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Libérés d'un poids
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Publié 08/07/2010 à 15:08 GMT+2
Sans Michael Ballack, l'équipe d'Allemagne a réussi une belle Coupe du monde, malgré une élimination en demi-finale face à l'Espagne (1-0). L'absence du capitaine habituel de la Nationalmannschaft a permis à cette équipe de se transformer. Désormais, l'avenir s'écrit sans lui.
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Dans un fauteuil. C'est ainsi que Michael Ballack a suivi la demi-finale de Durban, perdue par l'Allemagne face à l'Espagne (0-1). Et chez lui, pas dans le stade comme lors du quart de finale contre l'Argentine. Le joueur de 33 ans a quitté l'Afrique du Sud la veille de la demi-finale. A en croire Franz Beckenbauer, sa présence à l'hôtel des vingt-trois pouvait d'ailleurs être perçue comme en encombrante... Au-delà des polémiques, il y a le terrain. Comme l'ensemble des observateurs et des supporters de la Nationalmannschaft, le milieu Chelsea - qui va revenir à Leverkusen - n'a sans doute pas reconnu l'équipe qui avait atomisé l'Angleterre (4-1) puis l'Argentine (4-0) aux tours précédents. Celle qui s'avançait vers la montagne espagnole avec une confiance accrue mais qui, mercredi, a fait allégeance à un adversaire bien plus fort. Y avait-il grand chose à faire face à cette Furia Roja ? De l'avis de Joachim Löw et des joueurs qui ont fait face aux champions d'Europe en titre, pas vraiment.
"On a été obligé d'allonger le jeu à chaque fois pour sauter le milieu de terrain, a regretté Joachim Löw. On a été incapables de récupérer les ballons et de se projeter rapidement vers l'avant." L'Espagne allait trop vite et, surtout, n'a quasiment pas fait d'erreur. Installé dans son fauteuil, Michael Ballack a certainement trépigné. Son expérience et sa conservation du ballon auraient peut-être permis à la Nationalmannschaft de casser le rythme imposé par l'Espagne. Peut-être. Mais on ne le saura jamais. D'ailleurs, qu'importe, Ballack n'était pas là. Point barre. Jusqu'à ce match, ce n'était pas plus mal. Il n'est même pas certain qu'il reviendra.
Son plus grand service à la nation
Avec 98 sélections au compteur, Michael Ballack a été incontournable du début du XXIe siècle jusqu'à ce mois de juin 2010. Il ne l'est plus. Vu comme un drame national, son forfait sur blessure (cheville) a finalement été une bénédiction. Le plus grand service que pouvait rendre Ballack à la nation, c'était de ne pas être en Afrique du Sud. En son absence, Löw a dû revoir ses plans et faire jouer son équipe autrement. Mieux et plus vite. Sur le terrain, le sélectionneur a pu aligner une paire de récupérateurs-relayeurs composée de Sami Khedira et de Bastian Schweinsteiger, positionné à son poste de prédilection et qui, mis à part face à l'Espagne, a réussi une très grande compétition. La défection de Ballack a également permis l'éclosion de Mesut Özil ou de Thomas Müller qui repartiront d'Afrique du Sud avec un statut d'incontournables.
Ecrasant la sélection de tout son poids et de son autorité depuis des années, Ballack a laissé une place vacante, dans laquelle ses lieutenants tels que Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger et Lukas Podolski se sont engouffrés. Calife à la place du calife, le premier nommé, qui a hérité du brassard de capitaine, a d'ailleurs d'ores et déjà annoncé qu'il ne le rendrait "pas de son plein gré". Il peut se le permettre. Et le sélectionneur, quel qu'il soit, aura bien du mal à le lui retirer. La jeunesse a pris les commandes, imposé une nouvelle manière de voir et, comme l'a répété plusieurs fois Joachim Löw mercredi soir, a de l'avenir. Beaucoup d'avenir. Certains espèrent à voix haute qu'il s'écrira sans Michael Ballack. Lothar Matthaus jugeait, avant la demi-finale face à l'Espagne, que "Michael montrerait qu'il est un grand monsieur s'il disait maintenant 'l'équipe est assez forte sans moi, je quitte définitivement la sélection pour me concentrer sur le Bayer Leverkusen'".
L'exemple de Jacquet
Au milieu des années 1990, un autre sélectionneur d'une autre équipe nationale avait décidé de se priver de l'un de ses meilleurs joueurs. Celui-ci, à la personnalité trop marquée et écrasante, avait été laissé de côté pour permettre aux jeunes pousses de se développer. Ce joueur, c'était Eric Cantona. Cette équipe, la France. En décidant d'écarter l'idole d'Old Trafford après un coup du sort imprévu (une longue suspension, en janvier 1995), Aimé Jacquet avait fait le pari de la jeunesse. Alors que celle-ci, à la différence de cette Allemagne 2010, n'avait rien prouvé, il avait préféré donner les clés aux jeunes Zidane et Djorkaeff qui auraient pu être inhibés par la stature de "Canto". La suite ne lui a pas donné tort.
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