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Le modeste ambitieux
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Publié 19/02/2012 à 00:05 GMT+1
Après une carrière de joueur et d'entraineur plus que modeste, Massimiliano Allegri, 44 ans, l'entraineur du Milan AC, s'est imposé, à la surprise générale sur le banc des Rossoneri. Inconnu du grand public, celui qui a été sacré deux fois meilleur technicien du Calcio fait aujourd'hui l'unanimité.
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Sept ans de disette et un inconnu au nom qui appelle le "bonheur" (la traduction française d'Alegri) pour en sortir. Loin de posséder le palmarès, le charisme, ou l'expérience de ses prédécesseurs lors de son arrivée sur le banc du Milan AC en juin 2010, Massimiliano Allegri est pourtant l'homme qui a permis aux Rossonerri de renouer avec un Scudetto qui lui échappait depuis 2004. Une éternité pour un club de cette ampleur. Une parenthèse d'autant plus mal vécue que dans le même temps, l'Inter accumulait les trophées et les honneurs. A 44 ans, le meilleur entraineur de Serie A en 2011 reste pourtant une énigme aux côtés des tars de la profession, Mourinho, Guardiola et autres Ferguson.
En Italie, sa nomination à la tête du Milan à la place de Leonardo avait fait tousser les amoureux de l'institution milanaise. Frustrés et logiquement jaloux devant le triomphe de Nerrazurri qui étaient à l'époque sur le toit de l'Europe (triplé: championnat-Coupe-C1), les tifosi s'attendaient à un crack, à une star de première plan afin de retrouver rapidement le chemin du succès. Et leur fierté par le même coup. C'était mal connaitre Silvio Berlusconi, cet amateur du "coup d'éclat permanent". Selon le Cavaliere, la mauvaise passe du Milan était due au trop grand confort dans lequel s'étaient installés ses entraineurs successifs. Souvent issus du sérail, les Ancelotti (sur le banc de 2001 à 2009) et autres Leonardo (entraineur en 2009-2010 mais présent au club comme dirigeant entre 2002 et 2009) n'osaient plus assez bousculer ni révolutionner une équipe et un club ronronnants.
Comme Sacchi
Exit, donc, les anciennes gloires, place à un jeune ambitieux. Pas une première pour l'ancien président du conseil. En 1987, un peu plus d'un an après sa prise de pouvoir, il avait déjà fait le coup en confiant son jouet préféré à celui était à l'époque un véritable nocive: Arrigo Sacchi. Résultat: deux Coupes des champions (1989 et 1990), un Scudetto (1988), deux coupes intercontinentales (1990 et 1991), et une qualité de jeu depuis lors citée comme une référence en terme de pressing collectif, de bloc-équipe et de spectacle. Pourquoi ne pas retenter le coup presque 24 ans après?
En débarquant à Millanello, Allegri n'avait jamais fréquenté, comme joueur ou comme entraineur, l'élite du football transalpin (Juventus, Inter, Milan, Roma, Lazio). Auteur d'une carrière de milieu de terrain honnête mais sans éclat, il a davantage côtoyé les divisons inférieures que les pelouses de Serie A. Clin d'œil du destin, c'est d'ailleurs face au Milan AC et sous les couleurs de Pise qu'il y a fait ses premiers pas en 1989. Un échec puisqu'il ne serait aligné qu'à deux reprises avant de retourner à Livourne. Comme joueur, son palmarès est désespérément vierge. On est loin des deux C1 glanées par l'actuel coach du PSG, ou du titre de champion du monde 1994 remporté par son directeur sportif dans la capitale.
La gifle infligé à Wenger
Sa carrière d'entraineur a longtemps semblé suivre la même voie. Patient, il a franchi les échelons "piano piano", débutant sur le banc de l'Aglianese en Serie C2, en 2003. Une aventure d'une saison dont il assure "toujours se servir aujourd'hui". Après des saisons difficiles à SPAL Ferrare et à Grossseto, en Serie C1, il a connu le premier grand moment de sa carrière en permettant à Sassuelo de retrouver la Serie B en 2007. Un exploit historique à l'échelle locale. Allegri commence alors à faire parler de lui.
Résultat: la Serie A lui fait les yeux doux. Deux ans plus tard, Cagliari lui donne avec les pleins pouvoirs et une mission: maintenir le club dans l'élite. Ça commence mal. Cinq matches et autant de défaites, le Mister est rapidement sur la sellette. Homme de conviction, Massimo Cellino, son président lui maintient pourtant sa confiance. Il ne le regrettera pas. En 17 rencontres, les Sardes engrangent la bagatelle de 34 points. Neuvième à 10 points de la Ligue Europa en fin de saison, Cagliari a marqué les esprits. Allegri avec. Elu meilleur coach de la saison 2008-2009, il tape dans l'œil de Berlusconi. Giflé par ce Milan en 8e de finale aller de la C1 (4-0, mardi), Arsène Wenger a déclaré n'avoir jamais connu pareille débâcle lors de sa carrière européenne. Le commentaire vient d'un ponte. Allegri fait partie du club.
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