"C’est moi qui décide"

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Eric Abidal est prêt à jouer face à la Slovaquie. Le Lyonnais n’est pas d’accord avec Jean-Michel Aulas et Gérard Houllier qui auraient préféré qu’il ne soit pas sélectionné par Raymond Domenech. Pris entre deux feux, le défenseur en a assez. Et ne compte

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ERIC ABIDAL, vous voilà finalement avec l"équipe de France. Etes-vous prêt à jouer mercredi face à la Slovaquie malgré les réserves de l"OL ?
E. A. : Je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas jouer. Je me sens très bien dans mes pompes. Je suis là avec un courrier de mon club (ndlr : un certificat médical) à remettre au docteur de l'équipe de France mais je suis là pour jouer. Tout le monde fait une fixation sur ma blessure du mois de novembre mais cette rechute était accidentelle. J'ai mis le pied dans un trou.
Cette lettre à remettre au médecin des Bleus, que dit-elle ?
E. A. : Je ne sais pas, elle ne m'est pas adressée. L'enveloppe est fermée. Mais bon, il n'y a pas l'air d'y avoir grand chose dedans. Juste une feuille alors que j'imaginais qu'il y aurait des radios&hellip
Avez-vous l'impression d'être pris en otage par l'Olympique Lyonnais ?
E. A. : Dans cette affaire, il y a beaucoup de personnes qui parlent. Beaucoup de "on dit". Mais il faut savoir une chose, c'est qu'au final, il n'y a qu'une personne qui peut prendre la décision : moi ! C'est moi qui décide. Je connais mon corps. Je sais lorsque j'ai besoin de faire un break. Je l'ai eu face à Nantes en Coupe de la Ligue, je me sentais juste. J'avais demandé à être remplacé. Aujourd'hui, je me sens en pleine forme. Je ne ressens plus aucune douleur et je me sens bien dans le rythme. Alors pourquoi ne pas jouer ? Sinon, autant arrêter le foot.
Quand avez-vous appris que Jean-Michel Aulas et Gérard Houllier étaient opposés à votre sélection ?
E. A : Je l'ai appris après la liste. Le sélectionneur fait un choix, il faut l'accepter. Depuis mon retour de blessure, j'ai enchaîné trois matches de suite. Pourquoi ne serais-je pas en mesure de jouer le quatrième et ensuite de pouvoir à nouveau être aligné sur le cinquième ? Je peux jouer. Cela embête pas mal de monde que je sois sélectionné mais ils n'imaginent pas ce que représente l'équipe de France. Jouer avec les Bleus, c'est un rêve de gosse. Je ne sais pas pourquoi on m'empêcherait de faire mon métier. De toute manière, même si je ne joue pas les matches, je m'entraînerai. Et c'est pareil. Les oppositions, c'est comme les matches.
Comment vous situez-vous par rapport à la position de votre club ? Comprenez-vous l'OL ou êtes-vous énervé ?
E. A. : Un peu des deux. Le club et la fédération se tirent dessus depuis pas mal de temps. Je comprends qu'il est difficile pour l'OL de perdre un joueur mais il est également dur pour un joueur de ne pas jouer. Maintenant, si Raymond Domenech m'aligne, je jouerai. Derrière, il y a une Coupe du monde qui s'approche. Ne pas jouer pourrait me pénaliser d'autant que le sélectionneur me fait confiance puisqu'il m'a rappelé rapidement.
Gérard Houllier a affirmé que Raymond Domenech lui avait dit qu'il vous essaierait dans l'axe. Est-ce votre préférence ?
E. A. : Moi, on ne m'a rien dit. En club, je suis positionné à gauche et je vois pas pourquoi on ferait différemment en équipe de France.
Allez-vous demander une explication à votre retour à Lyon ?
E. A. : Non. Sauf s'ils me posent des questions&hellip Je sais que le président, Monsieur Aulas, ne veut pas que je joue mercredi soir. Mais il voit les choses d'une certaine manière et moi différemment.
Est-ce que cet épisode vous donne envie de changer d'air ?
E. A. : Non. Il y a toujours des petites histoires. Moi, je préfère laisser parler. Tout le monde a son mot à dire. Ce n'est pas ça qui me fera quitter l'Olympique Lyonnais. J'ai signé à Lyon pour cinq ans. Il est vrai que cette blessure en équipe de France a été un bon sujet pour eux. Depuis on parle toujours d'Abidal en négatif. Maintenant, il va falloir que cela cesse. Je ne suis pas en colère, mais je préfère dire que ce je pense.
Si Raymond Domenech vous aligne mercredi soir, allez-vous ressentir une forme d'appréhension avec toute cette histoire ?
E. A. : Quand on appréhende, c'est là qu'arrivent les pépins. Si ça doit casser, ça cassera. Tant pis.
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