Au Parc des Princes, les supporters parisiens sont habitués à voir Pedro Miguel Pauleta voler autour du terrain après avoir fait trembler les filets adverses. Les Portugais aimeraient profiter du même spectacle. Sur les pelouses allemandes, l'attaquant du PSG reste pourtant les pieds collés au sol. Et après avoir marqué un seul but lors de son Euro en 2004 au Portugal, la malédiction continue pour le plus célèbre artificier de la Ligue 1. Les grandes compétitions ne semblent décidément pas être sa tasse de thé.
Depuis le début de la Coupe du monde, Pauleta n'arrive pas à briller. Pourtant tout semblait réuni pour qu'il réalise une belle compétition. Seul en pointe devant trois milieux de terrain talentueux, il devait achever le travail de ses artistes et poursuivre sur la lancée de son année. En effet, sa saison a été grandiose. Meilleur buteur de la Ligue 1 avec 21 réalisations, le numéro 9 lusitanien a battu le record de buts marqués avec la Selecçao. Un record détenu jusque là par la légende Eusebio (41e), demi-finaliste au Mondial anglais en 1966. Il s'est même offert le luxe de terminer meilleur buteur de la zone européenne des qualifications pour la Coupe du monde (11 buts).
Privé de ballons
En Allemagne, tout s'est compliqué pour Pauleta. Malgré un but rapide à la quatrième minute contre l'Angola sur un caviar de Figo (1-0), il est resté muet par la suite. Incapable de trouver les filets en trois rencontres. L'homme aux 47 buts inscrits en 86 sélections a des excuses. Esseulé en attaque, il est tributaire des performances de ses fournisseurs de ballons. Et les Ronaldo, Figo, Maniche et compagnie n'arrivent pas à le mettre en valeur et préfèrent souvent les frappes de loin. Ainsi en quatre matches, Pauleta n'a placé que cinq tirs !
Souvent critiqué avec son étiquette d'individualiste, le goleador reste toutefois serein et dit privilégier l'intérêt de l'équipe. "Ma performance personnelle passe après celle de l'équipe. Mon objectif est de tout faire pour que l'équipe aille le plus loin possible", lance-t-il à chaque fois qu'on l'interroge sur son rendement. Sa cote déjà bien basse auprès des journalistes portugais ne risque toutefois pas de remonter. Sorti à la mi-temps contre les Pays-Bas après l'exclusion de Costinha, il a été transparent contre l'Angleterre en quart de finale. Luis Felipe Scolari l'a d'ailleurs remplacé dès la 62e minute.
Les Bleus en revanche
La presse lusitanienne, qui le décrit souvent comme un joueur opportuniste, devrait encore le critiquer. Lui qui n'a jamais joué en première division portugaise. Pourtant son impact sur le jeu portugais est souvent déterminant. Malgré ses maigres occasions, il a marqué un but et converti un de ses rares ballons en passe décisive pour Maniche en huitièmes de finale contre les Pays-Bas (1-0). "Le travail de Pauleta n'est pas très visible mais très important pour l'équipe et pour nous tous qui jouons derrière lui. C'est un grand buteur qui peut faire la différence tout le temps" , argumente Deco.
Avec son occupation constante de la surface adverse, Pauleta est un poison. Un joueur de son talent aime les grands rendez-vous et l'"Aigle des Açores" brûle d'impatience de mettre un terme à cette malédiction en sélection. Et il pourrait bien choisir la France pour frapper un grand coup.... Histoire de se rappeler au bon souvenir de sa terre d'accueil et de prendre définitivement le statut de héros national. En demi-finale, Lilian Thuram et William Gallas savent donc à quoi s'en tenir. Les deux coéquipiers de la charnière centrale des Bleus vont devoir surveiller de près le Parisien, qui est le dernier joueur à avoir réalisé un triplé en Mondial (en 2002 contre la Pologne).
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