La taupe mais pas d’excuses : comment Evra et compagnie restent bloqués en 2010 à Knysna
Par Maxime Dupuis
Mis à jour 13/05/2026 à 16:25 GMT+2
Dans le documentaire "Le bus : les Bleus en grève", Raymond Domenech, Patrice Evra ou encore William Gallas reviennent sur la grève de Knysna, crash moral ultime de l’histoire des Bleus. Seize ans après, toujours pas d’excuses mais une même obsession : trouver une taupe… qui n’existe pas.
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Video credit: Eurosport
"Ça repose sur la connerie". L’assertion, signée François Manardo, est peut-être ce que l’on aura entendu de plus sensé dans "Le bus : les Bleus en grève", le documentaire de Netflix sur la grève de Knysna. Connerie parfaitement partagée et à parts globalement égales entre Raymond Domenech, ses joueurs (ou plutôt les joueurs, tant ceux-ci s’étaient éloignés du sélectionneur) et la Fédération Française de Football, dirigée alors par feu Jean-Pierre Escalettes, président dépassé par des événements qui n’auraient jamais eu lieu si, dès le crash de l’Euro 2008, la FFF avait pris la seule décision qui s’imposait : tourner la page Domenech.
Ce que l’on n’a pas entendu dans le documentaire, et qu’une partie des spectateurs attendait sans doute, ce sont des excuses en bonne et due forme. Ou, à défaut d’excuses, un début de mea culpa qui, seize ans après les faits, aurait redonné un peu foi en l’humanité. À la place, et durant plus de 80 minutes, Patrice Evra et William Gallas, pour ne citer qu’eux, et Raymond Domenech – armé de son journal intime – ne font que se renvoyer la balle et accuser l’entité adverse de tous les maux, avec François Manardo, chef de presse des Bleus à l’époque, en arbitre des inélégances.
Il est d’ailleurs assez ironique d’entendre Patrice Evra regretter de ne pas avoir pu s’excuser devant la France en raison du comportement de Raymond Domenech qui, au lendemain de la grève de Knysna et à la veille d’Afrique du Sud – France, avait semé son capitaine sur la route de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match. Lui et les autres ont eu deux ou trois autres occasions de le faire par la suite.
Duverne, le seul touché
Les excuses, c’est d’ailleurs ce qu’il manque à ce documentaire, très riche au demeurant. Pourquoi diantre William Gallas ou Raymond Domenech notamment, ne peuvent-ils pas assumer l’évidence une bonne fois pour toutes et le crash moral dont ils sont tous responsables ? Le seul à être sincèrement touché parce qu'il a vécu dans la douce cité balnéaire de Knysna se nomme Robert Duverne, préparateur physique des Bleus sans chronomètre. Les autres ? Du moins, ceux qui parlent aujourd’hui ? Non. L’heure reste à la victimisation, à mettre toute la faute sur le dos de "L’Équipe" et de sa Une.
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Le bus des Bleus lors de la grêve de Knysna
Crédit: Getty Images
L’autre accusée dont on ne connaît toujours pas l’identité, mais qui fait l’objet d’une intense recherche encore aujourd’hui, c’est la fameuse "taupe", "le traître" que Patrice Evra, éphémère capitaine des Bleus, tentait déjà de débusquer sur le mal nommé "Field of Dreams" où l’équipe de France s’entraînait lors du Mondial 2010. Aujourd’hui encore, c’est une obsession pour Gallas and co. Si bien que les acteurs du documentaire vont même jusqu’à dévoiler leurs suspects potentiels avec une naïveté presque confondante.
On ne vous spoilera pas les patronymes avancés, parce que ce serait gratuit et ça vous gâcherait le plaisir. Mais il est assez sidérant de penser que certains joueurs pensent encore que l’un des leurs les a trahis au cœur de la Coupe du monde. Un couteau sous le maillot, prêt à poignarder une équipe qui n’avait pas besoin de ça pour s’écrouler. C’est bien connu : "Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt".
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