"Le temps passe vite"

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Avec 113 sélections, Lilian Thuram se rapproche du record de Marcel Desailly. Une barre qu'il espère dépasser au Mondial. Pour cela, il compte sur la solidité défensive affichée par les Bleus, même s'il avoue que son entente avec William Gallas n'est pas

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LILIAN THURAM, on a vu une équipe de France beaucoup plus en jambes face au Danemark...
L.T. : Oui. Ce qui s'explique par le fait que nous sommes mieux physiquement. On récolte les fruits de notre travail. Face au Mexique, on revenait de Tignes où on avait fait beaucoup d'efforts. Maintenant, ça va un peu mieux. On avait quand même escaladé un sommet à plus de 3000 mètres d'altitude, ce qui n'était pas l'idéal pour préparer ce genre de match. Contre le Danemark, on était plus en jambes, ce qui était d'autant plus important que l'adversaire était d'un niveau supérieur au Mexique.
Sentez-vous une montée en puissance ?
L.T. : Oui. Tout le monde est conscient que le Mondial arrive à grands pas et qu'il va falloir gérer tous les problèmes qu'il pourrait y avoir. Le groupe est sain, et j'espère que dans les semaines à venir ce sera encore le cas parce que ça va être de plus en plus difficile. Il y aura les choix de l'entraîneur et plein de nouveaux paramètres à accepter. Si on continue sur cette lancée, ce sera une bonne chose.
L'équipe qui a débuté contre le Danemark se rapproche-t-elle de l'équipe type qui débutera le Mondial ?
L.T. : Je ne sais pas si l'on se rapproche de l'équipe type. Il reste un match contre la Chine pour procéder à des réglages, même s'il est évident que l'équipe qui a débuté contre le Danemark ne devrait pas être très différente de celle qui affrontera la Suisse. Vous avez pu voir (mercredi) soir une équipe qui a très bien défendu, qui a su attendre calmement, même si quelque fois on a pu avoir l'impression que le Danemark prenait le contrôle du ballon. On a eu pas mal d'occasions. Globalement, je pense donc que cela a été un très bon match de préparation.
Comment jugez-vous l'ambiance au sein du groupe après deux semaines de vie commune ?
L.T. : Les choses se font naturellement. Le stage à Tignes a vraiment été une bonne chose car on a appris à se connaitre. Je pense que grâce à cette semaine passée tous ensemble, les nouveaux comme Pascal Chimbonda ou Franck Ribéry n'ont pas vraiment eu de problèmes pour s'intégrer dans le groupe. Pour l'instant tout se passe très bien et j'espère que ça va continuer comme ça car c'est dans la compétition qu'on connait vraiment la qualité d'un groupe. Il faudra alors gérer pas mal de problèmes. Et si chacun est capable de se mettre à la disposition du groupe, ce sera extraordinaire car c'est la base de tout.
Quels sont les points positifs à retenir de ces matches de préparation ?
L.T. : Les points positifs sont les mêmes que face au Mexique. C'est-à-dire que, sur le plan défensif, on voit que l'équipe forme déjà un bloc, c'est très important. On n'a pas encaissé de but lors de nos deux derniers matches. C'est essentiel pour aller loin dans une compétition comme une Coupe du monde. Il y a vraiment une envie de se replacer. C'est là-dessus qu'il faut avancer.
Comment se passe votre association avec William Gallas ?
L.T. : Ça se passe assez bien... bien que j'ai parfois eu quelques difficultés et quelques flottements. Petit à petit, on essaie de bien s'entendre. On doit beaucoup se parler car il n'y a pas encore de réflexes. Nous n'avons que quelques matches ensemble. Parfois on suit alors qu'on ne devrait pas suivre ou on pense qu'il va faire quelque chose alors qu'il ne le fait pas. Donc il y a parfois des difficultés mais, heureusement, on arrive à les rattraper.
N'est-ce pas parce que vous possédez des profils assez similaires ?
L.T. : Non, ce sont des automatismes à avoir. C'est comme un milieu de terrain qui connait la course de ses attaquants. D'une certaine manière, c'est vrai qu'on a un peu la même façon de jouer. C'est un profil complètement différent de celui de Jean-Alain (Boumsong). On a un peu les mêmes attitudes. C'est peut-être d'ailleurs aussi pour ça qu'on le fait parfois jouer arrière latéral... sérieusement.
Au fil des matches, vous vous rapprochez du record de sélections de Marcel Desailly (116)...
L.T. : Maintenant que l'on m'en parle, j'y fais quand même attention. Face au Danemark, c'était la 113e. A chaque match, on me rappelle que je me rapproche de Marcel (Desailly). J'espère que ça va bien se passer. Si je le bats, c'est que ça se sera bien passé au Mondial. Pour l'instant, ça ne me fait rien. Mais, si ça doit arriver, je pense que ce sera quelque chose d'important. Franchement, je vois que le temps passe vite parce que, à Lens, j'ai vu William Gallas et Willy Sagnol qui sprintaient sur une balle en profondeur et je me suis dit en les regardant : "Dire que je sprintais comme ça aussi !".
Vous pensez à ce record ?
L.T. : Si j'avais voulu battre le record, je ne me serai pas arrêté. Mais, maintenant que j'en suis proche, ce serait stupide de ne pas y arriver. Pendant longtemps, il y a un ex-joueur qui me disait qu'il fallait que je reprenne avec l'équipe de France pour battre le record de sélections et je lui demandais pourquoi car je ne voyais pas le rapport. Mais ça lui ferait plaisir...
Pourtant, à vos débuts en équipe de France, vous disiez que Bruno N'Gotty était au-dessus du lot...
L.T. : C'est vrai, il l'était ! Mais justement, ce qui est intéressant pour les jeunes qui veulent réussir, c'est que moi, dès le début, personne ne m'a jamais regardé en me disant "Lui, il va réussir". Ça prouve qu'on peut y arriver avec beaucoup de travail. Il n'y a pas que les meilleurs qui y arrivent.
Comment expliquez-vous cette longévité ?
L.T. : Déjà, personne ne peut arriver à avoir autant de sélections s'il n'y a pas beaucoup de travail derrière. Il y a aussi le fait d'avoir évité les blessures, d'avoir su rester toutes ses années à un niveau où les sélectionneurs successifs ne se demandent pas si vous avez le niveau ou pas. C'est un mélange de tout ça. Mais la longévité, c'est vraiment beaucoup de travail. Si je regardais ça de l'extérieur, je me dirais : "Lui, il a su se remettre en question pour se remettre à niveau".
Un mot sur Franck Ribéry qui s'est intégré très rapidement...
L.T. : Franck Ribéry fait partie d'un groupe et il bénéficie de la bonne ambiance qui y règne. Il n'a pas de problème sur le terrain parce qu'il se sent bien dans le groupe. Ça lui permet, comme contre le Danemark, d'entrée en jeu en étant libéré parce qu'il sait que personne ne le regarde d'un mauvais oeil. Il est jeune et il a beaucoup d'énergie sur le terrain. Maintenant, je pense que chacun de nous est particulier et je crois que chacun apporte beaucoup d'envie, avec la volonté de bien vivre ensemble.
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