Le modèle allemand

Ce soir (20h45), les joueurs de l'équipe de France défient l'Allemagne, au Weser-Stadion de Brême. Longtemps perçue comme une froide machine à gagner impopulaire à l'ouest du Rhin, la Nationalmannschaft est aujourd'hui un exemple à suivre, sur le fond comme sur la forme. Les Bleus l'ont compris.

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Crédit: Eurosport

On a beau tourner l'affaire dans tous les sens. A l'envers comme à l'endroit, Allemagne - France reste un match pas comme les autres. L'Histoire, la grande, est passée par là, marquant des vies et des générations entières des deux côtés du Rhin. Le football, lui, ne représente qu'une partie congrue de tout cela. Minime dans l'absolu. Il n'en reste pas moins que le 8 juillet 1982 est une date dont tout amateur de football âgé de plus de 35 ans se souvient. Il sait ce qu'il faisait ce soir-là alors que les Bleus disputaient à Séville une demi-finale de Coupe du monde monumentale, finalement perdue et longtemps restée dans l'imaginaire collectif comme le symbole d'un football français romantique, perdant magnifique, incapable de gagner et d'une Allemagne de l'Ouest, froide comme l'acier, dure comme le titane et implacable.
"J'étais devant ma télévision, se souvient Laurent Blanc, 16 ans et des brouettes à l'époque. C'est un bon souvenir qui s'est transformé en cauchemar après." Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. La France a gagné. L'Allemagne, elle, a continué à le faire. Une troisième Coupe du monde remportée en 1990, un troisième Euro décroché en 1996. Et quelques finales disputées mais perdues entre la deuxième moitié des années 80 et aujourd'hui (Coupe du monde 1986, 2002 et Euro 1992, 2008).
Un mélange "un peu anglais et brésilien"
De nos jours, ce n'est pourtant pas cela qui vient à l'esprit lorsqu'on disserte sur la Nationalmannschaft. En 2012, la forme a presque pris le pas sur le fond. Et l'Allemagne est désormais un exemple. Parce que la Coupe du monde 2010 est passée par là et que le monde, la France en tête, a découvert que la sélection allemande pouvait aussi séduire. Bye bye Ballack, Hello Muller et Ozil, l'Allemagne a mis le pied sur le champignon depuis maintenant deux ans. Laurent Blanc, qui cherche à faire des Bleus une machine qui tourne et séduit, en serait presque envieux : "C'est une grande nation de football. Elle est toujours là. Les Allemands ont eu une période un peu creuse entre 1998 et 2002. Mais ils ont très vite redressé la barre. Avec un entraîneur qui a insufflé une philosophie différente des équipes d'Allemagne du passé." En s'imprégnant de ce qui se faisait ailleurs. Et qui marchait. "Ils ont vu ce qui se faisait en France en matière de formation. Ce n'est pas de l'espionnage industriel. Encore fallait savoir le mettre à sa sauce. Ce n'est plus le rouleau compresseur physique d'avant. Bravo à eux. A nous d'adapter une philosophie et un système de jeu qui nous convient."
L'Allemagne du passé, Louis Saha connait aussi. Mais, comme la majeure partie de ses congénères, l'attaquant revenant de l'équipe de France retient avant tout la mue d'une formation désormais capable d'allier le jeu et le résultat. Elle ne sera pas loin du compte à l'Euro. "C'est pour moi l'une des équipes les plus dangereuses pour l'Euro. Jeune, enthousiaste, très organisée et très physique. Il y a un mélange de style un peu anglais et presque brésilien. Elle est belle à regarder. Mercredi, ce sera un beau match", pense l'attaquant de Tottenham. Un beau match si la France réussit à se hisser au niveau. Et encore, pas sûr que cela suffise. Demandez à donc Laurent Blanc : "Face à l'Allemagne, on a souvent l'impression de pouvoir gagner. Mais à la sortie, on est perdant." Le monde change. Mais certaines habitudes ont la vie dure.
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