henry, direction l'Elysée
Les Bleus, sans Florent Malouda -arrivé jeudi matin à Londres-, ont quitté l'Afrique du Sud mercredi soir au lendemain d'une élimination du Mondial 2010 aux allures de désastre et à la veille de la grande explication attendue de tous les acteurs du fiasco. A leur arrivée, très peu de supporters ont donc fait le déplacement. Et ceux-là n'auront pas eu la chance de les apercevoir et exprimé leur "écoeurement". Michaël Jérôme, 27 ans, venu de Chelles portait un maillot français barré de la mention "Divorce". "Je suis venu ici pour leur montrer mon maillot pas pour leur parler. Je n'ai rien à leur dire. Ce sont des oies gavées de thunes", a-t-il déclaré à l'AFP. Shérif Amdi, 32 ans, a jugé que les Bleus avaient "fait n'importe quoi" en Afrique du Sud. S'il avait pu leur parler, il leur aurait "dit qu'ils ont déconné (et) sali le maillot français". Souhel, 13 ans, s'est dit "écoeuré", car il était venu "soutenir" les footballeurs "partis par une autre sortie".
Mercredi, Nicolas Sarkozy a réclamé la tenue en octobre d'états généraux du football français et demandé au gouvernement de veiller à ce que les Bleus ne touchent "aucun avantage financier" après ce "désastre". Le président de la République s'est entretenu avec François Fillon, son Premier ministre, Roselyne Bachelot, ministre des Sports et Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, après ce tournoi catastrophique, sur et en dehors du terrain, qui a provoqué une vague planétaire de sarcasmes. "Le retrait de Jean-Pierre Escalettes, je ne l'ai pas souhaité mais je le trouve aujourd'hui inéluctable", a fait savoir ce matin Roselyne Bachelot sur RTL. L'Elysée avait en outre annoncé que le président de la République recevrait Thierry Henry, ex-capitaine des Bleus "jeudi dans la matinée" à l'Elysée.
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