Didier Deschamps "ne va pas s'en plaindre". Mercredi soir, face à l'Uruguay (0-0), Mapou Yanga-Mbiwa, Christophe Jallet et Etienne Capoue n'ont pas manqué leurs premiers pas internationaux. Bleus parmi les Bleus, "ils ont amené de la fraîcheur, du dynamisme", dixit le sélectionneur national. Dans les travées du Stade Océane, le Montpelliérain, le Parisien et le Toulousain ne se sont pas fait prier pour raconter leur soirée havraise. Tous parlent de "fierté". Et "espèrent" que cette première ne restera pas sans lendemain.
MAPOU YANGA-MBIWA : "A la moindre saute de concentration..."
Pour lui, les Bleus n'étaient pas une découverte. Le défenseur des champions de France figurait dans la pré-liste de Laurent Blanc pour l'Euro. Mais c'est bien mercredi soir qu'il a été lancé dans le grand bain international. Du bout des lèvres, Mapou Yanga-Mbiwa parle d'une "fierté". D'une "récompense à tout (son) travail". Les mots sont convenus. La voix, à peine audible. Mais elle ne masque pas son sentiment du devoir accompli. Son association avec Mamadou Sakho a tenu la baraque. "Il fallait être concentré du début jusqu'à la fin. A ce niveau-là, ça va plus vite, ça joue malin, c'est plus technique. Tu ne peux pas te permettre la moindre saute de concentration. Sinon, derrière, tu paies cash." Ses premières minutes hasardeuses ont laissé transparaître des erreurs de jeunesse, vite gommées par une prestation d'ensemble convaincante. Avec un zeste de réussite, Yanga-Mbiwa aurait même pu ouvrir le score, si sa tête n'avait pas échoué sur le poteau uruguayen. Dommage. Le Montpelliérain "était regardé à la loupe" par ses coéquipiers héraultais. "Je sais déjà qu'ils vont me chambrer."
CHRISTOPHE JALLET : "J'étais pas loin de pleurer"
Il "n'a pas eu le temps de gamberger". Tant mieux. "Le film du match", Christophe Jallet "se l'était fait 500 fois dans la tête". Le latéral parisien ne devait "rentrer qu'à la mi-temps". "C'était prévu comme ça." Mais quand, dès la 28e minute, Mathieu Debuchy a quitté prématurément la pelouse havraise, il a su que son heure était, déjà, venue. "C'est allé très vite, raconte le capitaine du PSG. Je n'ai même pas eu une minute pour m'échauffer." Alors il s'est "lancé, sans trembler", en "restant le plus naturel possible". Sans ressasser cette "grande émotion d'entendre La Marseillaise avec le maillot bleu sur les épaules". "Je n'étais pas loin de pleurer, sourit-il. Mais cette émotion m'a transcendé. Une fois dans le match, on ne réfléchit plus." Sous les yeux "de sa femme, de son agent et de ses amis", l'ancien Lorientais n'a pas ménagé ses efforts. Sur son flanc droit, il a avalé les kilomètres. A multiplié les montées, "tout en restant concentré" sur ses tâches défensives. Bref, il a "vécu l'un des plus grands moments de (sa) vie". Et, "bien sûr", il "espère en vivre d'autres". "Le but, ce n'est pas de porter ce maillot une seule fois. Je vais tout faire pour revenir le plus vite possible. J'en ai vraiment envie."
ÉTIENNE CAPOUE : "Le maillot bleu m'avait manqué"
Le Toulousain a remplacé le Lillois Rio Mavuba à la pause. "Avant de rentrer, le coach m'a dit de rester moi-même. De faire ce que je savais faire en club. Et surtout, de prendre du plaisir." Le milieu du TFC a eu le temps de "savourer" ce retour. Un retour ? Quel retour ? "Le maillot bleu m'avait manqué, sourit Etienne Capoue. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas porté. La dernière fois, c'était il y a deux ans, avec les Espoirs." En quarante-cinq minutes, il a justifié l'intérêt du Barça. Précieux à la récupération, précis et percutant offensivement, il "s'est mis au service de l'équipe". Avec une idée fixe : "respecter les consignes". En d'autres mots, "garder un bloc compact, pour protéger l'axe". Mission accomplie ? "On a construit, on s'est créé des occasions. Il y a de bonnes choses à retenir." Que Didier Deschamps se rassure : mercredi Capoue "a pris du plaisir". Tellement qu'il classe déjà cette soirée dans l'album des "supers souvenirs".
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AFP

























