"Il faut croire en moi"

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Le CFA, la L1, la Ligue des Champions et aujourd'hui l'équipe de France, François Clerc n'en finit pas de brûler les étapes. Pourtant, le Lyonnais garde la tête sur les épaules. Malgré les sceptiques, il croit en ses qualités et veut profiter de ce bonheu

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FRANÇOIS CLERC, comment se sont passés tes premiers pas chez les Bleus ?
F.C. : J'étais un peu intimidé au début. Quand on arrive comme ça pour une première sélection, on côtoie des grandes stars donc on se fait un peu petit. Mais je m'intègre dans la vie du groupe. Quand j'ai vu Zidane, c'était impressionnant. Il m' a souhaité la bienvenue et ça s'est bien passé. Greg (Coupet) m'a un peu expliqué comment ça fonctionnait. Il m'a présenté tout le monde.
Le fait qu'il y ait déjà quatre Lyonnais en équipe de France facilite-t-il ton arrivée ?
F.C. : Bien sûr. Quand on connaît déjà du monde dans un groupe d'une vingtaine de joueurs. C'est toujours plus facile pour s'intégrer. On peut se mêler plus facilement aux conversations. En plus, il y a vraiment une bonne ambiance à Lyon donc il n'y aura aucun soucis de ce côté-là.
Tu es appelé à seulement trois moins du Mondial. Est-ce un signe d'après toi ?
F.C. : Je ne sais pas. Je suis déjà content d'être là. Je veux profiter à fond de ce moment. Aux entraînements ou si jamais je joue en match, je me donnerai à fond. Après, on verra ce qui arrivera. C'est vrai que la Coupe du monde débute dans pas très longtemps mais il ne faut pas se faire toute une montagne de ça. Moi, je suis là pour apprendre. Donc, pour l'instant, je me concentre sur ce mini-stage.
Tu comprends les critiques qui soulignent que tu as seulement disputé 15 matches de L1 ?
F.C. : J'ai envie de vous dire que ça n'est pas mon problème. Moi, le sélectionneur me convoque. Je ne vais pas lui dire : "Je ne viens pas, je n'ai disputé que 15 matches de L1" ! Au contraire, je suis très heureux de venir. Les critiques ou ce que les gens pensent, je m'en fous. S'ils étaient à ma place, je pense qu'ils penseraient comme moi. Je suis venu avec grand plaisir.
Le match de Ligue des Champions chez le PSV Eindhoven a-t-il été un déclic ?
F.C. : Disons que ça m'a aussi fait passer un cap. J'avais déjà joué des matches importants en Ligue 1 mais jouer un match de Ligue des Champions, surtout à Eindhoven, c'était vraiment un gros test pour moi. Ça a aussi beaucoup joué dans le fait que j'ai pris de l'ampleur pour les gens. C'était un match très difficile et ça ne s'était pas trop mal passé pour moi. Je pense que ça m'a fait franchir un cap.
Si tu ne jouais pas face à la Slovaquie, ce serait une déception ?
F.C. : Non, non. Vous savez, je suis déjà très content d'être ici. C'est vrai que si je peux jouer, même quelques minutes, je serai très heureux mais, si je ne joue pas, ça ne sera pas grave. Ce sera déjà une très belle aventure pour moi. C'est une très bonne surprise à digérer. C'est vrai que je n'étais pas spécialement préparé pour venir ici mais le sélectionneur m'a choisi donc je suis très content et je vais essayer d'en profiter.
Est-ce que tu as l'impression que le plus dur commence pour toi ? Le regard qu'on porte sur toi est-il en train de changer ?
F.C. : Ça, c'est sûr. Avant, on disait que j'étais le plus jeune et qu'il fallait être plus indulgent avec moi quand je faisais des erreurs. Désormais, comme je suis convoqué avec les A, mon statut va changer par rapport aux gens. A moi de bien faire attention à ça et de continuer à travailler pour faire des bons matches. C'est la même chose à Lyon. Comme l'entraîneur l'a dit, au départ j'étais peut-être la troisième option à mon poste et ça a sans doute un peu changé aujourd'hui. Mais la force du groupe lyonnais est que tout le monde est au même niveau. Moi, au début de saison, tout le monde me traitait à égal même si je ne jouais pas du tout.
La semaine dernière, tu disais encore que tu pourrais retourner en CFA après le retour des blessés à Lyon. On imagine que ce sera plus dur aujourd'hui avec un statut d'international ?
F.C. : Forcement. Quand on goûte à des matches de Ligue des Champions, à un stage avec l'équipe de France ou à des matches de Ligue 1, c'est difficile de retourner en CFA. Mais c'est la règle du jeu et il faut l'accepter. Si on me dit de jouer en CFA, j'irai. J'essaierai de travailler le plus possible à l'entraînement et en match pour essayer de rejouer.
La situation sera tout de même compliquée lorsque Réveillère reviendra de blessure...
F.C. : C'est vrai qu'Anthony Réveillère est un très bon joueur. Il est international et a déjà fait ses preuves. Moi, j'ai beaucoup moins d'expérience que lui. De côté là, il n'y a pas photo. Mais c'est sur le terrain qu'il faut confirmer et montrer qu'on est capable de tenir sa place. On a beau avoir un énorme palmarès, ça ne veut pas dire qu'on est meilleur ou moins bons qu'un jeune joueurs qui arrive. Il faut croire en moi. Moi, je crois en mes qualités. Après, on verra ce qui se passera sur le terrain. Si on me dit que je suis troisième et bien je serais troisième. De toute façon, au finale, c'est l'entraîneur qui décidera.
Tu t'attendais à ce que tout ça t'arrive aussi vite ?
F.C. : C'est vrai que ça s'est vraiment accéléré de manière prodigieuse. En très peu de temps, je suis passé de l'anonymat à l'exposition. Il y a eu un gros coup d'accélérateur. Mais je m'y étais un peu préparé. Donc je prends ça sereinement. L'important, c'est de continuer à bien jouer sur le terrain. J'ai toujours cru en mes capacités. Même si ça a parfois été difficile de s'imposer parce qu'il y a d'excellents joueurs à Lyon, je n'ai jamais lâché. Je me suis toujours donné à fond. Si on a besoin de moi, il fallait être prêt. C'est ça qu'il m'a lancé : j'ai su répondre présent même si je ne jouais pas et que j'étais souvent en CFA.
En début de saison, comment as-tu réagi lorsque l'OL est entré en contact avec Glenn Johnson ?
F.C. : De toute façon, je savais très que c'était ce qui risquait de se passer. Lyon est un grand club et possède un grand effectif. Ils veulent absolument des joueurs compétiteurs à tous les postes. Moi, on n'avait pas trop de certitudes sur mon cas. Quand on a commencé à parler de Glenn Johnson, il fallait se résoudre à l'évidence : il fallait faire de bons matches pour l'empêcher de venir. Je pense que c'est ce qui m'a motivé pour faire les matches qui ont suivi.
Tu seras en fin de contrat à la fin de l'année. Quel sera ton avenir ?
F.C. : Je n'ai pas encore vraiment pensé à mon avenir. C'est sûr que ma vision a changé par rapport à il y a six mois. Obligatoirement. Je ne peux pas faire autrement. Je suis en fin de contrat en fin de saison mais, pour l'instant, il m'arrive tellement de choses et tellement rapidement que c'est difficile de tout intégrer. Pour l'heure, je préfère me concentrer uniquement sur le football. S'il y a de bonnes performances sur le terrain, j'aurai tout le temps ensuite de réfléchir à mon avenir. Le plus important, c'est de bien garder la tête sur les épaules et de toujours travailler pour progresser.
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