L'équipe de France de Didier Deschamps n'en est qu'à ses premiers pas. Elle ne tient finalement pas aussi bien debout qu'on l'imaginait. Vendredi, les Bleus se sont inclinés face au Japon (0-1), qu'ils ont dominé. Mais jamais étouffé. La faute à un manque de réalisme et une forme de naïveté, offensive comme défensive. Voilà ce que l'on pourra reprocher à cette équipe de France qui avait pourtant pris le match par le bon bout, grâce à sa densité physique et l'apport de Moussa Sissoko. Sans compter les coups de pied arrêtés à répétition (6 corners obtenus après neuf minutes de jeu). Tout indiquait que l'équipe de France ferait rapidement la différence. Et puis patatras. "On n'a pas pu trouver les filets, ce n'est pas faute d'avoir essayé, soulignait même Olivier Giroud. On s'est évertué à produire du jeu. Je ne sais même pas si le Japon a eu un corner en première période!" A l'heure de faire les comptes, la sentence est rude pour les hommes de Deschamps : trois tirs cadrés sur quatorze tentatives en première mi-temps. Zéro but.
Pourtant, le trident offensif aligné en première période avait longtemps éclairé le jeu des Bleus. Il était clair que malgré son positionnement à droite et avec un Franck Ribéry ménagé en début de match, Ménez avait décidé de prendre les clés du jeu français. Habitué à jouer en pointe, Benzema était lui exilé à gauche pour un soir. Un sacrifice qui ne l'a pas empêché de repiquer dans l'axe pour se créer des occasions : "Moi, je suis avant-centre, c'est devant en pointe que je me sens le mieux. J'ai commencé à gauche, j'ai essayé de permuter, de chercher Giroud. Ca n'a pas été toujours bien fait." Or, si Didier Deschamps a donné la pointe à l'avant-centre des Gunners, l'instinct du buteur de Giroud n'est pas ressorti face aux Japonais. Son envie de décrocher n'a pas aidé. Son altruisme, parfois excessif, non plus.
Ménez : "Peut-être une erreur de jeunesse"
Intéressante bien qu'inefficace devant, l'équipe de France a aussi déçu derrière. Si la première période a ressemblé à un long fleuve tranquille, la seconde a vu affluer les vagues japonaises. Une métamorphose symbolisée par le comportement du flanc droit français. Pendant les 45 premières minutes, Mathieu Debuchy a pu monter à sa guise sans que ça n'entraîne de risques. Mais son successeur, Christophe Jallet a beaucoup plus souffert. La raison principale ? Didier Deschamps l'a pointé en conférence de presse même si tout le monde avait remarqué le danger numéro 1 : "Si je dois citer un joueur, c'est Nagatomo pour son apport offensif." En effet, chaque montée du latéral de l'Inter Milan a entraîné de la casse. Difficile néanmoins de ne pas pointer du doigt le secteur défensif bleu.
Alors il y a le discours rassurant des uns ("A part le but, on a fait de bonnes choses. Il ne faut pas perdre confiance, c'était peut-être une erreur de jeunesse", dixit Ménez) et des autres ("On s'attendait à ce style de jeu vif dans les petits périmètres. Finalement, ils ont eu peu d'occasion et ils ne nous ont pas plus mis en difficulté que ça, mais ils se sont montrés efficaces" du côté de Sakho). Et puis en ligne de mire, il y a l'Espagne. Perdre à domicile en dominant la 23e mondial au classement FIFA - la France est 13e - n'augure rien de bon. Si ce match contre le Japon s'annonçait à la limite du futile par sa programmation avant le choc de Vincente Calderon, il servira certainement d'alerte ultime pour un groupe qui se reconstruit encore sur des œufs. Et dont la maturité reste relative.
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