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Manchester United - AS Saint-Etienne - Le rendez-vous des enfants de 76

Le rendez-vous des enfants de 76

Le 15/02/2017 à 21:40Mis à jour Le 16/02/2017 à 15:13

LIGUE EUROPA – Ce jeudi à Old Trafford, Saint-Etienne dépoussière son histoire pour écrire un nouveau chapitre. Trente ans après ses derniers exploits européens, les Verts voudront se fabriquer de nouveaux souvenirs sur les terres de Mourinho, Pogba et Ibrahimovic.

"Les deux matches face à Manchester sont les moins importants du mois." La semaine passée, Christophe Galtier a signé un habile tour de passe-passe qui a déclenché la furie des réseaux sociaux. La communication du coach des Verts est habile, l'écran de fumée efficace. Alors attention à ne pas tomber dans le panneau. Cette double confrontation face à Manchester United reste le plus grand rendez-vous de l'ASSE depuis plus de 30 ans. Toute l’histoire récente et moins récente de l’AS Saint-Etienne ramène à ce Manchester United-Saint-Etienne. Absolument tout. Comme si ce rendez-vous était la destination finale d’un très long chemin. Comme si toutes ces saisons terminées dans le top 5, comme si la renaissance d’un club longtemps destiné à faire l’ascenseur entre l’élite et son antichambre, trouvait sa raison d’exister ce jeudi.

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Comme si Cluj, Qarabag, Esjberg, Dnipropetrovsk, Targu Mures, Qabala n’était qu’un moyen d’en arriver là. À Old Trafford. Des chemins de traverse, des déplacements anonymes durant une décennie pour s’offrir le grand frisson. Bien sûr, l’Inter Milan, la Lazio Rome ou le Werder Brême ont croisé la route des Verts au XXIe siècle. Mais la perte de vitesse du club lombard était déjà largement entamée en 2014 et ce n’est pas faire injure aux Romains et aux Brêmois de constater qu’ils n’ont jamais fait partie de la crème de la crème.

La joie de Moustapha Bayal Sall (ASSE) après son but contre l'Inter

La joie de Moustapha Bayal Sall (ASSE) après son but contre l'InterAFP

Une, deux voire trois générations de frustration

Ce Manchester-là est privé de Ligue des champions mais pas de stars ni de paillettes. De Pogba à Ibrahimovic, de Mourinho à Martial, il incarne enfin ce grand d’Europe capable de faire ressurgir la fièvre. L’ASSE s’est endormie depuis plus de trente ans. La nouvelle génération, celle qui s’époumone en tribune Charles Paret ou en Jean Snella, n’a jamais connu une grande soirée européenne. Bien sûr l’inoubliable AC Milan de Baggio et Weah, le flamboyant Arsenal de Vieira et Kanu ou l’immense Barça de Ronaldinho sont venus à Geoffroy-Guichard. Mais souvent en claquettes pour un amical prestigieux mais dénué de tout enjeu sportif. Cette double confrontation ne le sera pas.

Ce n'est pas une mais au moins deux ou trois générations qui ont été frustrées par des années de gestion douteuse et d'ambition sportive en berne. Condamnées à se nourrir aux récits de légende de leurs parents et de leurs grands-parents, à user la VHS de l'Epopée des Verts. Ce sont ces supporters qui garniront en grande majorité le parcage visiteur d'Old Trafford et Geoffroy-Guichard au retour. Ils ont longtemps vécu le mythe vert par procuration. Ce jeudi, ils toucheront du doigt l'atmosphère incandescente d'une affiche européenne. Cette histoire devient la leur. Et c'est pour cela que ce MU-ASSE, tout 16e de finale de Ligue Europa qu'il est, s'inscrit comme l'une des rencontres les plus importantes des trois dernières décennies pour Saint-Etienne. La plus clinquante en tout cas.

Jean-Michel Larqué (ASSE) en finale face au Bayern

Jean-Michel Larqué (ASSE) en finale face au BayernAFP

Se fabriquer de nouveaux souvenirs

L'ADN du club, ce sont les grandes soirées européennes. C'est Split 74, Kiev 76, Liverpool 77, Hambourg 80 et, évidemment, le Bayern 76. Bien sûr les Verts ont d'abord dominé le football hexagonal. Mais si tout le monde ne sait pas que l'ASSE est le club le plus titré de France (10 championnats), personne n’a oublié les poteaux carrés. Bien sûr, Saint-Etienne n'est pas redevenu un grand club européen. On ne parle pas là d'une finale de C1, même pas d'un quart de C3. Mais cette affiche récompense les progrès du club depuis cinq saisons. Elle renoue le fil d'une histoire glorieuse mais lointaine. Une histoire qui jaunit sous le poids des années de disette. Elle redonne de la couleur à des souvenirs en noir et blanc. Et, surtout, elle en fabriquera de nouveaux.

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