Chronique d'un coup de mou

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Après les belles promesses semées fin 2010 et face au Brésil (1-0), les Bleus estampillés Laurent Blanc ont baissé d'un ton et réveillé les questionnements. Les résultats restent convenables, mais l'application des nouveaux principes prend du temps. Voici les étapes de l'érosion...

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Crédit: Eurosport

Fin 2010-début 2011 : Bosnie (0-2), Roumanie (2-0), Angleterre (1-2), Brésil (1-0), quatre victoires convaincantes où les Bleus, en plus de dominer leur sujet, ont semblé adopter la nouvelle identité de jeu prônée par Laurent Blanc et l'accompagner de résultats. De belles promesses qui se sont évanouies dès mars, dans les rencontres poussives des éliminatoires de l'Euro 2012 et quelques amicaux sans saveur. Un constat : la France ne progresse plus. Pire, elle donne l'impression de régresser. Ou de prendre de son élan ? France - Albanie le dira. Retour sur les quatre matches qui ont symbolisé ce qui ne tourne plus dans la maison bleue.
LUXEMBOURG-FRANCE (0-2) : LE BOND EN ARRIERE
La rencontre face au Luxembourg intervient un mois et demi après la belle démonstration face au Brésil (1-0). Le constat est cinglant. Lorsque les Bleus sont dans la position de l’outsider face à une grande nation (Brésil ou Angleterre quelques semaines plus tôt), l'équipe joue libérée. Lorsqu'il s'agit de prendre le match en main, d'imposer son projet de jeu : les Bleus pataugent. Une question de mise en condition sans doute. Face aux petites nations recroquevillées, les Bleus n’y arrivent pas. Prise de risque minimale dans toutes les lignes, passes latérales ou en retrait : les Bleus confondent jeu d'attaque et tripotage du ballon. Au Luxembourg, le jeu manque cruellement de verticalité. Les Bleus s'en remettent aux fulgurances de ses pions offensifs. Mais ce jour-là, Ribéry et Malouda sont fantomatiques. Les Bleus ont du mal à assumer leur identité de jeu sur le terrain. 
BIELORUSSIE-FRANCE (1-1) : UN MANQUE DE MOBILITE CRIANT
Bien sûr, le match a lieu en juin et la fin de saison pèse dans les jambes des Bleus. Il n'empêche. Personne ne prend le ballon, personne ne le demande, personne ne prend en main les clés du onze tricolore. Nombreux sont ceux qui, à l'image de Ribéry ou Malouda, sont davantage dans l'élimination individuelle, la provocation, le dribble, caricature des qualités que leur reconnaissent leur club. Dans cette rencontre, et notamment lors d'une première période calamiteuse, personne ne s'infiltre entre les lignes. Seul Nasri redescend chercher quelques ballons mais bien trop bas et au détriment de son impact offensif. Les Biélorusses ont tout compris en verrouillant l'axe. Conséquence, les Bleus allongent le jeu. Un chantier prioritaire se dégage pour les Bleus : le milieu de terrain.
ALBANIE-FRANCE (1-2) : SE METTRE EN DANGER SEUL...
Face aux petites nations arc-boutées autour de leur surface de réparation, marquer dès les premières minutes permet généralement d'ouvrir les vannes et de se faciliter la tâche. La France fait le plus dur grâce à Benzema (11e) et M'Vila (18e). La voie royale. Sauf que la suite n'est que souffrance ou presque. La France est incapable de mettre la main sur le match malgré le score. Elle recule. Dans les têtes, quelque chose cloche. Les Bleus se rendent le match difficile. Il y a des trous d'air étonnants à 2-0. Dès le retour des vestiaires, l'Albanie revient au score grâce à un terrible enchaînement de manquements individuels. Les Bleus n'ont pas de certitudes et aucun leader capable de les guider sur le terrain. La France se cherche des cadres. L'absence de la charnière Rami-Mexès témoigne également du désert derrière les deux titulaires du poste. Abidal et Kaboul se sont pas à la hauteur. Qu'ils aient été mal protégés par le reste de l'équipe, peu décidée à faire corps pour défendre, ne fait qu'accentuer cette idée que les fondamentaux ne sont pas maîtrisés. 
ROUMANIE-FRANCE (0-0) : LE DESERT OFFENSIF
Un puzzle. Laurent Blanc a tenté beaucoup d'associations, pas mal de permutations mais sans solution claire au des derniers matches tricolores. Cinq buts en quatre matches de qualification, c'est trop peu. Karim Benzema a souvent caché la misère sur ses seules inspirations, face à l'Albanie notamment (2-1). Cadres dans leur club, Ribéry, Malouda et Nasri ne se sont que trop rarement montré décisifs en Bleu cette saison. Après l’Albanie (1-2), Blanc décide de laisser Nasri et Malouda sur le banc. Mais Valbuena, Ribéry et Martin ont une influence minimale sur le jeu à Bucarest. Le Marseillais et le Munichois s'entêtent dans des un contre un vains. La pelouse de Bucarest n'aide pas, il est vrai. Le seul but fluide et construit de A à Z des Bleus en 2011: la combinaison Sagna-Benzema-Malouda en Biélorussie. C'est maigre et significatif du retour en arrière qui mine les prestations tricolores depuis la belle démonstration face au Brésil.
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