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"Montrer le chemin"
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Publié 20/08/2008 à 00:00 GMT+2
Nommé capitaine face à la Suède, ce soir, Thierry Henry exprime sa "grande fierté". L'attaquant, qui veut tourner la page de l'Euro, prend d'ailleurs son rôle à coeur. Il veut guider la nouvelle génération et "reconquérir le coeur de tout le monde".
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THIERRY HENRY, est-ce un grand plaisir d'avoir été nommé capitaine ?
T.H. : Je l'ai été souvent avant pour suppléer Pat (Vieira, ndlr) ou Tutu (Thuram, ndlr). C'est une grosse responsabilité mais j'ai encore envie de donner. J'ai un devoir. Il y a une nouvelle génération mais il faut toujours qu'il y ait quelqu'un pour montrer le chemin. J'ai quand même pas mal d'expérience du haut niveau, je connais bien aussi cette génération qui arrive. Je me suis toujours senti un peu jeune, donc j'arrive à bien les lire. C'est une grande fierté. Si on m'avait dit un jour que je serais le capitaine de l'équipe de France, jamais je n'y aurais cru. C'est quelque chose qui ne va pas être évident. Mais, avec l'aide de tout le monde, c'est à nous de reconquérir le coeur de tout le monde.
Allez-vous vous impliquer plus qu'avant dans la vie du groupe?
T.H. : Cela ne se voyait pas trop mais j'ai toujours été impliqué. Mais il va falloir le faire encore un peu plus. Tu deviens l'image de l'équipe. Il faut être exemplaire sur le terrain ou en dehors mais aussi beaucoup parler, donner de la joie à cette équipe. Mais on a aussi besoin que les jeunes nous poussent et nous aident. C'est ça aussi une équipe. Il faut qu'il y ait un amalgame pour que l'on retrouve le plus vite le chemin de la victoire.
Vous êtes dorénavant le plus vieux de l'équipe...
T.H. : A 31 ans, être le plus vieux avec William (Gallas), c'est bizarre. J'ai l'impression que mon premier match en équipe de France à Lens contre l'Afrique du Sud (en 1997), c'était hier. Le temps passe vite. Mais c'est un challenge qui me plaît, cela va me permettre de sortir de ma bulle. Il va falloir donner beaucoup à cette équipe. C'est quelque chose qui ne me fait pas peur à un moment qui n'est pas évident. On a connu un échec à l'Euro, il faut essayer de tourner la page et aller de l'avant, amener de la joie, de la gaieté et du jeu.
Comment comptez-vous parler aux plus jeunes pour leur faire digérer l'échec de l'Euro ?
T.H. : Cela vient tout seul. Il faut faire son auto-critique, moi je l'ai fait. Quand tu arrives à un certain niveau, tu sais qu'il faut tourner la page, que tu gagnes ou que tu perdes. Mais c'est vrai qu'il y a des automatismes à recréer, retrouver une certaine sérénité, essayer de faire corps et retourner à la victoire. Moi, William (Gallas, ndlr), ou d'autres "anciens-jeunes", on a le devoir de tirer le groupe vers le haut.
La nouvelle philosophie de jeu réclamée aux Bleus vous convient-elle ?
T.H. : A l'Euro, on n'a pas su retranscrire notre générosité et notre envie sur le terrain. Mais quand tu rentres sur le terrain, tu as toujours envie d'offrir du beau jeu, pour que tout le monde prenne du plaisir. Parce que pour nous non plus ce n'est pas vraiment super quand le jeu est bridé, qu'il ne se passe rien. Donc ce n'est pas une nouvelle idée ou une nouvelle formule. Quand on sort d'un match comme Roumanie-France ou Pays-Bas-France, personne n'est content.
Où comptez-vous trouver une nouvelle motivation ?
T.H. : J'ai toujours abordé chaque match en sélection en me disant que cela pouvait être mon dernier, sur blessure ou à cause d'une mauvaise performance. Mais, après avoir été champion du monde, je suis retourné un an et demi en Espoirs, je n'ai jamais rechigné et je n'ai jamais refusé la sélection. Jouer devant 200 personnes en Ukraine alors que deux mois avant on défilait sur les Champs-Elysées, ce n'était pas facile.
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