"De l'eau a coulé"

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Exactement deux ans après son naufrage en Autriche, Philippe Mexès revient en équipe de France dans la peau d'un cadre et d'un possible capitaine. A 28 ans, il est l'un des plus anciens membres de la délégation qui a atterri à Oslo à la mi-journée. L'ère Blanc est faite pour lui. Sur le papier...

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"Philippe Mexès, avez-vous l'impression de jouer gros ?P. M. : Je suis très heureux d'être ici. La pression, il ne faut pas que je me la mette plus que ça. Je ne vais pas jouer avec la corde au cou. Je suis serein, tranquille pour aborder ce match.
Avez-vous discuté avec Laurent Blanc ?P. M. : Je n'ai pas eu de discussion particulière avec le sélectionneur en dehors du tournoi du Paris. L'histoire du wagon (NDLR : Laurent Blanc n'a pas caché qu'il avait dit à Mexes : "Le train est passé une fois. Pour de multiplies raisons tu n'es pas monté dedans. S'il repasse, n'oublie pas d'y monter et jette toi dedans. Les prestations de matches internationaux, ça compte"). J'en suis conscient. Il attend énormément des joueurs présents ici, en espérant que ça se passe du mieux possible...
Vous arrivez dans un groupe très renouvelé...P. M. : On a trois jours pour se connaître, même si on s'est déjà croisés. Je suis le plus vieux aujourd'hui (NDLR, Fanni et Douchez sont plus âgés que lui d'un et deux ans, respectivement). Cela fait bizarre de me retrouver comme ça, mais me fait énormément plaisir. Je trouve le groupe serein et prêt à bien aborder ce match.
Que pensez-vous de l'hypothèse d'être nommé capitaine ?P. M. : Avec l'expérience internationale que j'ai eue, je serai apte à porter ce brassard. Mais il y a trois quatre joueurs concernés. Chacun a sa part de responsabilité au fond de lui, son rôle à jouer. Il ne faut pas un seul leader, tout le monde doit l'être, mais je suis prêt à prendre cette responsabilité sans aucun problème.
Sentez-vous qu'une nouvelle ère débute ?P. M. : C'est différent, d'autres circonstances, c'est très sain. Avoir un nouveau sélectionneur, un nouveau staff qui a du vécu, c'est important pour repartir sur de bonnes bases.
Reste-t-il des traces de ce match en Autriche ?(NDLR : une défaite 3-1 en septembre 2008 à Vienne, où Mexès avait provoqué deux buts et perdu sa place dans la foulée)On m'en reparlera longtemps. De l'eau a coulé sous les ponts. J'ai joué d'autres matches amicaux ensuite, notamment contre l'Argentine (il a ensuite joué contre l'Uruguay, l'Argentine, et la Turquie, dernière sélection en date, en juin 2009). Le ballon est rond, il va dans les deux sens, tout peut aller très vite. Ce qui compte, c'est que je suis là aujourd'hui. En espérant avoir ma chance demain.
Si vous n'avez pas été à votre niveau, était-ce en raison de vos relations avec votre ancien sélectionneur (NDLR : Raymond Domenech) ?Il m'a donné la possibilité de m'exprimer. Vous n'avez pas vu le vrai Mexes d'Auxerre et de mes grands matches à Rome, mais j'espère que ça se passera bien demain. Les circonstances font que... Dans un match il y a des détails. Il y en a eu des erreurs individuelles aussi. Dans ce cas, la confiance en prend un coup. Mais j'aborde ce match avec une autre mentalité, je dirais. J'espère retirer du nouveau sélectionneur, qui a évolué en défense centrale, sa culture de la gagne et de la compétition.
Vous n'avez pas repris la coméptition. Pensez-vous pouvoir jouer tout le match ?Je n'ai pas de préférence, tout le monde est prêt pour jouer. On ne sait pas qui commencera et finira. C'est un match international, une bataille, et tout le monde est prêt pour relever ce défi.
Le projet de jeu est plus offensif. Craignez-vous des conséquences sur le plan défensif ?On est onze à défendre, il n'y aura pas de souci de ce côté-là. Tout le monde sera apte à défendre et à attaquer.
Qu'avez-vous pensé de la Coupe du monde 2010 ?Je n'ai aucun commentaire à faire. Je n'y étais pas. Cela faisait un an que je n'étais plus en équipe de France. J'ai vécu ça de loin. C'est dur à dire, mais il faut oublier et passer à autre chose. On n'a pas le choix.
Quelle est votre situation en club ?La saison dernière, ça ne s'est pas super bien passé avec la Roma. J'ai été blessé jusqu'en décembre. Burdisso et Juan ont fait de grandes prestations. C'est la loi du football. Il me reste un an de contrat, je ne lâcherai pas le morceau, pour être présent à tous les niveaux.
Est-il certain que vous allez rester ?Qui vivra verra, je suis... (le chef de press l'interrompt pour aller à l'entraînement : "Très bonne réponse...").
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