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Pourquoi Barcelone est-elle la pire équipe d’Europe sur penalty ?

Pourquoi Barcelone est-elle la pire équipe d’Europe sur penalty ?

Mis à jourLe 19/02/2016 à 07:37

Publiéle 18/02/2016 à 14:41

Mis à jourLe 19/02/2016 à 07:37

Publiéle 18/02/2016 à 14:41

Article de Maxime Dupuis

Mercredi à Gijón, le Barça a gagné. Encore. Et a manqué un penalty. Encore. Cette saison, le club catalan n’est pas en réussite lorsqu’il s’agit de transformer les coups de pied de réparation. Etonnant ? Pas si sûr que ça. Tentative d’explication de l’inexplicable.

Messi
Messi - Imago

Statistiquement, le penalty offert par Lionel Messi à Luis Suarez est à mettre dans la colonne des ratés. C'est évidemment et éminemment discutable. Mais les chiffres n'ont qu'une logique : la leur. Et ils ne laissent guère de place aux fantaisies argentino-uruguayenne… En revanche, le penalty frappé par Luis Suarez mercredi à Gijón est bel et bien à comptabiliser parmi les tirs de réparation loupés par les Barcelonais. Aucun doute.

50% de réussite à onze mètres

Mercredi, Lionel Messi et Neymar avaient laissé le numéro 9 catalan s'y coller. Il n'a pas fait mieux que ses copains. Depuis le début de saison et parmi les principaux championnats européens, le FC Barcelone est le club qui obtient le plus de penalties, ce qui n'est pas tellement étonnant au vu du contenu des matches du champion d'Europe. Ce qui est plus étonnant, c'est que le Barça est aussi la formation qui en manque le plus.

Penalties tirés (Liga, Premier League, Bundesliga, Serie A, Ligue 1)

1. Barcelone 12 penalties obtenus
2. Leicester 10
3. Bayern Munich 8
4. Rennes 7
". Fiorentina 7

Penalties manqués (Liga, Premier League, Bundesliga, Serie A, Ligue 1)

1. FC Barcelone 6 ratés
2. Rennes 4
3. Atalanta 3
4. Manchester City 2
". Borussia Dortmund 2

Le FC Barcelone marque/manque un penalty sur deux en Liga (6/12), et toutes compétitions confondues (8/16). Et même si l’on ne compte pas le Messi-Suarez de dimanche, les Barcelonais ne grimpent qu’à 53% de réussite. Ce qui reste très médiocre quand on sait que la moyenne de réussite dans les cinq grands championnats est de 76% de réussite cette saison. C'est d'autant plus exceptionnel que les tireurs catalans sont aussi des joueurs dont la qualité et l’aisance technique n'est plus à démontrer. Et pourtant…

  • Neymar a inscrit 3 penalties sur 5 en Liga.
  • Lionel Messi en a marqué 2 sur 5 tentatives (en comptant le penalty/passe de Vigo)
  • Luis Suarez en a réussi 1 sur 2.

Le meilleur tireur catalan est donc brésilien, mais avec un taux de réussite de 60%. Ce qui n'est pas folichon non plus. Ce secteur de jeu est d’ailleurs peut-être le seul sur lequel un footballeur du dimanche pourrait faire mieux que la triplette infernale.

Le Barça et les penalties

Alors pourquoi les trois du Barça coincent-ils quand il s'agit de transformer l'offrande ? Prennent-ils l'exercice par-dessus la jambe, forts de leur facilité individuelle et de l'aisance collective de leur club ? C'est une piste. Mais elle est très peu probable. Même si le loupé de Neymar, lors de la raclée face à Valence (7-0), laisse un peu penser le contraire.

Les gradés et les autres

Et qu'a-t-il remarqué ? Que les "joueurs gradés", comme il dit (ndlr : ceux qui ont été individuellement récompensés et honorés par un titre significatif, comme le Ballon d'Or, ont pris place sur le podium, ont remporté Soulier d'or de la Coupe du monde ou ayant été élus membres d’une équipe UEFA de l'année, etc.) manquent plus que les autres. Leur taux de réussite ? 59%. C'est très peu. Son explication est assez simple : "Les joueurs gradés ont plus à perdre que les autres, par conséquent ils ratent davantage que les autres."

Joe Hart (Manchester City) repousse le penalty de Lionel Messi (Barça)
Joe Hart (Manchester City) repousse le penalty de Lionel Messi (Barça) - Panoramic

Comme vous l'avez sans doute remarqué, le Barça compte un paquet de "joueurs gradés". Ceci expliquerait donc cela. A ceci près que, la saison dernière, 6 des 7 penalties obtenus par les Catalans en Liga avaient été transformés par Messi and co. Bref, la réponse n'est pas si évidente que Geir Jordet l’imagine. Et, quoi qu'il en soit, cette faiblesse n'empêche pas Luis Enrique de dormir ni Barcelone de tout écraser sur son chemin. Personne n'est parfait. Heureusement d’ailleurs.

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