Un vrai casse-tête. C'est ce qui attend Didier Deschamps pour composer son milieu de terrain. Il faut dire que, ces dernières semaines, le patron des Bleus n'a pas été épargné. Il a vu coup sur coup deux satisfactions de son début de mandat, Rio Mavuba (opéré du ménisque) et Abou Diaby (cuisse), se blesser, tandis qu'un possible suppléant, Lassana Diarra (dos), a lui aussi dû déclarer forfait. Le Toulousain Moussa Sissoko (trois sélections) et le Parisien Clément Chantôme, appelé pour la première fois, sont arrivés à la rescousse. L'équipe de France se présentera donc avec un entrejeu inexpérimenté. Pas évident avant d'affronter l'Espagne et ses vieux briscards Xabi Alonso, Iniesta, Busquets et Xavi (342 sélections à eux quatre).
Heureusement, le match face au Japon, vendredi, servira de galop d'essai. Ce ne sera pas du luxe. Pourtant, Deschamps ne se fait pas trop de soucis. "Je n'ai pas à être inquiet, a-t-il même affirmé lundi à Clairefontaine. De toute façon, je n'ai pas envie que mes joueurs le soient non plus. On va se battre avec nos armes, avec les joueurs qui sont là". Il n'a pas vraiment le choix. "Le manque d'expérience, ça n'empêche pas la détermination et la volonté, tente-t-il de positiver avant d'avouer : "après, le coeur du jeu est important bien évidemment dans un match". "La principale qualité de l'Espagne, c'est au milieu de terrain, plaide pour sa part Sissoko. Ce genre d'équipe n'aime pas être bousculé physiquement. A nous de mettre de la densité dans ce secteur pour les contrer. Si on y arrive, on aura fait une grande partie du boulot".
"Il y a une solution basse et une solution haute"
Mais face à la Roja, habituée à monopoliser la possession du ballon, les Bleus auront surtout un choix tactique à faire. "Il y a deux solutions. Il y a une solution basse et une solution haute", a expliqué Deschamps. Laisser venir pour mieux contrer ou tenter de mettre le pied sur le ballon. L'option haute consisterait à passer à un 4-4-2 ou un 4-2-3-1 avec deux récupérateurs. Mais, depuis son arrivée, le sélectionneur a préféré opter pour la première avec un milieu à trois en triangle. Le choix de la continuité pourrait s'avérer plus rassurant face à un tel adversaire. Dans ce cas de figure, si on considère que Yohan Cabaye (18 sélections) et Blaise Matuidi (6) sont assurés de débuter, par leur expérience ou leur forme du moment, il faudra remplir le vide laissé par Rio Mavuba dans le rôle de la sentinelle devant la défense.
Pour occuper la pointe basse du milieu de terrain, le débat se résume à un duel entre deux hommes : Etienne Capoue (2 sélections) et Maxime Gonalons (3). Didier Deschamps n'en fait pas un secret : "Etienne (Capoue) le fait à Toulouse, Maxime (Gonalons) aussi à Lyon, mais pas systématiquement. Oui, ce sera entre les deux. Je ne vais pas en trouver d'autres". Chacun possède ses qualités. L'élu devra surtout être capable de répondre à une équation posée par l'ancien entraîneur de l'OM. "Même si en voulant choisir de les bloquer haut, cette équipe a une telle qualité qu'à un moment t'es obligé de défendre bas aussi. On peut faire les deux. Si on arrive à faire les deux bien et à être efficaces, c'est mieux", espère DD avant de se rendre à Madrid.
Un duel Capoue-Gonalons ?
Etienne Capoue a l'avantage d'avoir déjà connu une titularisation sous l'ère Deschamps. Face à la Biélorussie (3-1), le 11 septembre, le Toulousain évoluait aux côtés de Mavuba et Cabaye. Mais s'il avait marqué le premier but du match, il n'avait pas marqué les esprits. Reste l'option Gonalons. S'il n'est peut-être pas très objectif avec son ancien protégé, Claude Puel prend son parti dans L'Equipe. "Capoue est un joueur performant lorsqu'il évolue devant la défense, alors que Gonalons me paraît plus complet pour jouer à tous les postes d'un triangle au milieu, estime l'ancien entraîneur de l'OL. Gonalons fait facilement le liant entre la défense et l'attaque. Il me semble que (Capoue) peut moins (le) faire".
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