FOOTBALL 2012 Italie-France (Valbuena) - AFP
 
Article
commentaires
Football > Match amical

Valbuena, un problème sans solution


Par Eurosport
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 15/11/2012 à 14:39 -
Par Eurosport - Le 15/11/2012 à 14:39
L'analyse tactique d'Italie-France (1-2) montre que la Squadra Azzurra n'a pas réussi à trouver de solution au positionnement de Mathieu Valbuena.

En attendant la prochaine phase finale de grande compétition, la France est en train de redevenir championne du monde des matchs amicaux. Après le Brésil, l’Angleterre et l’Allemagne sous l’ère Blanc, les Bleus de Deschamps se sont offert leur première victoire de prestige face à l’Italie, vice-championne d’Europe. Un match où les Français sont passés par un premier tiers difficile avant de petit à petit prendre le dessus.

Opposition classique :

Pour ce dernier match de l’année civile, Didier Deschamps avait décidé de miser sur le bon résultat ramené d’Espagne en reconduisant, à un joueur près, le onze qui avait fini le match à Madrid. Excepté Gonalons, remplacé par Capoue, tous les titulaires du soir avaient participé à la dernière demi-heure des Bleus dans le match-référence du mois dernier : la ligne défensive étaient inchangée, Sissoko était toujours à droite et Valbuena enfin titularisé derrière un Giroud seul devant. Loin d’être une coïncidence, le 4-2-3-1 des Bleus se calquait sur le système de jeu et le traditionnel milieu à trois de l’Italie.

Ayant fait le choix du 4-3-3, Cesare Prandelli retrouvait ses créateurs directement opposés aux trois milieux axiaux français : Verratti était pris par Valbuena, Marchisio et Montolivo se retrouvaient respectivement sous la pression de Capoue et Matuidi. Plus forts physiquement, les Français n’hésitaient pas à serrer le marquage, de manière à empêcher leurs adversaires de se retourner pour se mettre dans le sens du jeu. Rapidement, les Bleus ont fait du rond central leur territoire, limitant les possibilités de transmissions courtes entre leurs adversaires qui ont dû se résoudre à trouver une autre solution.

Balotelli fait le temps fort :

Celle-ci est venue des avant-postes, avec les décrochages de Balotelli. Les deux milieux français étant concentrés sur leurs rôles de destructeurs face à Marchisio et Montolivo, l’attaquant de Manchester City a trouvé des espaces en se rendant disponibles entre eux. Résistant à la pression de Koscielny ou Sakho, il offrait un point d’appui pour la relance italienne et remettait le ballon au sol pour ses partenaires qui venaient à sa hauteur. Pour le servir, l’Italie utilisait la qualité de relance de ses défenseurs centraux (Chiellini ou Barzagli) qui profitaient du surnombre en leur faveur dans leur zone (Giroud et Valbuena face à Chiellini, Barzagli et Verratti) pour ajuster leurs passes à destination de leur attaquant.

Une fois Balotelli servi, les joueurs de transition prenaient les espaces pour venir à sa hauteur et lui offrir des solutions, l’idéal étant pour eux de devancer leurs adversaires directs. Les Italiens ont particulièrement insisté sur le flanc droit, Montolivo travaillant avec Candreva et Maggio sur l’aile à partir des remises de Balotelli. Depuis le couloir opposé, El-Shaarawy repiquait dans l’axe pour prendre la profondeur et apporter sa vitesse. L’ouverture du score italienne (35e) est l’exemple parfait de ce circuit, développé par les Italiens depuis les premières minutes de la partie : relance de Barzagli, duel remporté par Balotelli qui devance Sakho, Montolivo qui passe devant Matuidi, porte le ballon et sert El-Shaarawy dans la profondeur. Le Milanais pouvait aussi offrir des solutions à ses défenseurs en rentrant à l’intérieur du terrain, juste derrière la ligne médiane. Ses remises cherchaient ensuite Balzaretti ou Marchisio qui prenaient les espaces autour de lui, le plus souvent vers le couloir.

AP/LaPresse

Capable de faire reculer les Bleus, l’Italie a ensuite mis en place un pressing ambitieux qui ne laissait aucun droit à l’erreur à ses défenseurs. Les trois attaquants de la Nazionale se positionnaient haut dans le camp français, de manière à empêcher toute possibilité de relance courte de Lloris. Ils entraînaient avec eux le reste du bloc, laissant Chiellini et Barzagli face à Giroud et Valbuena à la retombée des longs ballons. Dans les temps forts italiens, les deux Français n’ont pu rivaliser, garantissant aux locaux une récupération rapide du ballon.

Valbuena, l'électron libre :

Les Bleus sont véritablement entrés dans le match lorsque leurs défenseurs centraux ont réussi à contrôler Balotelli. Sans ce relais, l’Italie était contrainte de subir dans l’entrejeu, Marchisio et Montolivo peinant à assurer eux-mêmes la transition entre défense et attaque. Gagnant plus de ballons au milieu, la France pouvait alors déployer son jeu d’attaque face à une Italie regroupée sur trois lignes, en 4-5-1.

Côté gauche, Ribéry devait faire face à une prise à deux de la part de Candreva et Maggio. S’il touchait le ballon plus haut, le joueur du Bayern pouvait aussi se retrouver dans la zone de Barzagli. De l’autre côté, le milieu à trois italien coulissait de manière à bloquer les montées de Debuchy : Marchisio et Balzaretti s’opposant alors à Debuchy et Sissoko. El-Shaarawy se joignait à l’effort défensif lorsque Valbuena quittait sa position axiale pour créer le surnombre, rééquilibrant ainsi l’opposition (trois contre trois). Comme avec son club, le Marseillais n’était positionné dans l’axe qu’en phase défensive, son véritable rôle étant de se déplacer d’un couloir à l’autre pour combiner avec ailier et latéraux et libérer ces derniers.

En s’excentrant de la sorte, il attirait parfois avec lui des Italiens censés rester dans l’axe. Sur son but (37e), il a ainsi effacé Verratti puis Barzagli avant de profiter de la passivité de Maggio dans sa surface pour ajuster Sirigu. Sur le second but français, rebelote : en se retrouvant à la réception de la remise en jeu d'Evra, il a attiré à lui Maggio, soit l’adversaire direct de Ménez. Resté en retrait, le Parisien en a profité pour prendre de la vitesse sitôt le ballon ressorti sur lui. Pirlo et Florenzi ne pouvant rivaliser, il s’est enfoncé dans la surface et a servi Evra (marqué par un défenseur central italien) dont la frappe a ensuite été poussée au fond des filets par un Gomis libre de tout marquage au second poteau.

Au coeur de la première mi-temps, Ribéry avait aussi quitté son couloir gauche, bien bloqué par les Italiens, pour apporter sur toute la largeur du terrain, de la même manière que Valbuena. Sissoko s’était aussi détaché de son aile droite, afin de rivaliser à l’impact avec les défenseurs centraux italiens jusqu’alors sans concurrence. La bonne période traversée par les Français à ce moment de la partie permettait cette recrudescence des mouvements, laissant les couloirs aux latéraux et la protection de la défense centrale à la paire Capoue-Matuidi, qui a coupé plusieurs trajectoires importantes des deux côtés du terrain.

Deuxième mi-temps classique :

Match amical en pleine saison oblige, la deuxième mi-temps a été le théâtre d’une petite revue d’effectif des deux côtés du terrain. Après un changement de chaque côté à la pause (Bonucci pour Barzagli et Réveillère pour Debuchy, 46e), Cesare Prandelli a été le premier à dégainer en changeant complètement son milieu de terrain (Pirlo pour Verratti, Giaccherini pour Marchisio et Florenzi pour Montolivo, 51e). Dans les faits, rien n’a changé : l’Italie a conservé ses habitudes. La baisse de régime de Balotelli, moins disponible pour contribuer à la transition défense-attaque, a toutefois forcé l’équipe à insister sur les côtés. Comme en première mi-temps, le côté droit a été le plus sollicité, notamment après l’entrée en jeu de Diamanti (73e) qui bénéficiait du soutien de Florenzi et Maggio.

Côté français, s’ils ont fait la décision (Ménez à l’origine du but de Gomis), les changements n’ont pas influé sur le système. Excepté l’entrée en jeu, synonyme de première sélection, de Trémoulinas à la place de Sissoko en fin de partie, Didier Deschamps s’est attaché à faire des remplacements poste pour poste et rôle pour rôle. Gomis a repris le costume de Giroud, Ménez celui de Ribéry (63e) et Gonalons celui de Capoue (83e). Seule petite nuance, Gourcuff ne travaillait pas comme Valbuena (72e). Au-delà des différences de profils, la France menait déjà au score à son entrée en jeu et cherchait avant tout à le conserver : le Lyonnais a donc surtout travaillé défensivement afin de limiter l’influence de Pirlo, comme Valbuena pouvait le faire avec Verratti durant le premier acte.

Conclusion :

Au final, la France continue sur la dynamique lancée à Madrid le mois dernier. Impact physique, engagement et éclairs individuels : la recette n’est pas des plus brillantes mais elle s’appuie sur les forces du groupe. Loin d’invoquer le beau jeu, Deschamps se contente de la gagne et cela lui réussit. Collectivement et offensivement, l’Italie a sans doute montré plus de choses mais elle a payé cash une certaine passivité défensive